Charles Augustin Sainte-Beuve,
Poésies
“ Sous l’œil du Dieu qui la dévore, L’Aurore rougit et s’enfuit. Il dort son sommeil d’innocence ; Avec l’aube son front blanchit ; Puis par degrés il se nuance Avec l’Aurore qui s’avance Et qui bientôt s’y réfléchit. Un voile couvre sa prunelle Et cache le ciel à ses yeux ; Mais un songe le lui révèle ; En songe, son âme étincelle Des rayons qui peignent les cieux. Ô coule, coule, onde nouvelle, Suis mollement ton cours vermeil ! Peux-tu jamais couler plus belle Que sous la grotte maternelle, Aux premiers rayons du soleil ? ”
