Émile Cordonnier

Résumé

Émile Cordonnier Ai-je trahi Sarrail ? (1930)

Les Bulgares ne voient rien. L'obus ne vient pas.
L'apoplexie ne se produit pas. L'Anglais ne voit pas le dénouement qu'il attend.
Quand les grippements sont tels que la voix ne sort plus, quand la toux et les hoquets arrêtent les paroles, le général Sarrail, la main à la gorge, fonce sur le demi-cercle, passe et s'en va.
Les armées alliées conserveront leur Chef, la Patrie continuera à être mal servie, plusieurs centaines de mille hommes payeront de leur sang l'incapacité de celui que la politique a envoyé à Salonique et que le Gouvernement de M. Briand ne pourra pas relever.
Source : Gallica

Émile Cordonnier Ai-je trahi Sarrail ? (1930)

L'Orient, c'était la guerre de mouvement, la manœuvre dans de grands espaces, la guerre avec ses feintes et ses attaques, la mise en jeu du cerveau fertile en combinaisons, et non plus la brutale lutte qui donne le triomphe à qui peut répandre le plus de tonnes d'obus.
A Salonique, je vivrais à nouveau dans l'intimité du général Sarrail, comme jadis à Lyon, comme autrefois à Saint-Maixent et à Paris. Je croyais en la capacité guerrière du commandant de l'armée d'Orient ; j'attribuais à la politique sa disgrâce d'Argonne
Source : Gallica

Émile Cordonnier Ai-je trahi Sarrail ? (1930)

Aussi, quand le général Sarrail m'apprit la débâcle de la division du Danube, je m'écriai : « Sommes-nous encore maîtres du viaduc d'Eksisu ? »
Ma question : « Sommes-nous encore maîtres du viaduc d'Eksisu », avait produit une forte émotion chez le général Sarrail ; peut-être se souvenait-il des ordres qu'il avait donnés, en réponse aux demandes du colonel Descoins ? « Je vais faire télégraphier de le tenir coûte que coûte », s' écria-t-il.
Ce « coûte que coûte » est une expression dont les chefs de peu de valeur se servent facilement.
Source : Gallica

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