Jules Baudrillard

Résumé

Jules Baudrillard Livret d'hygiène (1904)

Observons-nous respirer. Les côtes se relèvent, la cage où se trouvent les poumons s'agrandit, ceux-ci se remplissent d'air que la pression atmosphérique y refoule. Or, chaque petit sac pulmonaire est tapissé de tout petits vaisseaux sanguins. A travers la paroi de ces vaisseaux, l'oxygène de l'air va vers le sang, et l'acide carbonique du sang vient, dans le sac. Puis les côtes s'abaissent, la cage se rapetisse, les poumons sont comprimés, le gaz qu'ils renferment est rejeté.
Ce n'est plus de l'air.
C'est un gaz moins riche en oxygène, plus riche en
acide carbonique que l'air normal.
Source : Gallica

Jules Baudrillard Livret d'hygiène (1904)

Le maçon de notre corps, lui aussi, est invisible. Il existe pourtant. Nous savons que c'est le sang. Il circule, pénètre dans toutes les parties de notre corps, y charriant les matériaux de construction et de réparation, les portant là où il est besoin, enlevant les débris usés qui seront rejetés au dehors.
Les matériaux, il les trouve dans nos aliments. Mais comme notre chair, nos os, nos cheveux, etc., ne sont ni du pain, ni des légumes, on comprend que nos aliments doivent être modifiés de telle façon que l'utile soit mis à part et l'inutile, rejeté.
Source : Gallica

Jules Baudrillard Livret d'hygiène (1904)

Grâce aux Proust, aux Strauss, aux Monod, etc., les règles d'hygiène publique sont devenues de plus en plus précises, certaines, impératives. Notre époque a vu les adductions d'eaux de sources se multiplier, le tout à l'égout s'établir un peu partout, des lois, des règlements sanitaires imposer un minimum de précautions contre la naissance et la propagation des maladies contagieuses. Et quels merveilleux résultats immédiats : l'Occident mis à l'abri de la peste et du choléra, la fièvre typhoïde vaincue, la variole à peu près disparue, et, demain, la tuberculose enrayée.
Source : Gallica

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