“ L'opinion de M. Letourneur est, au contraire, très-favorable au second, Robert Kurtis, homme de trente ans, bien constitué, d'une grande force musculaire, toujours dans l'attitude de l'action, et dont la volonté vivace semble sans cesse prête à se manifester par des actes. ”
Robert Kurtis
Définition et enjeux
Citations sur “Robert Kurtis”
“ Robert Kurtis est immobile, à l'avant, appuyé au mât, le bosseman près de lui. Leurs yeux ne se détournent pas un instant du brick. Nous lisons sur leur figure, qui ne peut rester impassible, toutes les émotions qu'ils éprouvent. Pas un mot n'est prononcé jusqu'au moment où le charpentier Daoulas s'écrie avec un accent impossible à rendre : « Il vire ! » Toute notre existence est en ce moment dans nos yeux ! Nous nous sommes redressés, les uns à genoux, les autres debout. ”
“ Robert Kurtis, le lieutenant, l’ingénieur Falsten et moi, nous tenons conseil, et je suis étonné du sang-froid que chacun apporte dans la circonstance. Toutes les chances de salut sont discutées, et Robert Kurtis résume ainsi la situation : Il court à travers le pont en criant ! ”
“ Robert Kurtis, debout sur la grand’hune, ne veut quitter son navire que lorsque son navire disparaîtra dans l’abîme. C’est son devoir et c’est son droit. Ce Chancellor qu’il aime, qu’il commande encore, on sent quelle émotion lui brise le cœur au moment de le quitter ! ”
“ « Nous avons mieux que de la poudre, dit alors Falsten. — Quoi donc ? demande Robert Kurtis, en se retournant vers l’ingénieur. — Du picrate de potasse ! » répond Falsten. Du picrate de potasse, en effet ! La bonbonne embarquée par ce malheureux Ruby. La substance explosive qui a failli faire sauter le navire saura bien faire sauter l’obstacle ! Un trou de mine foré dans ce basalte, et le radier n’existera plus ! ”
Jules Verne,
Le Chancellor
(1883)
“ Mais la mort de Wilson termine la lutte. Flaypol et Burke, au dernier degré de l'ivresse, sont couchés sans mouvement, et nous nous précipitons sur Jynxtrop, qui est amarré solidement au pied du mât, Quant à Owen, il a été maîtrisé par le charpentier et le bosseman. Robert Kurtis s'approche alors et lui dit : « Prie Dieu, car tu vas mourir ! — Vous avez donc bien envie de me manger ! » répond Owen avec une insolence sans égale. Cette atroce réponse lui sauve la vie. Robert Kurtis rejette la hache qu'il a déjà levée sur Owen, et, tout pâle, il va s'asseoir à l'arrière du radeau. ”
Jules Verne,
Le Chancellor
(1883)
“ - La situation est-elle donc désespérée? ai-je alors demandé. — La situation, la voici, répond froidement Robert Kurtis. Nous sommes attachés à un fourneau de mine, et la mèche est allumée 1 Reste à savoir si cette mèche est longue ! » Puis il se retire. ”
Jules Verne,
Le Chancellor
(1883)
“ Le second, l'ingénieur Falsten et moi, seuls, nous savons de quelle terrible façon l'incendie du navire est compliqué, et il faut que nous soyons seuls à le savoir. Lorsque l'ordre est rétabli, Robert Kurtis et moi, nous rejoignons Falsten sur la dunette. L'ingénieur est reste là, les bras croisés, songeant peut-être à quelque problème de mécanique au milieu de l'épouvante générale. ”
Joseph Conrad,
Jeunesse, suivi du cœur des ténèbres
(1925)
“ « Kurtz discourait. Quelle voix ! Elle conserva sa profonde sonorité jusqu’à la fin. Elle survivait à sa force pour continuer de dissimuler sous les draperies magnifiques de l’éloquence l’aride obscurité de son cœur... Ah, il luttait ! Il luttait ! Le désert de sa pensée fatiguée était hanté à présent d’images brumeuses, images de gloire et de fortune circulant servilement autour de son inépuisable don d’expression noble et élevée. « Ma Fiancée, ma station, ma carrière, mes projets » — tels étaient les thèmes de ces manifestations de sentiments sublimes. ”
Joseph Conrad,
Jeunesse, suivi du cœur des ténèbres
(1925)
“ M. Kurtz était un « génie universel » ; entendu, mais même un génie peut mieux travailler avec des « outils adéquats — des hommes intelligents ». Sans doute, il ne fabriquait pas de briques, mais une impossibilité matérielle s’y opposait, comme je le savais bien, et s’il faisait office de secrétaire pour le directeur, c’était bien parce que « aucun homme sensé ne rejette sans motifs la confiance que lui témoignent ses supérieurs. » ”
Joseph Conrad,
Jeunesse, suivi du cœur des ténèbres
(1925)
“ « Dans l’intérieur, vous rencontrerez certainement M. Kurtz. » Comme je lui demandais qui était M. Kurtz, il me dit que c’était un agent de premier ordre et constatant mon désappointement à cette information sommaire, il déposa son porte-plume et ajouta lentement : « C’est un homme très remarquable... » Après force questions je finis par apprendre que M. Kurtz dirigeait un poste de traite, très important ; dans le vrai pays de l’ivoire, « au fin fond là-bas. » « Il nous envoie autant d’ivoire que tous les autres réunis. » Il se remit à écrire. L’homme malade était trop accablé pour gémir. ”
Joseph Conrad,
Jeunesse, suivi du cœur des ténèbres
(1925)
“ Ensuite faisant d’un signe de tête allusion au tumulte de la cour : « Quand on a à passer des écritures correctement, on en arrive à détester ces sauvages, à les détester à mort... » Il demeura un instant pensif. « Lorsque vous verrez M. Kurtz, reprit-il, dites-lui de ma part que tout ici (et il jeta un coup d’œil sur sa grande table) va très bien. Je n’aime guère lui écrire : avec les courriers que nous avons, on ne sait jamais entre quelles mains une lettre peut tomber au Poste Central. » ”
Eugène Labiche,
Théâtre complet d’Eugène Labiche…
“ Robert, éclatant. Non, je ne permets pas !... Vous êtes des vaniteux, des orgueuilleux !... Malingear. Monsieur !... Ratinois. Mon oncle ! Robert. Ah ! voilà un quart d’heure que je me retiens... il faut que ça parte !... Vous cherchez, depuis quinze jours, à vous éblouir, à vous mentir, à vous tromper... Tous deux. Comment ?... Robert. Oui, à vous tromper, en vous promettant des dots que vous ne pouvez pas donner. Est-ce vrai ?... En vous pavanant dans une existence, dans un luxe qui n’est pas le vôtre ! Ratinois. Mais... Robert. Il n’y a pas de mais !... ”
Paul Féval, Les Belles-de-nuit ou Les Anges de la famille
“ La porte s’ouvrit, donnant passage à l’aubergiste et à Blaise. Au bruit qu’ils firent en entrant, la physionomie de Robert se remonta brusquement comme par l’effet d’un mystérieux ressort. Son œil devint calme et souriant : on eût dit un de ces hommes heureux qui passent dans la vie sans préoccupation et sans soucis. ”
Jules Girard, Revue des Deux Mondes
“ Il faut lire dans M. Curtius le détail précis et ingénieux de ce parallèle. Bien que peut-être on n’y trouve pas toujours au degré qu’on serait en droit d’attendre la netteté supérieure et les brillantes qualités de l’éminent historien, c’est l’œuvre généreuse et le plus souvent juste d’un esprit élevé. ”
Honoré Bondilh, Toute la gloire de M. H. Curtil… (1866)
“ M. Bondilh nous nomme et prétend que nous repoussons « les prétentions de M. Hilaire Curtil et » que nous ne voudrions pas nous voir réduits à » imiter ses exelnples.» » Nous ne savons au juste de quelles prétentions ni de quels exemples le rédacteur de la lettre entend parler; mais nous reconnaissons hautement à M. Curtil le droit de compter sur notre estime, notre amitié et la considération publique que lui méritent ses travaux et sa conduite. » M. Bondilh s'attribuant le soin de dispenser la gloire ! c'est trop fort ! ”
Paul Duplessis,
Les Étapes d'un volontaire
“ Mon représentant est le meilleur vivant qu’il soit possible d’imaginer. Aimant par-dessus tout le plaisir et ayant en moi une confiance absolue et sans bornes, il représente, mais c’est moi qui gouverne. Curtius, m’a-t-il dit, il y a trois mois de cela, à la suite d’un fabuleux dîner qui dura quarante-huit heures, Curtius, je suis un bel homme, et je représente mieux que personne au monde ”
Joseph Conrad,
Jeunesse, suivi du cœur des ténèbres
(1925)
“ « Kurtz, n’est-ce pas, suggérai-je, se faisait suivre par la tribu... » Il témoigna quelque embarras. — « Ils l’adoraient, » fit-il. Le ton de ces paroles était si extraordinaire que je le considérai avec attention. La répugnance qu’il éprouvait à parler de Kurtz se mêlait curieusement en lui au besoin de raconter. L’homme remplissait sa vie, occupait toutes ses pensées, commandait ses émotions : « Que voulez-vous ! » éclata-t-il. ”
Honoré Bondilh, Toute la gloire de M. H. Curtil… (1866)
“ Si la ferveur inconsidérée d'un zèle ultra-laudatif n'offusque pas votre impartialité, et si l'amour de la vérité l'emporte, dans votre cœur, sur l'affection trop intime peut-être, que vous avez vouée à M. Hilaire Curtil, voici quelques renseignements qui pourront vous servir à tempérer au moins l'excès de votre enthousiasme. Puisés dans la série des faits historiques de la rue Impériale, leur simple énonciation suffit pour mettre à néant la grande initiative de M. Hilaire Curtil, dont personne n'éprouve, jusqu'à ce jour, le besoin d'imiter les exemples. ”
Pierre Alexis de Ponson du Terrail, La Bouquetière de Tivoli
“ Dix ans s’écoulèrent, la Révolution arriva ; Curtius se trouva un grand patriote. On le nomma capitaine de la garde civique de son village. Force lui fut de monter à cheval pour la seconde fois. Au mépris de ses épaulettes toutes neuves et des fonctions majestueuses dont il était revêtu, son cheval lui fit, en pleine place de la Révolution, ce qu’on appelle un saut de mouton, et le citoyen Curtius rentra chez lui boueux et contusionné. ”
Claude-Adrien Helvétius,
De l’Esprit
“ Pour former un Curtius, il suffit qu’un homme, fatigué de la vie, se trouve dans la malheureuse disposition de corps qui détermine tant d’Anglais au suicide ; ou que, dans un siecle très superstitieux, comme celui de Curtius, il naisse un homme qui, plus fanatique et plus crédule encore que les autres, croie par son dévouement obtenir une place parmi les dieux. ”
A. Bossert, Revue des Deux Mondes
“ Lorsqu’on parle d’un homme en ces termes, c’est qu’on a reconnu un maître. A Berlin, où Curtius passa la dernière année de son stage universitaire, il connut encore des spécialistes de premier ordre, mais il ne ressentit plus une influence aussi profonde. ”
Joseph Conrad,
Jeunesse, suivi du cœur des ténèbres
(1925)
“ Il est arrivé ici avec l’éclair et le tonnerre à la main : jamais ces gens n’avaient rien vu de pareil, ni d’aussi terrible. Car il pouvait être terrible !... Impossible de juger M. Kurtz comme on ferait d’un homme quelconque. ”
Joseph Conrad,
Jeunesse, suivi du cœur des ténèbres
(1925)
“ Il y avait un agent boutonné jusqu’au nez dans son ulster, qui dormait sur une chaise, à un mètre de moi. Les hurlements ne l’avaient pas réveillé ; il ronflait très légèrement. Je le laissai à ses songes et sautai sur la berge. Je n’eus pas à trahir M. Kurtz ; il était dit que je ne le trahirais jamais ; il était écrit que je resterais fidèle au cauchemar de mon choix. Je tenais à traiter seul avec cette ombre, et à l’heure actuelle, j’en suis encore à me demander pourquoi j’étais si jaloux de ne partager avec personne la particulière horreur de cette épreuve. ”
Pierre Curie, Œuvres de Pierre Curie
“ Les dernières années de la vie de Pierre Curie, consacrées aux recherches sur la radioactivité et à des travaux théoriques du plus haut intérêt au point de vue de la Physique générale, ont été très fécondes. Ses facultés intellectuelles étaient en plein développement, ainsi que son habileté expérimentale. Il croyait pouvoir espérer que dans peu d’années il aurait enfin le laboratoire qu’il avait toujours désiré, afin de créer autour de lui un cercle de collaborateurs capables de partager son ardeur au travail. ”
Victor Marchand, L'utopiste (1882)
“ Aujourd'hui, si ces trois jeunes gens vivaient encore, ils n'auraient ni l'un ni l'autre sans doute trouvé l'occasion de mourir comme Curtius; mais toute leur vie aurait été remplie non-seulement d'actions honnêtes, mais d'actes généreux inspirés par une foi profonde; et, quoi qu'ils eussent fait, ils auraient encore regretté, à leur dernière heure, de n'avoir pas fait assez pour aider au sauvetage, au rachat de l'humanité. Mais, hélas! ce n'est point la vie d'un homme, ni de trois, ni de mille, qu'il faut pour cette œuvre ardue, immense. Dieu n'accepte pas les sacrifices à la Curtius. ”
Joseph Conrad,
Jeunesse, suivi du cœur des ténèbres
(1925)
“ La faculté de souci dont on est capable à l’égard de ce genre de misère est plus restreinte qu’on ne l’imagine. J’envoyai le tout au diable et laissai aller les choses. J’avais ainsi du temps de reste pour méditer, et parfois, je donnais une pensée à Kurtz. Ce n’est pas qu’il m’intéressât vivement ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ L’amour de la gloire & de la profession des armes, porta le jeune Curtius à imiter le généreux désespoir de ces vénérables vieillards, en se précipitant dans un gouffre qui s’étoit ouvert au milieu de la place de Rome, & que les devins avoient dit être rempli de ce qu’elle avoit. ”
“ Robert étant le premier homme qui pût approcher d’elle, elle fut naturellement portée à le juger supérieur aux autres. Surtout, elle se sentait pour celui qui l’arrachait à son milieu morose des élans de reconnaissance qu’elle appelait volontiers de l’amour. En compensation à sa vie monotone, elle s’imaginait un avenir gai, riant, libre. Ces rêves accroissaient la somme d’affection dont elle disposait, et Robert en recueillait le bénéfice. ”
Joseph Conrad,
Jeunesse, suivi du cœur des ténèbres
(1925)
“ Ce retard fut la première chose qui ébranla la confiance de Kurtz. Un matin, il me donna une liasse de papiers et une photographie, le tout lié avec un cordon de chaussure. — « Gardez cela pour moi, fit-il. Ce malfaisant imbécile — il voulait dire le Directeur — est capable de fouiller dans mes caisses lorsque j’aurai le dos tourné... » Dans l’après-midi je le revis. Il était étendu sur le dos, les yeux fermés, et je me retirais sans bruit quand je l’entendis murmurer : « Vivre honnêtement, mourir, mourir... » ”
“ Et Curtius, croyez-moi, portant l’auréole de son dévouement romanesque, est, à l’heure où il sort vainqueur de son gouffre, précisément l’homme qu’il faut pour patronner telle impossibilité qui va tourner en évidence. ”
Joseph Conrad,
Jeunesse, suivi du cœur des ténèbres
(1925)
“ M. Kurtz a fait plus de tort que de bien à la Société, Il n’a pas compris que les temps n’étaient pas mûrs pour l’action rigoureuse. Prudemment, prudemment, — c’est là mon principe. Il nous faut être prudent encore. Pour quelque temps ce district nous est fermé ; c’est déplorable... Dans l’ensemble le commerce en souffrira. Je ne nie pas qu’il n’y ait une remarquable quantité d’ivoire — pour la plus grande partie fossile. ”
Paul Féval, Les Belles-de-nuit ou Les Anges de la famille
“ Robert, d'ailleurs, avait trop de choses en tête pour trouver le temps d'entamer une vaine querelle. C'était, nous l'avons dit, une nature admirablement organisée pour les difficultés de la lutte, mais qui s'amollissait dans la fortune et perdait une bonne part de son audace, à mesure que le bien conquis amenait avec soi les chances de perte.Il fallait à l'Américain, pour exécuter ses escamotages hardis, des poches vides et des mains libres. ”
A. Bossert, Revue des Deux Mondes
“ Au fond, Curtius n’était ni républicain ni monarchiste : toute sa politique remontait à la Grèce en passant par Rome, comme celle de Bossuet était tirée de l’Écriture sainte. Plus tard, dans un de ces discours d’apparat où il excellait, il mettra les victoires de la Prusse sous l’égide de Pallas Athéné, et il comparera la lignée des Hohenzollern aux Pélopides d’Argos, aux Cadméens de Thèbes, aux Tarquins de Rome. ”
“ Cependant notre situation resta encore la même pendant les deux années suivantes, que nous avons consacrées à un travail de laboratoire intensif sur la radioactivité. Elle ne s’améliora qu’en 1900, au détriment, il est vrai, du temps que nous pouvions employer à nos recherches scientifiques. Toute préoccupation de vie mondaine était exclue de notre existence. Pierre Curie avait pour les obligations de ce genre une répugnance invincible ; pas plus dans sa vie de jeune homme que plus tard, il n’accepta de faire des visites, ou de nouer des relations sans intérêt. ”
Honoré Bondilh, Toute la gloire de M. H. Curtil… (1866)
“ C'est quelque chose ; mais il nous semble que si les signataires de la réponse qui précéde, se sont bornés à repousser toute participation à une œuvre d'envie, si M. Curtil se renferme dans le silence du MÉPRIS, si aucun d'eux n'a daigné entrer en discussion avec M. Bondilh, ce dont nous n'avons qu'à les féliciter, il nous appartient à nous de démontrer en quelques mots que nous ne sommes pas toutà-fait aveuglés quand nous rendons justice à l'initiative, au mérite d'un de nos entrepreneurs les plus distingués ”
