Résumé

La Nouvelle Revue

“ La pensée est la plus absorbante des maîtresses, et ce qu’elle lui prenait d’activité et de flamme était autant de soustrait aux tendresses conjugales. En tout état de cause d’ailleurs, médiocre amoureux que Pierre... Et par quoi compensait-il ce qui lui manquait ? Ce mari qui, à griffonner, faisait ses coudes luisants et des genouillères à ses pantalons, voilà bien de quoi monter une imagination ardente !... Quant aux grâces de son esprit, c’était pour Isabelle du chinois, et il n’en tirait même pas beaucoup d’argent, de quoi au moins lui aurait-elle su gré. ”
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La Nouvelle Revue

“ L’attrait aussi de la vie physique le prenait. Un jour que, revenant de la manœuvre, le capitaine était monté chez lui, le teint enflammé de rudes galopades dans l’air froid, le professeur s’était senti honteux des pacifiques et confortables pantoufles de feutre auprès desquelles son ami allongeait sur les chenêts des bottes mouchetées de boue jusque sur la culotte. Et quand il reprit sa plume avec comme un vague dégoût, malgré lui il songea que l’action est une belle chose et la pensée viande bien creuse. Si Pierre avait été une âme vulgaire, il eût fini par prendre Jacques en haine. ”
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La Nouvelle Revue

“ Jacques y pourvut en ripostant :
— Faut-il te le dire ? Moi aussi parfois je me suis demandé si, t’ayant pour mari, ma femme n’aurait pas fait deux bonheurs.
— Savoir...
Un instant ils demeurèrent pensifs. Ce fut Jacques qui rompit le silence.
— Aurait-elle donc raison, la vieille sagesse qui dit : « Il n’y a pas de mauvais maris ni de mauvaises femmes, mais seulement des gens mal mariés » ?
— Absolument. Et si il y a tant de gens mal mariés, c’est que, la providence mit-elle dans notre chemin la fameuse moitié de poire, c’est infailliblement celle d’une autre poire que nous désirons.
”
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