Catholicisme social

Définition et enjeux

Anonyme Revue des Deux Mondes

Ce serait lourdement errer, que de considérer le catholicisme social, soit comme une édition transformée du catholicisme d’antan, soit comme une sorte de reliure moderne artistement adaptée. Il n’y a là ni concession, ni sacrifice à des principes jusqu’ici réputés hétérogènes à ceux de l’Eglise : ce n’est pas plus un demi-catholicisme que ce n’est un catholicisme récent. Le catholicisme social, au contraire, ressuscite et consacre, dans l’Église, les ambitions d’impérieuse générosité que témoignèrent à l’endroit du genre humain les grands papes du moyen âge.
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Portrait de Georges Goyau Georges Goyau Autour du catholicisme social. La démocratie chrétienne… (1897-1912)

Au fond du christianisme tel que Jésus l'a voulu, vous trouvez l'idée d'Eglise, c'est-à-dire l'idée d'un lien permanent établi entre tous les hommes par la religion, et vous trouvez l'idée du royaume de Dieu, c'est-à-dire l'idée d'une société terrestre, précédant et préparant celle de là-haut, et dans laquelle le vouloir de Dieu est la règle constante, non seulement des rapports de l'âme humaine avec Dieu, mais des rapports fraternels de tous les hommes entre eux. Le catholicisme social est la suite naturelle, inévitable, de ces deux idées.
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Bernard Gaudeau Autour du modernisme social : I, II et III (1912)

Et ce sont ceux-là qui traitent de « libéraux » en économie, certains théologiens qui ont tout simplement le courage d'être catholiques ! Le catholicisme de ces socialisants et modernisants, qu'ils s'intitulent ou non « sociaux », est peut-être un catholicisme personnel et intérieur, mais précisément, ce n'est point un catholicisme « social ».
Un catholicisme qui pourrait, en un sens légitime, s'appeler social, ce serait un catholicisme que l'on concevrait comme pénétrant, sans nuire à aucune liberté honnête, les rouages essentiels de la société
Source : Gallica

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