Résumé

Les marins français depuis les Gaulois jusqu'à nos jours… (1886)

La mâture entière du vaisseau vient de crouler. Les hourrahs frénétiques des Anglais saluent à l'envi la chute du pavillon de commandement de l'amiral qui flotte au grand màt.
Hors de lui, et se croyant abandonné de sa flotte, Suffren n'en préfère pas moins une mort héroïque à la honte de se rendre.
Ne connaissant plus de bornes à son généreux désespoir, il s'élance sur la dunette, et là, l'œil étincelant, s'exposant, comme par une sublime bravade à tous les coups de l'ennemi, il crie d'une voix éclatante : - Des pavillons! des pavillons! qu'on apporte des pavillons blancs!
Source : Gallica

Les marins français depuis les Gaulois jusqu'à nos jours… (1886)

Mais le ciel prend pitié de ces braves et veut les réserver pour d'autres exploits. Le feu cesse complètement à bord du Ça-Ira dont les munitions sont épuisées et les poudres noyées : il n'y a plus moyen de combattre.
De leur côté, les Anglais suspendent leur tir et crient à l'équipage du Ça-Ira: — Braves marins français, rendez-vous !
C'est alors seulement que Coudé, cédant aux cris d'admiration et de générosité des ennemis, et voyant qu'il a fait au-delà du possible pour l'honneur de la France, amène un lambeau d'étendard que l'on distingue à peine à son bâton de pavillon.
Source : Gallica

Les marins français depuis les Gaulois jusqu'à nos jours… (1886)

Boucicaut encourage les siens par quelques paroles brèves mais chaleureuses, et tournant sa proue vers les Vénitiens, il ordonne une décharge d'artillerie. Après quoi on en vient à l'abordage. Ce n'est plus un combat mais un affreux carnage. Chaque pont offre le spectacle de corps sanglants, mutilés, de tronçons épars, d'hommes enlacés les uns aux autres, s'étreignant par la gorge et les flancs, s'insultant et s'enfonçant le poignard dans le cœur et dans la bouche, au moment où celle-ci s'ouvre pour proférer une dernière injure.
Source : Gallica

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