René Schneider

Résumé

René Schneider,  L'art français, XVIIIe siècle… (1926)

“ Il est toujours si puissant depuis le Moyen Age sur l'art français ! Plus que jamais il aide l'artiste à créer de l'irréel, à faire oublier le grossier de l'existence. Raoux, Gillot, Watteau, les Coypel, bientôt Boucher, plus tard Fragonard, ont beau être à leurs heures des réalistes décidés : ils viennent vivre là, sous la lumière factice des chandelles, leur seconde vie, superposée à l'autre. Ils voient volontiers les choses comme elles paraissent à la Comédie ou à l'Opéra, sur la scène, dans ces heures d'illusion enchantée qu'on achète quelques sols en entrant. ”
Source : Gallica

René Schneider,  L'art français, XVIIIe siècle… (1926)

“ Triomphe du genre, de la femme, de la vie de salons, du théâtre, tout cela, qui affecte l'art profondément, ne touche en somme que le dessin. Aussi retrouve-t-on la même émancipation dans la sculpture. Mais la peinture est un art autonome, qui a sa vie propre, sa chair et son sang : la pâte onctueuse et colorée. Or c'est elle qui est l'agent le plus décisif de la révolution. Sous Louis XIV, à l'époque virile, l'architecture et la sculpture étaient maîtresses : c'étaient les reines de Versailles. Mais voici qu'elle s'empare de l'hégémonie. Même en elle le changement est profond. ”
Source : Gallica

René Schneider,  L'art français, XVIIIe siècle… (1926)

“ Certes il n'échappera pas, ni lui, ni Pigalle, ni Houdon, à son prestige renouvelé ; mais il y a une séduction plus pénétrante que ce prestige : celle de leur temps, qui partout les enveloppe, à la Cour, à la ville, dans les salons et les ateliers, dans les expositions, dans la rue même où passe une humanité alerte.
Jamais ils ne taillent directement la pierre ou le marbre : ils modèlent avant dans la glaise, qui frémit comme de la chair sous leurs doigts. C'est l'âge d'or de la terre cuite, surtout pour le portrait-buste, où la vie physique se double de celle de l'esprit.
”
Source : Gallica

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