M. Eugène Flandin

Résumé

M. Eugène Flandin Le Tour du monde

La ville entière semble sommeiller. Autour d’elle, la brise seule exhale son souffle et bruit à travers les fleurs de l’île enchanteresse en leur enlevant leurs parfums qu’elle répand dans l’air. Est-ce là cette cité qu’animait une marine si active au temps de Villeneuve ou de d’Aubusson ? Est-ce bien cette place de guerre qui résonnait des fanfares militaires, et qu’ébranlaient les milles bouches de ses valeureux canons ? — Plus rien qu’un morne silence dans Rhodes, autour d’elle une campagne solitaire.
Voici trois cent quarante ans que les Turcs sont les maîtres de Rhodes.
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M. Eugène Flandin Le Tour du monde

Le voyageur cherche en vain leurs vestiges ; rien ne le guide pour les découvrir, il n’en reste pas même des ruines ; et au milieu du désert sans limites, où brillait d’un si grand éclat la ville de Sémiramis, c’est à peine si quelques tertres informes indiquent la place où fut cette capitale du monde antique. Sur ces bords de l’Euphrate, où se prolongeaient les quais magnifiques dont Hérodote parle avec admiration, s’élèvent aujourd’hui quelques masures en terre composant une bourgade arabe qui n’a même pas, dans son nom, conservé le souvenir de Babylone.
Vue prise à Hellâh, sur l’Euphrate.
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M. Eugène Flandin Le Tour du monde

Il faut qu’il se contente d’y chercher la ville moderne, d’y voir ses mosquées nouvelles, ses arts qui ont quelque analogie avec ceux de la Perse. Il y trouvera encore assez d’aliments pour rassasier sa curiosité, sinon pour exciter son admiration. Le fleuve arabe, le beau ciel de la Mésopotamie, qui reflète son azur sur les faïences des coupoles, quelques mosquées, des bazars pittoresques, l’affluence bigarrée de presque toutes les nations de l’Orient, lui offriront encore assez de tableaux attrayants pour que Bagdad reste dans son souvenir.
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