Résumé

Les Deux morales en matière dogmatique… (1870)

Le rigorisme qu'on a banni consistait à respecter jusque dans ses derniers rameaux naturels l'arbre de la loi, cet arbre de la science du bien et du mal, auquel nul ne doit toucher et surtout dont aucun homme ne peut rien détacher à cause de sa haute origine et de sa dignité transcendante. On se délivre du rigorisme, on simplifie la morale, en tondant l'arbre, en l'ébranchant, en arrêtant le cours de sa sève par un obturateur sophistique ; réduit à l'état de soliveau, on peut le tourner de plus près sans s'y accrocher la conscience.
Source : Gallica

Les Deux morales en matière dogmatique… (1870)

Le bon sens naturel et l'honnêteté élémentaire disent que, pour être valable, toute donation doit être acceptée, d'où il suit que le donateur et le donataire concourent l'un et l'autre à la perfection de l'acte de transmission de la propriété; que celui qui reçoit assume la responsabilité de cet acte comme celui qui donne, et cela dans une proportion qui, pour être réduite autant qu'on le voudra, n'en reste pas moins réelle. Avant d'accepter, tout donataire honnête doit donc se mettre en esprit à la place du donateur et se demander : aurais-je pu faire en conscience ce qu'il a fait pour moi?
Source : Gallica

Les Deux morales en matière dogmatique… (1870)

Honorer Dieu par le luxe, c'est l'invoquer par l'intermédiaire de l'ange rebelle : une simplicité décente et austère est l'essence même du Christianisme. Le caractère indélébile de l'orgueil est l'insensibilité, l'égoïsme. Tout orgueilleux est sans entrailles, il n'a pas d'amis, pas de famille, pas de patrie. A ces traits, on reconnaît le luxe qui consiste dans le désir de paraître plutôt que dans le besoin d'être, qui ne vit que de vanité. Les besoins factices
que le luxe engendre sont plus impérieux que les besoins réels
Source : Gallica

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