Pierre Désaugiers

Définition et enjeux

Léo-Paul Desrosiers Les Opiniâtres

Malgré son habileté, le raffermissement de ses muscles, disposer d’un seul tronc noueux et branchu, occupait de longues journées pénibles. Le bois dur pesait aux bras comme des blocs de granit.
Confronté comme par un barrage par la rudesse de cet ouvrage et sa lenteur, le courage de Pierre refluait, cherchait à droite et à gauche des issues plus faciles que le défrichement ; il affouillait ses berges. Comme tous les colons, le jeune homme éprouvait la tentation de se soustraire à cet effort devant lequel le corps regimbait.
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Léo-Paul Desrosiers Les Opiniâtres

Alors, par cet après-midi qui distillait de la désolation, Ysabau subissait l’étreinte des choses que seules les âmes fortes peuvent supporter ; elle était désorientée, elle avait cessé d’être maîtresse de ses émotions.
Pierre et Ysabau cheminaient dans les feuilles jusqu’aux genoux. La terre exsudait son suint, de froides gouttes qui la couvraient d’humidité ; l’air acquérait une vibrante sonorité. Pierre tira soudain sur une volée de canards : l’explosion éclata, se répercuta longuement.
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Léo-Paul Desrosiers Les Opiniâtres

Un rien et chacun s’affole. Pierre, l’exemple ne viendra ni de moi, ni de mes enfants, même de ceux qui ne marchent pas. Mais non, pas moyen d’agir autrement. Pierre, j’ai confiance. Je vous écoute parler ; je ne suis pas toujours de votre avis. Non, Pierre, les Iroquois ne prendront pas d’assaut un fort défendu par des Français. Non, Pierre. Ils ne nous chasseront pas d’ici.
Ysabau monta au premier par l’escalier presque vertical. Elle visita les lits l’un après l’autre : François, Yseult, Jacques, Ysolde, Paul et Pierre.
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