Résumé

T. Gautier Revue des Deux Mondes

Que M. Barbier laisse l’esthétique et la philosophie ; qu’il regarde le ciel et la mer, le vert feuillage, les belles femmes et les beaux enfans ; qu’il s’inquiète de la blancheur du marbre de Paros et de l’ambre jaune de Venise, des madones de Raphaël et des Vénus du Titien, qu’il lise Homère, qu’il écoute, sans s’occuper de l’humanité en général, battre son propre cœur dans sa poitrine émue ; qu’il fréquente les ateliers des peintres et les galeries de statues antiques, et il aura bientôt retrouvé sa poésie oubliée plutôt que perdue.
M. Barbier n’est pas toujours absent de son œuvre
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T. Gautier Revue des Deux Mondes

Les poètes sont les gens les plus désintéressés du monde, puisqu’ils n’ont d’autre récompense de leur travail que le plaisir qu’ils en retirent. On fait de la prose pour les autres et des vers pour soi ; la poésie est une maîtresse dédaigneuse pour laquelle on se ruine, la prose une honnête femme qui vous nourrit, et ce n’est pas celle-là qu’on aime, car l’esprit de l’homme est aussi ingrat que son cœur.
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T. Gautier Revue des Deux Mondes

L’axiome fondamental des sociétés modernes est que la vie privée doit être murée. Dans un monde ainsi fait, la poésie générale n’a pas beaucoup de chances de succès. L’important est de savoir ce qui se passe dans ces ames ainsi retranchées, sous ces poitrines toujours couvertes, derrière ces murs opaques et ces fenêtres si bien closes. L’art antique était nu, l’art moderne est habillé ; ce qui fait que nous n’atteindrons jamais à la perfection de formes des Grecs, ni même des Romains.
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