Fanny Loviot

Fanny Loviot

Résumé

Portrait de Fanny Loviot Fanny Loviot Les pirates chinois

Nous étions tous recueillis comme des gens qui viennent d’échapper à la mort. J’examinai la figure du capitaine, elle était empreinte d’un profond découragement. J’ai su depuis qu’il songeait à une lugubre aventure qui lui était arrivée deux ans auparavant. Pris par des pirates indiens, après un combat où tout son équipage avait trouvé la mort, le capitaine Rooney avait été attaché au mât de son navire, et ces barbares ennemis lui avaient tailladé le corps en tous sens, sans pouvoir obtenir de lui autre chose qu’un sourire de mépris.
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Portrait de Fanny Loviot Fanny Loviot Les pirates chinois

Voulez-vous donc attendre patiemment la triste fin qui nous est réservée, en ne faisant rien pour échapper aux mains des pirates ? Je ne suis qu’une femme, moi : eh bien ! j’aimerais mieux aller au-devant de la mort et tenter quelque chose pour mon salut, que de l’attendre ici du poignard ou de la faim. Nous ne sommes qu’à vingt milles de Macao ; cette embarcation peut tous nous contenir ; une fois en mer, il est peu probable que les pirates, gorgés comme ils le sont, épient notre fuite ou essayent de nous atteindre. Partons ! fuyons ! capitaine, je vous le demande à genoux.
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Portrait de Fanny Loviot Fanny Loviot Les pirates chinois

J’allai vers le capitaine Rooney, et je le questionnai ; comprenant mes appréhensions, il essaya de me rassurer, mais je voyais, malgré lui, son visage se rembrunir, et c’était avec juste raison. Le baromètre qui s’était maintenu jusque-là, tomba si bas en moins d’une heure, que le doute n’était plus permis ; nous allions être aux prises avec le typhon. Le typhon, ce vent si redoutable dans les mers de l’Inde et de la Chine, et dont l’influence désastreuse amène toujours, sur mer comme sur terre la désolation et la mort.
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