Édouard d' Anglemont

Résumé

Édouard d' Anglemont Nouvelles légendes françaises… (1833)

Pare en contre de tierce, et, d'un coup de seconde, Porte à son adversaire une botte profonde, S'élance, et l'étreignant sous une main de fer, Crispant ses pâles traits d'un sourire d'enfer : « C'est toi qui m'arrachas à ma gentilhommière ; Toi qui m'as au combat fait perdre la lumière; Et sans me confesser, Mérigny, je suis mort !
A ton tour aujourd'hui ! tu vas subir mon sort !
Oui, l'enfer pour ton ame, et pour ton corps la tombe, Marquis! » Et Saint-André comme une masse tombe, Le visage aussi noir que l'aile d'un corbeau,
Jetant l'odeur d'un corps demeuré sans tombeau !
Source : Gallica

Édouard d' Anglemont Nouvelles légendes françaises… (1833)

Claire brune, à la lèvre et fraîche et purpurine, Au teint rose, aux yeux bleus, comptait quinze printemps; Et Michel, blond de lin;" sentait dans sa poitrine, Bondir un cœur de dix-huit ans.
Il demande la main de l'enfant; mais le père, Parce qu'il est sans bien, la refuse à ses vœux; Et l'amant, qui se désespère, Pleure et s'arrache les cheveux !
Pour secouer le poids du chagrin qui l'enchaîne, Il songe à se frapper du fer de son couteau, A s'élancer dans la marre prochaine, A se jeter dans le puits du château.
Source : Gallica

Édouard d' Anglemont Nouvelles légendes françaises… (1833)

Mais le ménétrier frappe son instrument ; Chaque femme aussitôt jette son vêtement ; Les mains avec les mains s'enlacent, et la danse Mêle au chant du sabbat sa grotesque cadence :
Élèves de Lucifer, On nous traite en race immonde Vengeons-nous, montrons au monde Qu'il faut respecter l'enfer !
Satan nous invite A des bonds joyeux I
Tournons à ses yeux, Tournons, tournons vite !
Et le chœur fendant l'air répète le refrain, Vomit une souris au pelage écarlate, Jette un denier d'argent dans le chaudron d'airain, Et du ménétrier l'étrange rire éclate !
Source : Gallica

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