Louis Noir,
Le Coupeur de têtes. Série 3
(1862)
“ « Mais quand il s'agit de Raoul absent, mon coeur perd toute son énergie. « J'aime trop. « Voilà le secret de mes pleurs. « Pourtant s'il fallait se battre, vous me verriez courageuse. » Jeanne écoutait étonnée. — Ah ! tu as pris plusieurs sangs ! fit-elle. (Prendre un sang, c'est tuer quelqu'un.) « Raoul ne me l'avait pas dit. » Elle réfléchit. — A quoi songez-vous ? demanda la marquise. Jeanne brusquement : — Tutoie-moi. « Je n'aime pas ce vous que tu emploies; vous ! c'est bête, c'est cérémonieux. « Entre chasseurs, on se tutoie. « Tu dois devenir chasseur. » La marquise sourit. ”
