Petit état

Définition et enjeux

Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Napoléon le Petit

Je fis le tableau en quatre mots : la Constitution jetée au ruisseau, l’Assemblée menée à coups de crosse en prison, le conseil d’État dissipé, la Haute Cour chassée par un argousin, un commencement évident de victoire pour Louis Bonaparte, Paris pris sous l’armée comme sous un filet, la stupeur partout, toute autorité terrassée, tout pacte mis à néant ; il ne restait plus debout que deux choses, le coup d’État et nous.
Nous ! et qui sommes-nous ? Ce que nous sommes, dis-je, nous sommes la vérité et la justice ! nous sommes le pouvoir suprême et souverain, le peuple incarné, le droit !
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Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Napoléon le Petit

Le gant du coup d’État est jeté, la gauche le ramasse. C’est aussi simple que cela. L’acte du Deux-Décembre est un défi infâme, insolent, inouï, à la démocratie, à la civilisation, à la liberté, au peuple, à la France. Je répète que nous avons ramassé ce gant. Nous sommes la loi, mais la loi vivante qui peut s’armer au besoin et combattre. Un fusil dans nos mains, c’est une protestation.
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Portrait de Victor Hugo Victor Hugo Napoléon le Petit

Le 4 décembre, Louis Bonaparte eût été arraché le soir même de l’Élysée, et la loi triomphait, s’il eût été un de ces hommes qui hésitent devant un massacre. Par bonheur pour lui, il n’avait pas de ces délicatesses. Quelques cadavres de plus ou de moins, qu’est-ce que cela fait ? Allons, tuez ! tuez au hasard ! sabrez, fusillez, canonnez, écrasez, broyez ! terrifiez-moi cette odieuse ville de Paris ! Le coup d’État penchait, ce grand meurtre le releva. Louis Bonaparte avait failli se perdre par sa félonie, il se sauva par sa férocité.
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