Léandre Vaillat

Résumé

Léandre Vaillat Paysages de Paris (1941)

Je suis au coin du Pont-au-Double; d'ici je ne vois de la façade qu'un profil, que dépassent en saillie les gargouilles repliées sur elles-mêmes, telles les feuilles d'acanthe d'un chapiteau au sommet d'une colonne; les trois étages ne se distinguent pas encore, mais se lient dans une masse de pierre armée de saillants comme la pile d'un pont; à ce môle fortifié, aux joints apparents, s'amarre le vaisseau gothique que vous apercevez dans toute sa longueur
et qui semble se balancer sur l'eau, tant son ordonnance paraît fragile à côté de l'épaisseur du bastion.
Source : Gallica

Léandre Vaillat Paysages de Paris (1941)

En quoi nous sommes pareils à ces jeunes gens qui débutent dans les lettres ou les arts et s'efforcent de mettre en un livre ou un tableau tout ce qu'ils savent et probablement plus qu'ils ne savent. Là encore, par amour du passé, nous le trahissons. Autrefois on aimait la sobriété. Il en était de l'aménagement d'une maison comme de sa façade; on y voulait peu d'ornements, mais excellents, une beauté qui tenait à l'harmonie, à la proportion des parties plus qu'à la profusion du décor, une aimable facilité et, pour tout dire d'un mot, de l'air.
Source : Gallica

Léandre Vaillat Paysages de Paris (1941)

Des moulures se tordent comme le lierre contre une muraille, des oiseaux se perchent sur la branche, un chien est couché près de sa niche, un singe enchaîné médite une grosse malice, un chou s'épanouit en fleuron, au sommet d'une accolade. Le regard va de détail en détail, vagabonde comme en un jardin de curé aux plates-bandes bordées de buis. L'architecture,
on l'oublie un peu, ou plutôt on a l'impression que l'artiste cherche à se faire pardonner, à force de naturel, l'audace d'installer son ouvrage au milieu de la nature.
Source : Gallica

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