“ Blondel, lui, donnait dix sous comme les autres, quand il prenait la diligence du Chevalet, et il ne s’en cachait pas (faut vous dire qu’à ce moment, il n’avait pas encore eu d’affaires politiques avec les Trois Frères... Entre nous, la politique, c’est fait pour brouiller les meilleurs amis, s’pas ?) ... Alors, l’ami à Blondel, un nommé Barrois... Désiré Barrois... se mit à parier qu’il passerait devant la pierre du Loup et qu’il ne donnerait jamais dix sous et qu’il ne lui arriverait jamais rien... ”
Pierre Blondel
Définition et enjeux
Citations sur “Pierre Blondel”
Pierre Zaccone,
Le vieux Paris
(1854)
“ Or, il arriva que, ce même jour, maître Blondel, honnête armurier, demeurant dans la rue du Heaume, passa à quelques pas du parvis Notre-Dame pour se rendre dans la rue Saint-Jacques où l'appelaient ses affaires. Maître Blondel était, à cette époque, un homme gros, court, replet, actif cependant , habile dans son commerce, arrondissant peu à peu le trésor de ses pénibles épargnes, et partageant son temps entre le travail et son amour pour sa femme. ”
Blondel, Bellin, L’Encyclopédie, 1re éd.
“ BALCON, s. m. terme d’Architect. saillie pratiquée sur la façade extérieure d’un bâtiment, portée par des colonnes ou des consoles ; on y fait un appui de pierre ou de fer qui, lorsqu’il est de maçonnerie, s’appelle balustrade ; & quand il est de serrurerie, s’appelle aussi balcon : il en est de grands, de moyens & de petits, selon l’ouverture des croisées ou avantcorps qui les reçoit. ”
Blondel, Bellin, L’Encyclopédie, 1re éd.
“ CADRE, s. m. en Architecture, est une bordure de pierre ou de plâtre traîné au calibre, laquelle dans les compartimens des murs de face & les plafonds renferme des ornemens de sculpture. V. Bordure. Cadre de plafond ; ce sont des renfoncemens causés par les intervalles des poutres dans les plafonds lambrissés avec de la sculpture, peinture, & dorure. ”
Blondel, L’Encyclopédie, 1re éd.
“ L’apophyge n’étoit originairement que l’anneau ou la féraille attachée ci-devant aux extrémités des piliers de bois, pour les empécher de se fendre, ce que dans la suite on voulut imiter en ouvrage de pierre. Voyez Congé. ”
Manuel illustré de la littérature catholique en France… (1925)
“ Autour de 1895, cette philosophie fut beaucoup discutée dans les cercles d'étudiants. Des jeunes gens s'enflammaient à l'idée que M. Blondel allait renouveler la philosophie chrétienne et l'apologétique et les moderniser pour les rendre plus efficaces. On croyait que l'exigence même de la science moderne était que l'homme qui raisonne parte de soi-même c'est-à-dire de sa conscience et M. Blondel bâtissait toute sa doctrine sur ce principe. Là encore un souffle apostolique anima l'intention. ”
Pierre Zaccone,
Le vieux Paris
(1855)
“ Après sa fille, ce que Blondel aimait le plus au monde, c'éait cette salle où il renfermait les produits d'un travail intelgent et opiniâtre. Il avait plus d'une fois regretté de n'avoir as fait un armurier de Coquastre, l'idée lui en était venue ien souvent ; il eût voulu trouver un successeur dans le endre qu'il destinait à sa fille; mais le père l'avait facilement emporté sur l'ouvrier. Blondel comprit que Denise n'était pas faite pour devenir la femme d'un simple commerçant ”
Blondel, L’Encyclopédie, 1re éd.
“ Assise de pierre dure est celle qui se met sur les fondations d’un mur de maçonnerie, où il n’en faut qu’une, deux ou trois, jusqu’à hauteur de retraite. Assise de parpain est celle dont les pierres traversent l’épaisseur d’un mur, comme les assises qu’on met sur les murs d’échifre, les cloisons, &c. ”
Blondel, L’Encyclopédie, 1re éd.
“ AILERON, s. m. (terme d’Architecture) c’est une espece de console renversée, de pierre ou de bois, revêtue de plomb, dont on orne les côtés d’une lucarne, comme on en voit au-devant des combles de la place de Vendôme à Paris, ou à côté d’un second ordre du portail d’une Eglise, comme à Saint Roch, aux Barnabites, aux petits Peres, &c. Ces consoles renversées sont ainsi pratiquées sur le devant d’un portail pour cacher les arcboutans élevés sur les bas côtés d’une Eglise, & servant à soûtenir les murs de la neffe. ”
Auguste Prost, J.-F. Blondel et son oeuvre (1860)
“ On ne fait pas mieux l'éloge de la vie studieuse; rien n'est plus capable qu'un pareil témoignage de recommander le caractère de Blondel. J'ai parlé de la tournure philosophique de son esprit ; il la révèle en plus d'un endroit en touchant aux questions métaphysiques qui concernent l'art, son essence, ses lois, la manière dont il met en jeu nos facultés. Son essence, il la reconnaît dans les liens secrets qui unissent entre eux ses divers modes de manifestation ; dans l'harmonie et l'expression, qui appartiennent, dit-il, à l'architecture comme à la musique et à la poésie. ”
Auguste Prost, J.-F. Blondel et son oeuvre (1860)
“ Le premier avait connu particulièrement Blondel , et il dit qu'il était élève de son oncle; l'autre assigne à cet oncle le nom de François, le donne comme originaire de Rouen où il serait né en 1683, et déclare formellement qu'il était d'une autre famille que le célèbre architecte mort en 1686. Ce qu'on sait de la vie de Blondel se réduit à fort peu de chose. Il parait avoir été de ces heureux qui n'ont pas d'histoire parce qu'ils n'ont pas connu les grandes aventures. Tout nous le montre comme ayant mené une existence unie, facile et favorisée par des succès à peu près constants. ”
Auguste Prost, J.-F. Blondel et son oeuvre (1860)
“ Etaient-ce là de ces revers immérités que la fortune associe quelquefois par un jeu cruel à ses faveurs? ou bien était-ce peut-être la peine de quelqu'un de ces écarts de conduite qui ne sont pas toujours incompatibles avec les grands talents de l'artiste, ni même avec l'habitude du travail et le goût de l'étude? Les derniers jours vinrent enfin ; Blondel sentit la mort s'approcher ; il lui sembla digne de la recevoir en quelque sorte dans la chaire qui avait été l'honneur de sa longue vie. Il se fit porter dans son école du Louvre ”
“ Celui-ci n’avait encore rien construit, cependant : c’était un technicien, enthousiaste de son art, un apôtre en architecture. Singulière et noble figure d’artiste que ce Blondel, qu’on pourrait appeler le Vitruve français. Il était né à Rouen, le 8 janvier 1705, et quoique ses biographes l’aient unanimement affirmé, il n’y avait aucun lien de parenté entre lui et un autre François Blondel, le fameux architecte de la porte Saint-Denis, lequel, d’origine picarde, était mort en 1686. ”
Auguste Prost, J.-F. Blondel et son oeuvre (1860)
“ A la lecture des ouvrages de Blondel on reconnaît en lui, outre un caractère distingué, un esprit vraiment philosophique dans ses considérations générales, un goût sûr et éclairé dans ses jugements particuliers sur les choses de l'art. Ces qualités procédaient d'une intelligence heureusement douée et développée par une culture constante dont l'étendue dépassait de beaucoup les horizons plus resserrés , où on comprendrait qu'elle eût pu être enfermée par un homme voué à des occupations toutes spéciales. ”
Félix Lazare, Louis Lazare , Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments
“ À ces époques de grandeur où la sève est si puissante, parfois il arrive qu’un double génie rayonne au front de quelques privilégiés qui tracent pour l’honneur de leur patrie un double sillon de gloire. François Blondel fut un de ces élus. Sa bravoure chevaleresque, ses talents militaires l’élevèrent au rang de maréchal des camps et armées du roi ; son chef-d’œuvre de la porte Saint-Denis l’a placé parmi les plus grands artistes. ”
Auguste Prost, J.-F. Blondel et son oeuvre (1860)
“ Cette heureuse tendance, qui devait chez Blondel se confirmer de plus en plus et s'accrottre jusqu'à devenir une protestation formelle, est évidemment le résultat de ses études et de ses réflexions sur la théorie de son art. L'enseignement auquel il avait, dès 1740, cummencé à se livrer dans son école des arts, et qu'il continua jusqu'à la fin de sa vie dans ses classes du Louvre, dut en favoriser le développement. Ces études, ces réflexions, ces leçons ont passé dans le cours d'architecture qu'il a publié à la fin de sa vie ”
Jules Le Glay, Biographie universelle, ou Dictionnaire historique des hommes qui se sont fait un nom par leur génie… (1856)
“ BLONDEL (Antoine de) , dont la famille est connue dès le XIe siècle , naquit à Tournai, selon Paquot, vers 1550, et à Cuincy près Douai, selon M. Duthillœul, auteur de la Galerie douaisienne. Son père était Jacques de Blondel, seigneur de Cuincy et autres lieux, et sa mère Marie Leblanc, dame du Bien, etc. Après de premières et brillantes études, le jeune Blondel voyagea en Italie, et fut assez heureux pour y connaître et cultiver le célèbre jurisconsulte Denis Ardouin. Blondel se signala à Milan et dans tous le pays par son habileté gymnastique et ses talents musicaux. ”
Les récits du foyer : ouvrage destiné à la jeunesse…
“ Avant que la garnison attirée par le bruit pût se défendre, les compagnons de Blondel pénétrèrent dans la forteresse ouverte, et après un combat acharné ils réussirent à délivrer le roi. Des chevaux étaient préparés, ils s'élancèrent dessus; ainsi que la jeune fille, et parvinrent à gagner le large. Après avoir erre pendant assez longtemps, ils arrivèrent heureusement en Angleterre. Blondel mena sa belle Mathilde à l'autel, et reçut du roi la plus riche récompense pour sa fidélité rare et persévérante. ”
Auguste Prost, J.-F. Blondel et son oeuvre (1860)
“ On a pu blâmer les modifications introduites par Blondel dans le dorique de son célèbre portail. Pour être juste, on ne doit pas perdre de vue les motifs qui lui ont semblé les prescrire, et il faut reconnaître au moins qu'elles n'étaient pas le résultat d'un caprice puéril courant à la recherche de la nouveauté à tout prix, mais qu'elles étaient le produit d'un calcul profond et des combinaisons patientes d'un esprit consciencieux. ”
Eugénie Guinault, Blondin, Blondine et Blondinet
“ L’hiver qui suivit cette moisson fut terrible ; le pauvre grand-père gagnait peu et les enfants n’avaient plus pour vivre les ressources qu’offre l’été. Blondin et Blondine allaient ensemble au bois ramasser de quoi se chauffer ; car le vent soufflait de tous côtés dans la chaumière. Impuissants à s’épargner des souffrances les uns aux autres, ils étaient bien tristes. Blondinet était resté dans son petit berceau d’osier, enveloppé dans la limousine du père Claude, il ne disait rien, seulement sa tête se soulevait de temps en temps pour voir si son frère et sa sœur ne rentraient pas. ”
Sophia. Initiation aux études philosophiques
“ Et en effet, pour ceux qui veulent défendre la tradition chrétienne contre les assauts du positivisme scientiste et du rationalisme laïque, la philosophie de M. Blondel est refuge et bastion. Des fragments et sa thèse sur l'Action, dont il nous dit qu'il fit difficilement admettre le titre par la Sorbonne, ont été réédités par MM. Valentin et de Montebueil. Dans la région d'Aix-Marseille, où il a longtemps enseigné, il a trouvé et gardé de fervents disciples. Son influence est sensible dans les publications d'une Société de philosophie très active. ”
“ Mais voici la différence qu’il y a entre toi et Blondel. Tu n’es que mon camarade, je pourrais dire même mon élève dans l’art de la guerre, et Blondel est mon maître dans la science des troubadours et des ménestrels. À toi je te permets la familiarité de l’intimité ; mais lui, je le respecte comme mon supérieur dans son art... Allons, l’ami, ne sois pas maussade, et reste ici pour entendre nos chants. — Par ma foi, pour voir Votre Majesté de si bonne humeur, dit le lord Gilsland, je resterais à entendre Blondel jusqu’à ce qu’il eût achevé la grande romance du roi Arthur, qui dure trois jours. ”
Auguste Prost, J.-F. Blondel et son oeuvre (1860)
“ Dans la préface de son traité, Blondel se fait connaître comme exclusivement livré depuis plusieurs années aux habitudes d'une existence studieuse et retirée. Il est remarquable de voir ainsi un jeune artiste quitter le champ de la pratique pour s'appliquer de bonne heure à la méditation et aux recherches théoriques. L'homme se révèle ainsi tout entier dès son début. La réflexion, l'étude seront le partage de sa vie ”
Auguste Prost, J.-F. Blondel et son oeuvre (1860)
“ Les lettres du marquis d'Armentières et du maréchal d'Estrées pendant la période de 1761 à 1768, mentionnent fréquemment Le Brun et montrent l'estime qu'on faisait de lui et l'importance de la part qu'il prit aux grandes constructions du temps. Quant à Blondel, si l'honneur qui peut résulter de la bonne conduite des travaux de Metz ne lui revient pas, la responsabilité de leur interruption ne lui incombe pas non plus. Son rôle avait dû se borner à en faire les plans, et nous savons qu'il accomplit avec conscience et talent cette grande tâche. A lui l'invention, à d'autres l'exécution. ”
Henry Bataille,
Théâtre complet
“ BLONDEL, (l’interrompant.) Ah ! par exemple ! Mais ça n’a aucun rapport ! Aucun. Qu’elle garde son affection pour toi, même son admiration exaltée à ton égard, qu’importe ! c’est trop naturel ! Je n’en serais pas jaloux. J’en ferais mon affaire !... (S’approchant de lui avec tendresse.) Est-ce qu’on ne doit pas t’admirer ?... N’est-il pas légitime qu’on t’aime ?... N’avons-nous pas tous un fétichisme pour le grand homme que tu es. Tandis que si elle t’avait appartenu... si... BOUGUET, (lui posant la main sur l’épaule.) Mais, l’acte physique, Blondel... ce n’est rien ! ”
Jules Huret,
Enquête sur l’évolution littéraire
“ La critique, complaisante aux vantards, s’intéressera-t-elle à ce modeste ? Ses romans ont, à un degré rare, l’odeur, le goût et le sens de la vie. Aucune littérature ! les sentiments et les sensations mêmes dans leur fleur ! Nul n’a mieux dépeint la plante humaine et ses dépérissements, sa lente ascension vers le jour, son épanouissement difficile au bonheur, au succès, à l’amour. Richepin a qualifié Blondel : un Saint-Simon paysan, tant ses paysans fleurent la terre. Mais il a étudié depuis des types plus complexes, une casuistique d’âme plus raffinée. ”
J. B. de Saint-Victor, Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours…
“ Tous les historiens de Paris ont cru que cette figure étoit une image allégorique du sommeil: l'ayant examinée avec attention au musée des Petits-Augustins, où elle avoit été transportée, il nous a semblé que ce ne pouvoit être que le portrait d'André Blondel lui-même, parce qu'on y remarque une imitation naïve de la nature, qu'un sculpteur habile n'eût point aussi scrupuleusement suivie, en voulant exprimer un caractère idéal. ”
Antoine Chrysostome Quatremère de Quincy,
Encyclopédie méthodique
(1788)
“ On sera plus volontiers de l’avis de Blondel, dans les préceptes qu’il donne sur les rapports des statues avec les niches. Il s’oppose, avec raison, à ce que l’on fasse porter les pieds d’une statue sans plinthe sur la base de la niche. ”
non signé, Revue des Deux Mondes
“ Blondel, lui, ne se passionne que pour son roi. Il n’appelle, il ne demande, il ne veut que Richard ; vers Richard tendent toutes ses invocations, tous ses soupirs, toutes ses plaintes si profondes et si pathétiques de fièvre brûlante. Blondel, c’est l’héroïsme chevaleresque, c’est la foi au souverain. Il n’y avait qu’un Français du temps de Grétry pour inventer ce caractère. Le naïf et le chevaleresque, tels sont les élémens dont se compose Richard. À ce compte, la pièce de Sédaine devait inspirer la musique de Grétry. ”
Collectif, Biographie nationale de Belgique
“ Il existe à Bruges quelques œuvres de Lancelot Blondeel qui nous permettent d’analyser son talent ; ce qui le caractérise c’est un mélange du vieux et naïf style flamand et de celui de la renaissance italienne, mélange qui produit le plus souvent des effets peu agréables ; les figures sont presque toujours maniérées, le ton des chairs est froid, le sentiment manque de profondeur et d’élévation ; d’autre part, les œuvres de Blondeel sont exécutées avec un pinceau fin et soigne ; des détails d’architecture très-grandioses les accompagnent ”
Honoré de Balzac,
Œuvres complètes de H. de Balzac…
“ Quoique le Parisien ne fût qu’à deux pas, le vieillard ne tourna pas la tête, et regarda toujours la rive opposée avec cette fixité que les fakirs de l’Inde donnent à leurs yeux vitrifiés et à leurs membres ankylosés. Vaincu par cette espèce de magnétisme, plus communicatif qu’on ne le croit, Blondet finit par regarder l’eau. ”
Collectif, Biographie nationale de Belgique
“ BLONDEL (Antoine) , plus connu sous le nom de baron de Cuincy ou de Cunchy, poëte, né à Tournai, vers 1550, mort le 18 juin 1603. Il était fils de Jacques Blondel, gouverneur du Tournaisis, et de Marie Le Blanc. Il épousa Madeleine de Bercus et eu eut plusieurs enfants. Non moins favorisé par la fortune et son rang social que par de remarquables dispositions naturelles, il fit de bonnes études et se distingua également par son goût pour la musique et par son aptitude à tous les exercices de corps qui formaient, jadis, l’éducation d’un gentilhomme. ”
