Théo Varlet

Résumé

Théo Varlet La bella Venere

Christ est un imposteur, comme les autres, et ses serviteurs des fous ! S’il y avait un Dieu, ce serait celui-là, le Soleil ! Il n’y a pas d’âme immortelle. Il y a l’éternité jaillie pour nous du feu central de l’Univers, notre conscience passagère qui nous révèle celle, éparse dans chaque parcelle de la matière, dont nous comprenons, nous, seuls au monde, le détail et l’union. Il y a cette éternité dans laquelle nous baignons, cette volupté inégalable en nul paradis. Et qu’importe de mourir ; que cette conscience — éternelle, puisqu’elle fut un instant de l’Être infini !
Source : Gutenberg

Théo Varlet La bella Venere

Pygmalion s’élança, plongea, reparut, nageant de toutes ses forces vers la galère.
Mais ses vêtements s’imbibaient d’eau, le paralysaient ; le navire accélérait sa vitesse, filant comme une mouette sous l’effort de son triple rang de rames. Et, devant Pygmalion qui se débattait dans le sillage mousseux, Galatée mit un long baiser sur la bouche de son beau chevalier.
Alors, suffoquant, se débattant, il se souvint : — Jadis, « la posséder une fois, et mourir ! » avait-il dit ? — Dérision folle ! non ! il ne voulait pas mourir ! — la posséder ! toujours ! oui ! — Galatée ! c’est impossible !
Source : Gutenberg

Théo Varlet La bella Venere

Il s’étira, clignant des paupières au soleil, puis, face à César, bâilla démesurément.
La foule hurla de joie.
Les amants, inconscients, l’ignoraient. Loin de leurs frères, dans un monde nouveau... Ou bien c’étaient eux qui n’étaient plus les mêmes ?... Chrétiens ? pourquoi ces syllabes obsédantes ? Ils n’étaient pas chrétiens. Ils avaient oublié : cela était tombé de leur vie, comme une branche morte.
Les destins de leur jeunesse les menaient, à présent, et non plus les lois d’une religion triste, ce mauvais rêve d’autrefois.
Source : Gutenberg

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