Résumé

Les français peints par eux-mêmes…

Reste là, reste, Jenny, sous mon pinceau, sur ma toile, dans mon âme, sous mon regard charmé; que de métamorphoses tu vas subir! Vierge sainte, on t'adore, les hommes se prosternent à tes pieds; jolie fille au doux sourire, les jeunes gens te rêvent et te font des vers. Sois plus grave, relève tes sourcils arqués, réprime ce sourire; je te fais reine, grande dame; après quoi si tu veux poser ta tête sur ta main, si tu veux mollement sourire, si tu veux t'abandonner à la poétique langueur d'une fille qui rêve, je fais de toi plus qu'une vierge, je te crée la maîtresse de Raphaël ou de Rubens.
Source : Gutenberg

Les français peints par eux-mêmes…

Mais hélas! l'art a perdu Jenny, perdu le charmant modèle, perdu sans retour; l'art est livré à lui-même sans vertu, sans pouvoir, sans avenir, sans fortune, sans idéal!
Ce qu'est devenue Jenny? Elle est devenue ce que deviennent toujours les femmes très-jeunes et très-jolies, heureuse et riche; elle est à présent ce que sont toujours les femmes très-bonnes, elle est très-aimée, très-respectée, très-fêtée. La grande dame a conservé son amour d'artiste, son dévouement d'artiste, elle est restée un artiste.
Source : Gutenberg

Les français peints par eux-mêmes…

Mariette est la compagne de ces trois femmes: elle goûte alternativement les plaisirs de leur triple spécialité; elle est bien forcée d'agir ainsi, la pauvre fille, car son amant s'est marié. Elle s'est habituée au luxe, au plaisir, à la paresse, et la voilà qui passe du cabinet particulier à la table d'hôte, de la table d'hôte à la table de jeu, de la table de jeu à son alcôve; Mariette a dix-neuf ans. C'est l'âge heureux des femmes, c'est l'époque où la vie est la plus belle, où l'ange gardien des jeunes filles répand sur leur tête les fleurs les plus fraîches des innocents désirs.
Source : Gutenberg

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