Leconte de Lisle,
Poèmes et Poésies
“ Mais, ô songe ! les morts se taisent à jamais. C’est le vent, c’est l’effort des chiens à leur pâture ; Cest ton morne soupir, implacable nature ! C’est mon cœur ulcéré qui pleure et qui gémit. Tais-toi. Le ciel est sourd, la terre te dédaigne. À quoi bon tant de pleurs si tu ne peux guérir ? Sois comme un loup blessé qui se tait pour mourir Et qui mord le couteau, de sa gueule qui saigne. Encore une torture, encore un battement. Puis, rien. La fosse s’ouvre, un peu de chair y tombe, Et l’herbe de l’oubli, cachant bientôt la tombe, Sur tant de vanité croît éternellement. ”
