“ Les soldats se mirent entre lui et la porte, mais Jean Blanc avait du moins conservé son agilité prodigieuse: il bondit, et son corps, lancé comme la balle d'un mousquet, passa au travers de la serpillière qui fermait la croisée. Dehors, Jean Blanc retomba sur ses pieds. ”
Jean Blanc
Définition et enjeux
Citations sur “Jean Blanc”
Paul Féval, Le Loup blanc (1878)
“ Jean Blanc se leva et se retrouva face à face avec ces hommes qui venaient de tuer son père. Un instant il crut que son débile cerveau allait éclater ; sa folie le pressait ; il sentait les approches du délire ; mais une force inconnue et nouvelle le grandit tout à coup. Son esprit vacillant s’affermit. ”
“ C'était évidemment le père et le fils; mais l'âge avait blanchi la chevelure du vieillard, tandis que le jeune homme, créature monstrueuse, avait apporté en naissant ce signe ordinaire de la décrépitude.C'était Jean Blanc, l'albinos.Une douleur plus aiguë arracha au vieillard un cri plaintif. Jean bondit sur la paille froissée de sa couche et fut sur pied en un instant. Il s'approcha du grabat et prit la main de son père qu'il pressa silencieusement contre son coeur. ”
Paul Féval, Le Loup blanc (1878)
“ Crois-tu donc que s’il y avait eu un moyen, Jean Blanc ne l’aurait pas employé ? — Toujours Jean Blanc ! pensa Jude. Et la curiosité se joignit au puissant intérêt du dévouement pour stimuler son impatience. Quel miracle avait grandi le malheureux albinos jusqu’à faire de lui l’arc-boutant sur lequel s’appuyait désormais la destinée de Treml ? — Il y a vingt ans de cela, reprit Pelo Rouan avec lenteur et comme s’il se fût parlé à lui-même ; mais ce sont des choses dont le souvenir ne se perd qu’avec la vie. ”
“ «De temps en temps, ceux qui restaient essayaient de battre le fourré pour détruire cet invisible ennemi qui leur faisait une guerre si acharnée. Plus d'une balle siffla aux oreilles de Jean Blanc tandis qu'il rechargeait son arme derrière quelque souche de châtaignier; mais ses efforts n'aboutissaient qu'à retarder la marche des soldats. Aussitôt qu'ils avaient regagné la route, un coup partait, un homme mourait.»—Par le nom de Treml, s'écria Jude qui s'exaltait de plus en plus au récit de cette sauvage vengeance, je n'aurais jamais cru le pauvre Mouton Blanc capable de tout cela. ”
“ «Il ne fit point en ce moment de prière; à peine déposa-t-il un court baiser sur le front du vieillard, desséché déjà par le vent brûlant de l'incendie.«Jean Blanc n'avait pas le temps.«Il saisit le fusil qu'il avait caché sous les ronces, le chargea et descendit en trois bonds le ravin, dont il remonta de même la rampe opposée. Puis il s'élança tête première dans le fourré. Les assassins avaient de l'avance, mais le vent d'équinoxe ne va pas si vite qu'allait Jean Blanc poursuivant les meurtriers de son père.»—Bien, cela! s'écria encore Jude, bien, Jean Blanc, mon garçon! ”
Paul Féval, Le Loup blanc (1878)
“ Jean Blanc n’eut pas besoin de donner de longues explications à son jeune maître, qui savait en grande partie son histoire, l’ayant entendue de la bouche du pauvre écuyer Jude, sans se douter qu’il pût y avoir le moindre rapport entre lui, Didier, officier de fortune, et Georges Treml, le représentant d’une famille puissante. Les circonstances, dit-on, font les hommes. Ce proverbe est vrai en un sens et nous semble fort à la louange de l’humanité. ”
Paul Féval, Le Loup blanc (1878)
“ Marie s’éloigna sur un signe du charbonnier, et bientôt on entendit au-dehors la suave mélodie du chant d’Arthur. — Elle chante, en effet, la chanson de Jean Blanc, dit Jude. — Mais je ne vous ai pas tout dit, mon compagnon, dit le charbonnier en changeant de ton subitement, il est encore une chance de retrouver l’héritier de Treml ; cette chance est précaire il est vrai ; cependant, elle peut amener un résultat avec l’aide de Jean Blanc. — Jean Blanc ! murmura Jude d’un air de doute ; vous me parlez toujours de Jean Blanc. Que peut le pauvre diable, lorsque des hommes ne peuvent pas ? ”
Paul Féval, La Forêt de Rennes
“ « Cet homme était Jean Blanc, qui avait découvert autrefois la bouche de la caverne, à quinze pas de son ancienne loge, derrière les deux moulins à vent ruinés. « Un jour, au temps oh Jean Blanc était faible, il avait dit : Le lapin se fait loup pour protéger ceux qu’il aime. — Jean Blanc avait vu mourir ou disparaître tous ceux qu’il aimait : il ne pouvait plus protéger ; ce fut pour venger que le lapin se fit loup. » — On m’avait dit quelque chose comme cela, interrompit Jude. — Ce fut vers le même temps, reprit le charbonnier, que je vins m’établir dans cette loge. ”
Paul Féval, La Forêt de Rennes
“ Didier était dans l’un de ces instants où le cœur est, pour ainsi dire, inaccessible à la colère. Sa vie venait de subir une crise trop grave pour qu’il songeât à dépenser son courroux contre un personnage comme M. de Béchameil. Au contraire, porté à compatir à ce chagrin qui, en définitive, avait une source sérieuse, et tout plein encore des révélations de Jean Blanc, il répondit à l’intendant à peu près comme il l’eût fait à une personne raisonnable, et lui laissa entendre que sa fortune allait subir un complet changement. ”
Paul Féval, La Forêt de Rennes
“ Il se trouva une femme, plus belle que les autres femmes, qui se prit de pitié pour ce malheureux rebut de l’humanité. C’était une jeune fille, bonne, douce, aimée. Elle avait nom Sainte et méritait snn nom. Elle ne s’enfuit point la première fois que Jean Blanc lui parla ; elle lui permit de s’asseoir au feu de sa loge, et, quand Jean Blanc eut soif, elle lui donna le lait de sa chèvre... Cela t’étonne ? ami Jude, dit brusquement Pelo Bouan ; — et pourtant elle fit plus que cela. Jean Blanc est un homme sous le masque hideux que le sort lui a infligé. ”
Édouard Renard,
Louis Blanc, sa vie, son oeuvre…
(1928)
“ Jean Blanc, marchand de Saint-Affrique, a partagé depuis 89 les principes des contre-révolutionnaires ; il a fourni des armes aux malveillants de Saint-Affrique et entretenu une correspondance coupable avec son fils qui a porté les armes au siège de Lyon contre la République. ”
Eugène Le Brun, Les Ancêtres de Louise de La Vallière… (1903)
“ Le 4 mars 1615, JEAN LE BLANC, dans un acte où il est qualifié d'écuyer, seigneur de la Vallière et de la Gasserie, conseiller du Roi, président et trésorier général de ses finances à Tours, fils aîné et héritier principal de LAURENT LE BLANC, partagea avec JACQUES LE BLANC, seigneur du Moulinet, son frère, et LOUISE DE FAUTRAY, veuve en secondes noces de leur père et tutrice de ses enfants, les biens provenant de la succession de LAURENT LE BLANC, son père ”
Eugène Le Brun, Les Ancêtres de Louise de La Vallière… (1903)
“ « homme de bonne vie et renommée, vivant comme homme noble doit vivre, sans faire tort à personne, au contraire faisant beaucoup de bien » (déposition GUERPET) . ETIENNE TÉVENART déclare " qu'il connaissait feu Jean le Blanc comme noble homme, qu'il n'avait jamais rien trouvé en lui que tout plaisir et courtoisie, et qu'il avait été bien aimé de tous les gens de bien ». ”
Jean-Baptiste Blanc, M. l'abbé Barthélemy, ancien curé de la paroisse Saint-Sébastien… (1870)
“ La terre où le bonheur est un fruit étranger Que toujours quelque ver en secret vient ronger ; Partout de la douleur j'y trouve les images, L'amour a ses tourments, l'amitié ses outrages : Que de désirs trompés ! ”
Jean-Baptiste Blanc, Vie de Mgr Alexis-Basile Menjaud… (1862)
“ C'est pourquoi désormais votre nom se trouvera uni dans nos souvenirs, avec ceux de tous les hommes célèbres qui ont bien mérité de la religion et de la Société ; quelles que soient vos destinées et celles de la France, vous aurez une belle page dans l'histoire. Si, comme nous l'espérons, dans cette lutte gigantesque de l'ordre contre l'anarchie, la civilisation chrétienne l'emporte définitivement en Europe, la postérité dira avec reconnaissance, la part glorieuse que vous avez eue dans le triomphe de l'humanité. ”
Jean-Baptiste Blanc, Vie de Mgr Alexis-Basile Menjaud… (1862)
“ Nos populations, si bonnes, si judicieuses et si reconnaissantes, sont heureuses de saluer dans le Chef de l'Etat, le digne héritier d'un grand nom dans lequel, grâce à vous, Monseigneur, sont venus se réunir, aux souvenirs de gloire qui font battre tous les coeurs vraiment français, les idées plus douces et plus précieuses encore de paix, de sécurité, d'espérance et de bonheur. ”
Jean-Baptiste Blanc, Vie de Mgr Alexis-Basile Menjaud… (1862)
“ Le R. Père Lacordaire prononça une éloquente allocution, dont quelques pâles souvenirs furent recueillis alors par une simple femme; cette allocution, inédite jusqu'à ce jour, mérite d'être conservée ici, comme tout ce qui est sorti de la bouche du célèbre dominicain, dont la perte récente vient de couvrir l'Eglise et la France de deuil : « MESDAMES, » C'est une coutume bien ancienne que celle de bénir ce qui commence. Dieu, en créant le Monde, a été l'auteur de la première bonne oeuvre. ”
Jean-André Blanc, Paroisse de Saint-Ferréol de Cohade… (1868)
“ Pour vous, Monsieur, malgré l'éloignement du pays que vous habitez, la renommée a déjà publié parmi nous les faveurs dont le ciel vous a gratifié. Et puis l'honorable position que vous occupez, celle de monsieur votre père, que sa science a élevé près du sommet de l'échelle sociale, le choix que vous faites de Mademoiselle, celui aussi qu'elle fait de vous, ne sont-ce pas là autant de preuves évidentes de vos excellentes qualités, autant de motifs pour nous de compter sur le bonheur futur de l'union que vous allez contracter ? ”
Jean-André Blanc, Paroisse de Saint-Ferréol de Cohade… (1868)
“ C'est au milieu d'une nombreuse et brillante assemblée, qu'ont réunie auprès de vous les sentiments de la plus sincère amitié, et qui, en ce moment, vous accompagne de ses vœux les plus ardents, c'est sous les yeux pleins d'émotion de vos pères et de vos mères, c'est enfin en face des autels, que vous allez vous promettre, vous donner l'un à l'autre cette foi conjugale à laquelle vont s'attacher irrévocablement vos destinées présentes et surtout vos destinées futures. ”
Jean-Baptiste Blanc, Vie de Mgr Alexis-Basile Menjaud… (1862)
“ L'église de Nancy peut revendiquer, à juste titre, la gloire de cette oeuvre qui contribue si efficacement aux progrès de la foi, puisque c'est à Mgr de Janson, Evêque titulaire de cette ville, que la catholicité en est redevable ; oeuvre bénie du ciel qui placera celui à qui Dieu en a suggéré le dessein parmi ces hommes d'élite et les bienfaiteurs de l'humanité que la Providence suscite, de loin en loin, au milieu des peuples, pour le bien de leurs semblables. ”
Jean-Baptiste Blanc, M. l'abbé Barthélemy, ancien curé de la paroisse Saint-Sébastien… (1870)
“ On peut difficilement se figurer la joie du pasteur, et rien ne pourrait rendre l'enthousiasme, de cette population revenue en masse à la pratique complète et fervente de la religion, surtout dans la cérémonie de la plantation de la croix qui clôtura le jubilé, et où les cris d'adoration et d'amour, éclatant de toutes les poitrines, retentissaient jusqu'au Ciel ; il en fut de même au moment du départ des missionnaires dont on n'aurait pas voulu se séparer. Ce retour à Dieu qu'on peut dire général, même de la part des hommes, ne fut pas, pour la grande majorité, un simple feu de paille ”
Daniel Stern, Histoire de la Révolution de 1848
“ À ses côtés, au banquet de Dijon, on vit paraître un homme de toute petite taille et d’aspect enfantin, toujours riant et montrant ses belles dents blanches, toujours parlant et gesticulant, toujours promenant sur l’auditoire de grands yeux noirs brillants de hardiesse et d’esprit. C’était un jeune écrivain d’origine corse, déjà célèbre, c’était Louis Blanc, qui cherchait depuis longtemps, pour ses ambitions, un point d’appui sonde dans l’amour des classes ouvrières, et que nous verrons bientôt disputer à ses aînés dans le radicalisme la première place. ”
Jean-André Blanc, Paroisse de Saint-Ferréol de Cohade… (1868)
“ La démarche que vous allez faire est donc grave et sérieuse; elle est des plus décisives, 1 Mlle EUGÉNIE CHEVANT, M. ÉDOUARD RENIER puisqu'elle doit avoir dans votre avenir d'époux chrétiens le retentissement le plus profond. Ce n'est pas, en effet, une alliance profane que vous allez contracter, c'est un engagement sacré comme l'autel qui en sera le dépositaire, saint comme la Religion qui doit le recevoir et le sanctionner. Ces pensées, ces sentiments, Mademoiselle, vous ont déjà vivement préoccupée ”
Valentin Montalban, La pêche du saumon : dans l'Allier… (1923)
“ Bibliophile, archéologue, généalogiste et, par surcroît, sagace amateur de fins morceaux, Paul Le Blanc était l'un des derniers représentants d'une race qui s'éteint, d'un type que la vie moderne exclut de ses classifications, celui de l'érudit local, de l'homme de loisir et de goût, comme autrefois l'on en comptait beaucoup dans nos provinces, qui s'était fait, parmi ses collections et ses livres, une ombreuse retraite, et dont l'infatigable, mais un peu exclusive curiosité s'étendait — choses et gens — à tous les produits de son terroir. ”
George Sand,
Correspondance 1812-1876
“ Pour moi, c’est lui qui a raison, c’est lui qui est dans le vrai. Vous me parlez de ses défauts personnels. Il a les siens, sans doute, et certainement Ledru-Rollin est plus conciliant, plus engageant, plus entouré, plus entourable, plus populaire par conséquent. Mais, dans la vie politique, Louis Blanc est un homme sûr. Que m’importe que, dans la vie privée, il ait autant d’orgueil que l’autre a de vanité, si, dans la vie publique, il sait sacrifier orgueil ou vanité à son devoir ? Je compte sur lui, je sais où il va, et je sais aussi qu’on ne le fera pas dévier d’une ligne. ”
Yves Guyot,
La Tyrannie socialiste
“ En 1848, M. Louis Blanc a été un des membres du gouvernement provisoire. Qu’a-t-il fait et quelle idée neuve a-t-il produit ? Il en est resté à son livre sur l’Organisation du travail ; il a dû s’apercevoir alors que l’humanité n’était pas une horloge et que l’idéal humain n’était pas la discipline d’un couvent. ”
Gustave Chaudey,
Appréciation historique, littéraire et politique de l'"Histoire de dix ans" de M. Louis Blanc…
(1845)
“ On le voit, si M. Louis Blanc ne parvient pas à la gravité, ce n'est pas de sa faute ; il a le sentiment de son devoir ; il fait tout ce qu'il peut pour contenir son coeur; il se met en guerre ouverte avec lui. Mais il faut reconnaître qu'un coeur comme celui-là n'est point fait pour une poitrine d'historien , et que, si ce n'est la faute de M. Louis Blanc de n'atteindre pas à la sérénité , c'est sa faute d'avoir mis son coeur à cette cruelle épreuve de l'histoire, et surtout de l' Histoire de dix ans. ”
“ Louis Blanc est un apôtre de l’idéal ; c’est le philosophe dans lequel il y a un tribun, c’est le grand orateur, c’est le grand citoyen, c’est l’honnête homme belligérant, c’est l’historien qui creuse dans le passé le sillon de l’avenir. De là une vie insultée et tourmentée. Quand Louis Blanc, dans sa lutte pour le juste et pour le vrai, en proie à toutes les haines et à tous les outrages, avait bien employé sa journée et bien fait dans la tempête son fier travail d’esprit combattant, il se tournait vers cette humble et noble femme, et se reposait dans son sourire. ”
Daniel Stern, Histoire de la Révolution de 1848
“ Par une anomalie assez fréquente dans l’histoire des hommes célèbres, le caractère et les instincts naturels de M. Louis Blanc étaient en opposition manifeste avec les idées qu’il s’était faites. Jamais le sentiment de la personnalité ne fut enraciné aussi profondément que chez cet adversaire opiniâtre de l’individualisme ; les théories communistes n’eurent jamais pour champion un esprit moins propre à s’absorber dans la communauté, une nature qui répugnât davantage à l’assimilation, à l’abnégation du moi sous le niveau égalitaire. ”
Édouard Renard,
Louis Blanc, sa vie, son oeuvre…
(1928)
“ Quoi qu'il en soit, c'est à cette époque que Louis Blanc commence à se mêler au monde du travail, qu'il devait aimer d'un amour si passionné. Il fait des conférences aux ouvriers, s'enquiert de leurs besoins, rêve avec eux une organisation meilleure de la société. Bientôt il devient le collaborateur du Propagateur, journal politique, littéraire et commercial du Pas-de-Calais, paraissant tous les deux jours, dirigé par un ardent républicain, Frédéric Degeorge. ”
Paul Verne,
Quarantième Ascension française au mont Blanc
“ Nous passons ainsi les Petits-Mulets, rochers situés à 4,666 mètres, et, après deux heures d’efforts surhumains, nous dominons enfin la chaîne entière. Le mont Blanc est sous nos pieds ! Il était midi quinze minutes. L’orgueil du succès nous remit promptement de nos fatigues. Nous avions donc enfin conquis cette cime redoutée ! Nous dominions toutes les autres, et cette pensée, que le mont Blanc seul peut faire naître, nous plongeait dans une émotion profonde. C’était l’ambition satisfaite, et, pour moi surtout, un rêve devenu réalité ! Le mont Blanc est la plus haute montagne de l’Europe. ”
