René-Louis de Voyer Argenson

Résumé

René-Louis de Voyer Argenson La France au milieu du XVIIIe siècle… (1898)

J'ai passé hier la journée à Versailles, et voici ce que j'y ai ramassé : Le roi est rongé de chagrin et y tombe quelquefois d'une façon à désespérer ceux qui l'approchent.
Il y a quatre jours qu'étant à la chasse à Chatou,
il était d'une humeur extrême'; rêveur, distrait et noir, il semble méditer quelque coup, comme l'expulsion de la marquise, et de prendre un premier ministre, se voyant dans de grands embarras pour son gouvernement : finances, épargnes, parlement, église.
Source : Gallica

René-Louis de Voyer Argenson La France au milieu du XVIIIe siècle… (1898)

Le bruit est dans le peuple que le maréchal de Saxe a été tué dans la forêt de Chambord et y a reçu des coups d'épée, ce qui n'est point vrai; il est mort d'une fluxion de poitrine négligée d'abord, puis devenue incurable. Tout le monde le regrette à Paris, et ceux de la cour qui s'en réjouissent cachent leur joie sous de feintes larmes.
Le sieur Senac, médecin du comte de Saxe, étant arrivé à Chambord au moment où il n'y avait plus rien à espérer pour la vie du maréchal, le malade lui a dit seulement : « Mon ami, voilà la fin d'un beau rêve ! »
Source : Gallica

René-Louis de Voyer Argenson La France au milieu du XVIIIe siècle… (1898)

L'on me dépeint la cour et le ministère comme plongés dans un vain luxe et dans une dépense qui tient du pillage d'une ville incendiée ou prise d'assaut. Chacun y fait sa main, chacun tire à soi. Le ministère et les places se remplissent de renards qui, simulant la décence et la finesse de conduite, ne pourvoient qu'à leur personne et poussent l'indifférence jusqu'à la haine et l'irrision pour le bien public. M. de Séchelles, nouveau contrôleur général des finances, est encore plus délié que mon frère, c'est beaucoup dire.
Source : Gallica

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