Francis de Pressensé

Francis de Pressensé

Résumé

Portrait de Francis de Pressensé Francis de Pressensé Revue des Deux Mondes

La religion qu’il crut faite pour une génération sceptique, douloureuse, accablée et pourtant éprise de son mal, en garde contre les panacées de charlatans, revenue des promesses pompeuses et trompeuses de la toute-science, mais façonnée aux méthodes sévères de la science et de la critique, ce n’est point un christianisme au rabais, ravalé au niveau d’une morale ou d’une philosophie humaine, c’est le christianisme des apôtres et des saints, c’est la folie de la croix, c’est le scandale de l’Evangile avec sa révélation et ses miracles, c’est l’Eglise, maîtresse de foi et dompteuse d’erreurs.
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C’est sur cette scène finale qu’il convient de quitter Manning. Il ne lui restait plus que quelques mois à vivre. Les ombres du soir tombaient de plus en plus épaisses sur son chemin. Sa santé était trop faible pour lui permettre de quitter sa résidence pour se rendre à ce club de l’Athenæum, où il aimait tant à se délasser dans la société d’un Ruskin, d’un Bryce, d’un Gladstone ou même de quelque prélat anglican. Bien qu’entouré de l’amour de tout un peuple, de la vénération de son Eglise, de quelques fidèles affections, il se sentait isolé. Sa pensée retournait volontiers vers le passé.
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Sans que son idéal se fût modifié, sans qu’il eût cessé d’être le loyal serviteur de l’Eglise, de la Couronne, de l’Etat, il avait vu se rompre un à un les liens qui l’unissaient aux hommes et aux choses du conservatisme. Sa conviction positive était désormais que l’ordre n’avait pas de fondement plus sûr que le progrès ; que la liberté était, non seulement le droit de l’individu, mais la garantie de la société ; que la démocratie était, dans le plan divin, le terme nécessaire et légitime et bienfaisant de l’évolution politique en ce siècle. Sa place était dans les rangs des libéraux.
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