Résumé

Portrait de Stendhal Stendhal,  Romans et Nouvelles II

“ Il fut saisi d’un désir immodéré de faire le portrait de Valentine ; il fallait, pour y parvenir, tenir à Delangle un langage absolument opposé à celui de la veille. Delangle n’était pas homme à modérer la plaisanterie. S’il s’apercevait de cette variation dans l’opinion de Féder, il était homme à s’écrier : « Ma foi, ma sœur, rendons-en grâces à tes beaux yeux ; ils viennent de changer la résolution du grand peintre » ; et cette phrase, vingt fois répétée avec une voix de stentor et variée de toutes les façons, eût été pour Féder un supplice horrible. ”
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Portrait de Stendhal Stendhal,  Romans et Nouvelles II

“ Eh bien, mon petit Féder, ce n’est pas seulement la comédie mélancolique qu’il faut jouer, pour vous autres gens du Midi qui prétendez vivre à Paris, il faut jouer la comédie toujours ; rien moins que cela, mon bel ami. Votre air de gaieté et d’entrain, la prestesse avec laquelle vous répondez, choquent le Parisien, qui est naturellement un animal lent et dont l’âme est trempée dans le brouillard. Votre allégresse l’irrite ; elle a l’air de vouloir le faire passer pour vieux ; ce qui est la chose qu’il déteste le plus. ”
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Portrait de Stendhal Stendhal,  Romans et Nouvelles II

“ L’extrême timidité, quand elle est réunie à l’esprit, porte à réfléchir avec toute la clairvoyance de la passion sur les moindres circonstances des choses, et augmente l’esprit. C’est ce qui arrivait à Valentine. À la suite du choléra, elle était restée orpheline de fort bonne heure, et elle avait été placée dans un couvent, qu’elle n’avait quitté que pour épouser M. Boissaux, qui lui semblait aussi singulier que son frère, mais dépourvu de la gaieté et de l’esprit qui rendaient agréable la société de ce dernier, quand il se modérait et ne songeait pas exclusivement à être aimable. ”
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