“ Quand une femme baise au visage son amant endormi, cet appel est le baiser qui allume l’amour. Quand une femme baise son amant qui est distrait ou affairé, ou bien le querelle, c’est le baiser qui détourne. Quand l’amant attardé trouve l’amante couchée, et la baise dans son sommeil pour lui manifester son désir, c’est le baiser d’éveil. En pareil cas, la femme peut faire semblant de dormir à l’arrivée de son amant pour provoquer ce baiser. ”
Citations sur “kissing”
Michel Millot, L’École des filles ou la philosophie des dames
“ Il y a premièrement le baiser du sein, de la bouche, des yeux, de toutes les parties du visage ; il y a le baiser mordant qui se fait par l’impulsion des dents sur la chair, le baiser de la langue, qui est le plus doux, et le baiser des autres parties du corps ; chacun de ces baisers a ses goûts différents, et tous sont capables d’amuser longtemps par la nouveauté et la douceur qu’on y trouve. L’attouchement se divise selon les membres, et ses plaisirs sont différents. ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Sans tarder, elle tendit la nappe et, s’asseyant à côté de lui, elle se mit à manger avec lui et à lui mettre elle-même les bouchées entre les lèvres, puis à boire avec lui et à se réjouir, sans toutefois lui permettre de la toucher ou d’en prendre un baiser ou un pincement ou une morsure ; car chaque fois qu’il se penchait sur elle pour l’embrasser, elle interposait vivement sa main entre sa joue et les lèvres du jeune homme, et le baiser ne lui touchait ainsi que la main. ”
Hugues Le Roux,
Jeunes amours : mémoires d'un adolescent
(1899)
“ Je le reçus, ce baiser, comme une jeune fille qui, au soir de ses noces, défaille en sentant que les autres et elle-même l'ont livrée à l'Amour. Bénies soient les contraintes de pudeur, les règles sévères du Nord qui, jusque-là, si tardivement, avaient écarté ce baiser de mes lèvres ! Il a fleuri mon adolescence d'une blanche étoile. Il devait porter un fruit précieux : il m'enseigna que le bonheur, qu'il faut poursuivre, cueillir sur la femme qu'on aime, n'est pôint l'ivresse anonyme de l'espèce, mais le contact avec une âme. Pour toujours, ce baiser a fait de moi l'Amant du Baiser. ”
“ Bien-aimée, mes yeux te voient comme ils n’ont jamais vu, mes mains te touchent comme si elles se touchaient, bien-aimée, j’ai une soif immense. Bien-aimée, remplis ma bouche de ta saveur, bien-aimée, fais trembler mes narines de ton parfum... Nos bouches se baisent comme pour se boire. Nous souffrons de l’amour, bien-aimée, nous souffrons de nous sentir hors de nous-mêmes. Le baiser baise comme pour pomper la vie. Mon baiser baise, mon baiser aspire, mon baiser veut reconquérir tout ce qui de moi est en toi; nous souffrons car il nous manque trop de nous ”
Germain Nouveau,
Valentines et autres vers
“ Et que le vent achève d’embraser, Tout mon cœur brûle et se consume, J’ai soif, oh ! j’ai soif d’un baiser. Baiser de la bouche et des lèvres Où notre amour vient se poser, Plein de délices et de fièvres, Ah ! j’ai soif, j’ai soif d’un baiser ! Baiser multiplié que l’homme Ne pourra jamais épuiser, Ô toi, que tout mon être nomme, J’ai soif, oui, j’ai soif d’un baiser. Fruit doux où la lèvre s’amuse, Beau fruit qui rit de s’écraser, Qu’il se donne ou qu’il se refuse, Je veux vivre pour ce baiser. Baiser d’amour qui règne et sonne Au cœur battant à se briser, Qu’il se refuse ou qu’il se donne, ”
Raoul Vèze, Le Baiser en Grèce (1908)
“ Les langues à ce moment se cherchent mutuellement, elles veulent s’unir et avoir, elles aussi, leurs embrassements. Vous augmentez vous-même le plaisir en ouvrant les lèvres à de larges et profonds baisers. Lorsqu’approche le terme, la femme devient haletante sous la volupté qui l’inonde. Sa respiration pressée s’élance, mêlée au souffle de l’amour, jusque sur les lèvres où elle rencontre le baiser qui erre sur le bord et cherche à pénétrer plus avant ; refoulée par le baiser qui se mêle à elle et la suit, elle revient en arrière et arrive jusqu’au cœur. ”
“ Et je regrette et je cherche ton doux baiser. Quelle femme saurait me plaire et m’apaiser ? Laquelle apporterait les voluptés anciennes Sur des lèvres sans fard et pareilles aux tiennes ? Je le sais, tu mentais, ton rire sonnait creux, Mais ton baiser fut lent, étroit et savoureux, Il s’attardait, et ce baiser atteignait l’âme Car tu fus à la fois le serpent et la femme. ”
Willy et Jeanne Marais, La Virginité de Mademoiselle Thulette
“ Dans le baiser mouvant, la jeune fille presse entre ses lèvres la lèvre inférieure de son amant et l’introduit dans sa bouche en lui imprimant un mouvement de succion. Dans le baiser touchant, elle touche avec la langue la lèvre de son amant en fermant les yeux, et place ses deux mains dans les siennes. ”
Gustave Droz,
Monsieur, madame et bébé (75e éd…
(1875)
“ Laissez-le, s'il chiffonne un peu votre robe et vous loge en passant un petit baiser dans le cou. Laissez-le lorsque, en rentrant du bal, il arrache les épingles, embrouille les lacets, et rit comme un fou si vous êtes chatouilleuse. Ne criez pas au feu si sa moustache vous pique, et songez qu'au fond c'est qu'il vous aime bien. Il adore vos vertus; est-il donc étonnant s'il en chérit l'enveloppe? Vous avez une belle âme, c'est vrai, mais votre petit corps n'est pas mal non plus, et quand on aime bien on aime tout à la fois. ”
Lord Byron,
Don Juan
(1819)
“ Un long, long baiser, un baiser de jeunesse, et d’amour et de beauté, se concentrant comme des rayons en un foyer unique allumé au feu du ciel ; un de ces baisers qui sont l’apanage de nos premiers beaux jours, alors que le cœur, et l’âme et les sens se meuvent de concert, que le sang est une lave, le pouls un incendie, et que chaque baiser porte un ébranlement au cœur : – car, si je ne me trompe, la force d’un baiser se mesure à sa longueur. ”
Armand Silvestre,
Les Mélancolies d'un joyeux, par Armand Silvestre…
(1883)
“ Dans le langage de deux êtres qui connaissent les choses de l'amour, le baiser sur la bouche est un aveu et un serment. C'est comme un sceau sous lequel se confondent et prennent une commune empreinte le consentement et le désir. Aussi, si le destin m'avait fait jaloux, n'aurais-je attendu, pour me compter parmi les notables cocus de mon temps, que de voir ma femme tendant ses lèvres à celles d'un étranger. ”
Raoul Vèze, Le Baiser en Grèce (1908)
“ C’est la volupté même qu’on étreint quand on la possède, et le baiser s’empreint sur ses lèvres comme le sceau sur la cire. Les baisers qu’elle rend à son tour ne sont point sans un certain art ; elle sait habilement en augmenter la douceur. Ce n’est point assez pour elle que les lèvres s’unissent amoureusement aux lèvres : ses dents mêmes cherchent les embrassements ; elle dévore la bouche de son amant, elle mord les baisers ; ses seins, qu’on sent palpiter sous la main, sont une nouvelle source de jouissance. Au moment suprême de l’amour, elle tressaille comme aiguillonnée par la volupté ”
“ Nos mains toujours unies, je t’attirai sur mes genoux ; et lentement, haussant jusqu’à ta bouche mon baiser éperdu, je savourai l’ivresse si douce et si profonde que verse ta beauté. Oh ! ce baiser, ces baisers dans la nuit, dans les parfums, dans les lilas ! Ce n’était plus une caresse, un frémissement, une sensation ; mais une magie qui m’ensorcelait, m’emportait vers des horizons infinis, à travers des espaces sans limites, dans la pluie d’or des astres. C’était une vie nouvelle que tu me créais, dans l’extase et le ravissement. ”
Friedrich Karl Forberg, De Figuris veneris ou les Multiples visages de l’amour
“ Il s’agit ici de formes du baiser d’un nouveau genre, telles que seul peut en oser le baiseur le plus roué ; il s’agit de ce que font, bouche close, les mignons ; on y voit comment ils s’accouplent par cinq, comment ils s’entrelacent en nombre en une seule chaîne. ”
Hugues Le Roux,
Confidences d'hommes (4e édition…
(1894)
“ Elle mêlait Dieu et ses parents à sa tendresse pour moi. Ses mains d'enfant osaient toutes les caresses, ses lèvres s'ouvraient aussi facilement pour le baiser que pour la prière. Elle était entrée dans la volupté à voiles pleines. Quand un instrument parfait sort des mains du luthier, il chante du premier coup la musique des maîtres. Or, écoutez! Entre tous ces baisers, il y en a un que j'ai encore sur les lèvres. Pas un baiser de femme vivante n'effacera jamais ce baiser-là. ”
“ Mais voici que déjà le frisson te caresse, rôde autour de ta nuque, érige la pointe de tes seins, comme un imperceptible et doux chatouillement. Ta bouche est plus humide et s’entr’ouvre en quête d’un baiser. Une angoisse t’énerve et te descend aux lombes. Tandis que ton œil se clôt à demi, c’est ton âme qui écoute mon murmure et comprend que, pour toi seule, je m’acharne à trouver des paroles très tendres, harmonieuses comme une musique de rêve chantant, une sérénade charmeuse et caressante... ”
Anonyme, The Lustful Turk (Le truc lubrique…
“ Enlaçant ma belle beauté dans mes bras je l’ai facilement posée sur le coussin et moi-même à ses côtés. Ses seins gonflés de neige se soulevaient avec sa respiration laborieuse, un bras autour du cou, l’autre main traversait sans répit toutes ses beautés, et, tout à coup, me glissant la main entre ses cuisses lisses et polies, je pris possession du port de l’amour. Ses tremblements, ses soupirs augmentaient rapidement ; avec une modestie timide qu’elle suppliait, elle me pria d’enlever ma main. J’ai tout promis pour un baiser. ”
Anonyme, Les Mille et Une Nuits
“ Vous lui avez envoyé la femme qui faisoit semblant de vouloir vendre une cassolette. Vous vouliez voir s’il l’accepteroit pour un baiser, et vous aviez bien recommandé à la femme, dans le cas où il se laisseroit embrasser, de vous en donner une preuve évidente. Elle a feint d’être violemment éprise de lui ; elle lui a fait un tableau touchant des maux que l’amour lui faisoit endurer : un baiser, un seul baiser pouvoit la guérir. ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Ô ma sœur, comment peux-tu faire pour supporter la rudesse de la barbe de ton amant, lors du baiser, quand sa barbe vient frotter tes seins et que ses moustaches viennent heurter de leurs épines tes joues et tes lèvres ? Comment fais-tu pour ne pas être chaque fois abîmée quant à ta peau, et cruellement déchirée ? Crois-moi, ma sœur, change d’amoureux et fais comme moi : trouve-toi quelque adolescent aux joues légèrement duvetées et désirables comme un fruit, à la chair délicate qui fonde dans ta bouche sous le baiser. Par Allah ! ”
“ Ce fut, devant tous, un baiser long comme une succion : car il y a, n’est-ce pas, des baisers qui entrent par les yeux, plus profonds que ceux des lèvres, et qui courent sous toute la peau, comme les autres se posent sur un point de l’épiderme. ”
Anonyme, Eléonore ou l’Heureuse personne (1799)
“ On continua le joyeux entretien. On dit mille folies. En racontant les transports d’un amant, il fallut répéter ses louanges, ses ravissemens sur les appas, qu’on lui permettait de voir. Pour exprimer la vivacité de ses sensations, on peignit à quel point et comment on était susceptible d’être émue ; à quel excès on portait le délire, l’abandon de soi-même. On dit combien est doux, dans ces momens délicieux, un baiser tendre, amoureux cueilli, reçu par une bouche voluptueuse. En parlant de baisers, les lèvres se trouvèrent tout près, et machinalement se collèrent l’une contre l’autre. ”
Anonyme, Les vacances au château – Le fétichisme en amour
“ Elle me demande, si, ainsi peu vêtue, je n’ai pas froid, elle me prend dans ses bras, pour me réchauffer, et je suis toute surprise, de me sentir follement embrassée sur la bouche.... puis, sans me laisser le temps de revenir de ma surprise, elle fait sauter les rubans de mon corsage et de ma chemise, m’embrasse les seins, les roule délicieusement dans sa bouche. Engourdie par ces caresses, délicieusement chatouillée par cette langue, qui me faisait courir de petits frissons dans tout mon être, je n’opposais plus aucune résistance. ”
Louis Deguin, Des romans et de leur influence (1866)
“ Il s'approche de la jeune fille, s'asseoit à ses côtés, l'enlace de ses bras, et, l'attirant à lui, applique sur ses lèvres brûlantes un baiser qu'un amoureux seul peut comprendre et donner, tout cela si vivement et avec tant de précision que la pauvre enfant n'eut le temps ni la volonté d'opposer une résistance. ”
Anonyme, Caroline et Saint Hilaire, ou Les putains du Palais-Royal
“ On me retourne avec précaution et bientôt je sentis ma chemise remonter doucement jusqu’à la hauteur de mon sein ; mon corps est aussitôt couvert de baisers, deux mains tremblantes écartent mes cuisses de manière que l’entrée du temple de l’amour est entièrement libre : d’ardens baisers y sont prodigués. Avec la langue on en caresse les rives, on cherche à l’introduire : d’une main on presse mes fesses et de l’autre on chatouille légèrement le bouton de mon sein. ”
Anonyme, The Lustful Turk (Le truc lubrique…
“ Il a ensuite examiné chaque partie de moi, me couvrant comme il l’a fait avec d’innombrables baisers. Ayant satisfait sa curiosité de ma personne, il m’attira dans son sein et me pria de placer mes lèvres aux siennes. Il m’a ensuite appris plusieurs façons de m’embrasser. Le premier dessinait simplement mes lèvres en travers de la sienne, qu’il appelait « embrasser ». La seconde était de garder mes lèvres collées aux siennes, ramenant son aspiration jusqu’à ce qu’il retire ses lèvres : c’est ce qu’il appelle le baiser de la jouissance ”
Henry Bataille,
Théâtre complet
“ MAX. Fais vite. (Elle veut l’embrasser. Il la repousse violemment.) JESSIE, (le cœur crevé.) Oh ! méchant ! Tu me refuses un baiser ? PASSEROSE. Embrassez-vous donc, mes enfants. Il ne faut jamais se quitter brouillés, même pour cinq minutes !... JESSIE, (supplie.) Oui... Laisse-moi au moins t’embrasser ! (Elle lui serre la tête sur sa poitrine longuement, passionnément, tristement, et l’embrasse dans les cheveux.) Celui qui le reçoit ne distingue pas quel est le baiser le meilleur, le plus profond... mais celui qui le donne ne s’y trompe jamais !... ”
Auguste Angellier,
À l’amie perdue
“ Il est juste, ô chers yeux, chers yeux tristes et doux, Que sur vous, sur vous seuls, mon premier baiser scelle L’amour inespéré qui m’est venu par vous. XI 5 Et lorsque, près des lis et des roses trémières, Sur le banc solitaire au bout de l’avenue Favorable aux amants sous ses clartés dernières, Je l’ai, contre mon cœur, un court instant tenue, Lorsque vous vous fermiez déjà sous vos paupières, Et paraissiez ainsi donner la bienvenue Au baiser pressenti dans mes longues prières, En cette heure d’amour grâce à vous obtenue, Oubliant vos aveux, vos angoisses, vos fièvres. ”
“ Quand on baise l’image d’une personne réfléchie dans un miroir ou dans l’eau, ou bien son ombre portée sur un mur, c’est le baiser de déclaration. Quand on baise un enfant que l’on tient sur ses genoux, ou une image, ou une statue, en présence de la personne aimée, c’est le baiser que l’on transmet. ”
Anatole France,
La rôtisserie de la Reine Pédauque
“ Après un moment de mol abandon, elle se dégagea, les joues roses, l’œil humide, les lèvres entr’ouvertes. C’est de ce jour que je connus à quel point une femme est embellie et parée du baiser qu’on met sur sa bouche. ”
Alfred Delvau,
Dictionnaire érotique moderne
“ C’est la volupté qui mène à la génération. (En langage familier, on dit Baiser (voir ce mot.) Quand la femme s’est placée dans le lit conjugal, elle se met sur le dos et écarte les cuisses. Le mari la couvre alors de son corps et, aidé par la main de sa femme, introduit l’instrument de plaisir dans l’asile qui lui est destiné. Elle referme alors légèrement les cuisses, et enlace son mari de ses jambes. Il colle sa bouche sur la sienne, et commence avec les reins ce mouvement de va-et-vient qui produit le plaisir mutuel. ”
Emile Baumann, Le Cantique éternel. La Symphonie du désir (1933)
“ Qu'il me baise du baiser de sa bouche... L'épouse parle avant l'époux. La première idée amoureuse vient de la femme spontanément. L'épouse cherche son bien-aimé, sans attendre qu'il passe, la nuit, derrière la porte de sa maison. Pourquoi ce désir du lien par le baiser ? On dirait qu'elle convoite un seul baiser ; mais celui-là les signifie tous dans l'absolu du don qu'il promet. Qu'ajoute le baiser à la parole ? ou pourquoi est-elle si peu auprès du baiser ? Dans la rencontre des corps, par les lèvres les âmes se joignent. Car le désir de l'amour, c'est i. ”
