Résumé

Le Mal de l'Algérie, six lettres adressées au journal "le Temps"… (1894)

La raison secrète du développement incertain de la colonisation depuis la conquête, la cause primordiale de la crise actuelle, le mal de l'Algérie en un mot, c'est l'état barbare de son agriculture, son assolement arriéré et misérable, l'insuffisante variété de ses cultures. Le système d'exploitation des colons épuise la terre : il la rend de jour en jour moins productive : il interdit tout espoir d'un avenir meilleur, car par quel miracle la prospérité pourrait-elle jamais sortir d'un sol soumis à un appauvrissement croissant?
Source : Gallica

Le Mal de l'Algérie, six lettres adressées au journal "le Temps"… (1894)

En France, le cultivateur s'appuie sur des siècles de traditions. Les générations qui l'ont précédé ont reconnu par une longue série d'essais accumulés les cultures qui conviennent le mieux au climat, à l'orientation, à la nature des terres, les meilleurs procédés pour une culture, les meilleures variétés à cultiver. Rien de semblable en Algérie. Au lieu de cet inestimable trésor de connaissances acquises, le colon ne trouve pour exemple que l'agriculture arabe où tout n'est pas à dédaigner, mais si primitive et si bornée dans ses moyens.
Source : Gallica

Le Mal de l'Algérie, six lettres adressées au journal "le Temps"… (1894)

Tant vaut l'agriculture, tant vaut la colonisation. La vigne manquant, si l'agriculture algérienne ne se transforme point et promptement, notre colonie est bien malade. En France, les habitudes, les affections de famille et de voisinage, l'amour du clocher, conspirent pour retenir l'homme dans le milieu où il est né. Et cependant on sait avec quelle rapidité, sous l'influence de calamités agricoles prolongées, les campagnes de certains départements se sont dépeuplées. En Algérie, ces causes morales de stabilité n'existent pas encore.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature