“ Tacite auguste, que les dieux vous protégent ! c’est vous que nous choisissons, que nous faisons empereur ! à vous la direction de la république et du monde entier ! Recevez l’empire des mains du sénat : il est bien dû à votre naissance, à vos vertus, à vos talents. N’est-ce pas justice que le prince du sénat soit nommé auguste ? n’est-ce pas justice de nommer empereur celui à qui appartient le droit de parler le premier ? Qui gouvernerait mieux qu’un homme sage, mieux qu’un homme lettré ? ”
Auguste II le Sage
Définition et enjeux
Citations sur “Auguste II le Sage”
Auguste Brizeux,
Œuvres de Auguste Brizeux
“ Le niveau du malheur tous deux vous égalise ; Vous avez su trouver, sous un chaume écarté, La science pieuse avec la liberté ; Tous deux quand vous passez, la paix sur le visage, Le sage a l’air d’un prêtre et le prêtre d’un sage. ”
Frédéric Masson,
Revue des Deux Mondes
“ Auguste n’a jamais été mieux ni plus fraîche. Autrement, sois-en bien sûr, ce n’est pas de ma santé que je me serais occupée. J’ai reçu, depuis que je suis à Aix, trois lettres de toi, du 15, du 19 et du 21. Je suis touchée de l’intérêt avec lequel l’Empereur t’a parlé de moi. Il sait qu’il n’y a pas de cœur qui lui soit plus dévoué que le mien. ”
Sénèque le Jeune,
Œuvres complètes
“ Il dut à cette clémence son salut et sa sécurité ; elle le rendit aimable et cher à son peuple, quoique la république ne fût pas encore façonnée au joug lorsque ses mains avaient saisi les rênes du gouvernement. Voilà ce qui aujourd’hui lui vaut une renommée dont les princes jouissent rarement de leur vivant. Si nous croyons qu’il est dieu, ce n’est pas par obéissance. Nous reconnaissons qu’Auguste fut un bon prince, et qu’il mérita le nom de Père de la patrie, parce que les paroles offensantes, qui souvent blessent les princes plus que les actions coupables, n’excitèrent jamais sa rigueur ”
E. Beulé, Études et portraits du siècle d’Auguste
“ Il était bon que le peuple fût guéri ou du moins refroidi par une série de césars improvisés, impuissans, méprisés, ridicules ; il était bon que le peuple apprit jusqu’où se ravalent des dieux fabriqués par la bassesse humaine et comment l’empire se dévore lui-même. Le fétichisme impérial, si soigneusement développé par Auguste et par Livie, ressemble au souffle d’un enfant qui se joue avec une bulle de savon, légère, transparente, fragile, et la soutient dans les airs. ”
Pseudo-Aurelius Victor, Épitomé de Caesaribus(Abrégé des Césars…
“ Au reste, qu’Auguste ait péri naturellement, ou de mort violente, le sénat crut devoir lui décerner les honneurs les plus grands et les plus inouïs. Car, outre le titre de père de la patrie, que déjà il lui avait déféré, il consacra des temples à sa mémoire, et dans Rome, et dans les villes principales de l’empire, et chacun alors de s’écrier à l’envi « qu’Auguste n’aurait jamais dû naître ou ne jamais mourir. » Il débuta en tyran, il finit en bon prince. En effet, pour monter à l’empire, on le vit opprimer la liberté ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ Ces compensations qu’Auguste offrait aux Romains en échange de leur liberté semblent leur avoir suffi. Le monde s’habitua vite au gouvernement nouveau et l’on peut dire qu’Auguste régna sans opposition. Les complots qui plus d’une fois menacèrent sa vie étaient l’œuvre de mécontents isolés ; ce n’était pas l’œuvre des partis. Et même peut-on dire qu’il y eût encore des partis en ce moment ? Auguste a pris soin de rappeler dans son testament tous les hommages que lui ont rendus pendant cinquante ans le sénat, les chevaliers et le peuple. ”
A. L. Delaroche, Les trésors de l'histoire et de la morale… (1802)
“ Jamais personne ne sut mieux que lui l'art de mettre tout à profit. Peu semblable aux princes qui veulent seulement qu'on les craigne , Auguste vouloit qu'on l'estimât. C'étoit pour y forcer toute la république , qu'il eut envie de quitter l'empire. ”
André Bonnefons, Un allié de Napoléon : Frédéric-Auguste… (1902)
“ Les violences de Napoléon viennent se briser au contact de la sérénité de Frédéric-Auguste, et l'obscurité, dans laquelle se complaît le roi de Saxe, s'illumine de tout l'éclat qui se projette sur l'empereur des Français. L'ambition du héros a comme pendant le désintéressement du prince, tandis que la quiétude de celui-ci s'anime sous l'ardeur de celui-là ! Si l'un possède au plus haut degré des dons hors de pair, l'autre, beaucoup moins favorisé, est doté de vertus morales qui commandent l'estime et désarment les colères ”
Gaston Boissier,
Revue des Deux Mondes
“ Bien que l’inscription que nous étudions porte pour titre : « Tableau des actions d’Auguste, » ce n’est pas véritablement toute sa vie qu’Auguste a voulu raconter. Il y a de grandes lacunes, et qui sont très volontaires ; il ne tenait pas à tout dire, lorsqu’à soixante-seize ans, au milieu de l’admiration et du respect de l’univers, le vieux prince jetait les yeux sur le passé pour en tracer ce résumé rapide, il y avait bien des souvenirs qui devaient le gêner. Il n’est pas douteux, par exemple, qu’il n’éprouvât une grande répugnance à rappeler les premières années de sa vie politique ”
Guglielmo Ferrero,
Revue des Deux Mondes
“ Il y avait pourtant dans l’Empire un homme qui ne croyait pas à cette belle légende d’Auguste, qui s’en défiait et en avait presque peur : c’était Auguste. Depuis cinquante ans les historiens répètent à qui mieux mieux qu’Auguste travailla pendant toute sa vie, avec une persévérance qui ne se démentit jamais, à concentrer, comme César, tous les pouvoirs entre ses mains sans en avoir l’air, à revêtir de vieilles formes républicaines, auxquelles l’œil des contemporains était accoutumé, la nouvelle monarchie, dont il façonnait secrètement, à l’insu de tous, la forte ossature. ”
Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
“ Le sénat ne perdit rien de ses honneurs ; il conserva même toujours de très-grands droits. Auguste partagea avec lui toutes les provinces de l’empire ; mais il retint pour lui les principales : enfin, maître de l’argent et des troupes, il fut en effet souverain. Ce qu’il y eut de plus étrange, c’est que Jules César ayant été mis au rang des dieux après sa mort, Auguste fut dieu de son vivant. Il est vrai qu’il n’était pas tout à fait dieu à Rome, mais il l’était dans les provinces. Il y avait des temples et des prêtres. L’abbaye d’Ainay, à Lyon, était un beau temple d’Auguste. ”
Edward Gibbon,
Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain
(1819)
“ À la mort de ce prince, son testament fut lu publiquement dans le sénat : Auguste laissait à ses successeurs, comme une utile portion de son héritage, l’avis important de resserrer l’empire dans les bornes que la nature semblait avoir elle-même tracées pour en former à jamais les limites et les remparts : à l’occident, l’océan Atlantique ; le Rhin et le Danube au nord ; l’Euphrate à l’orient ; et vers le midi, les sables brûlans de l’Arabie et de l’Afrique [4] . ”
Catalogue des tableaux, statues et autres objets d'arts exposés dans le musée de Grenoble (1834)
“ De la hauteur de sa joie, son auguste regard, pénétrant dans l'infini, s'étend bien au-delà de sa victoire. Le dédain siège sur ses lèvres, l'indignation qu'il respire gonfle ses narines et monte jusqu'à ses sourcils. ”
André Bonnefons, Un allié de Napoléon : Frédéric-Auguste… (1902)
“ On parle souvent d'un électeur de Saxe, recevant l'investiture royale des mains de Napoléon, et emmené en captivité après la bataille de Leipzig, mais on omet de dire qui fut ce monarque. Et, cependant, le nom du rare allié attaché à l'empereur dans la mauvaise fortune mérite d'être rappelé ; la vie du généreux souverain, que les vicissitudes des choses humaines ne rendent point oublieux ni ingrat, est digne d'être racontée. Frédéric-Auguste, quels qu'aient été ses défauts, est une belle figure, un noble caractère. ”
Charles Giraud,
Oeuvres mêlées de Saint-Évremond…
(1865)
“ Quand Auguste veut donner des bornes à l'empire, c'est, à son avis, par une jalouse appréhension qu'un autre n'ait la gloire de les étendre. Le même empereur, s'il en est cru, prend des mesures pour s'assurer les regrets du peuple romain, ménageant artificieusement les avantages de sa mémoire, par le choix de son successeur 1. ”
Edward Gibbon,
Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain
(1819)
“ Malgré ces probabilités, la dernière de ces deux conclusions est positivement contraire au langage et à la conduite d’Auguste. Il n’est point aisé de décider si ce prince voulut agir comme le père commun de l’univers ou comme l’oppresseur de la liberté ; s’il désira d’adoucir le sort des provinces, ou d’appauvrir le sénat et l’ordre équestre. Quoi qu’il en soit, à peine eut-il pris les rênes du gouvernement, qu’il affecta souvent de parler de l’insuffisance des tributs, et de la nécessité où il se trouvait de faire supporter à Rome et à l’Italie une partie des charges publiques [110] . ”
“ Alexandre Auguste, que les dieux te conservent ! Honneur à ta modestie, à ta prudence, à ton innocence, à ta chasteté ! Nous jugeons par là de ce que tu dois être un jour. Nous augurons bien de toi. Par toi, le sénat aura élu de bons princes ; par toi, le jugement du sénat aura été le meilleur possible. Alexandre Auguste, que les dieux te conservent ! Qu’Alexandre Auguste fasse la dédicace des temples des Antonins ! Notre César, notre Auguste, notre empereur, que les dieux te conservent ! À toi la victoire ! à toi la santé ! puissent se prolonger les années de ton règne ! ”
Gaston Boissier,
Revue des Deux Mondes
“ Au début des Annales, en résumant le règne d’Auguste, il rappelle « que c’est dans l’intérêt de la paix publique qu’on a été amené à concentrer l’autorité dans la main d’un homme, » et il n’ajoute pas qu’on ait eu tort de le faire ; il accepte donc la monarchie comme Auguste l’a faite, ou, si l’on veut [8] , il s’y résigne. Ce n’est point un gouvernement idéal, un de ceux dont les philosophes nous font des tableaux enchanteurs dans leurs ouvrages. Comme toutes les choses humaines, il a ses qualités et ses défauts ”
André Bonnefons, Un allié de Napoléon : Frédéric-Auguste… (1902)
“ En dépit donc d'une contradiction plus apparente que réelle entre ses sentiments et ses actes, la vie de Frédéric-Auguste fut pleine d'unité, elle se signala par la pratique constante de toutes les vertus. Or il n'y a point de dualité dans le bien, qui, s'il est variable dans ses manifestations, demeure un dans son essence. Que ce soit sur les marches du trône ou dans la condition la plus effacée, au sein de l'opulence ou dans les affres de la misère, il est partout le même. ”
“ L’empereur que nous avons nommé, vieillard auguste, veillera sur tous comme un père. On n’aura, certes, à craindre de sa part ni erreur, ni précipitation, ni rigueurs. N’attendons de lui que sagesse et dignité ; la République elle-même commandera par sa voix : car il sait bien, lui, quel empereur il a toujours désiré, et il ne nous montrera d’autres qualités que celles qu’il a toujours souhaitées et voulues. ”
André Bonnefons, Un allié de Napoléon : Frédéric-Auguste… (1902)
“ En remontant jusqu'à cette date, nous nous sommes moins proposé d'écrire l'histoire de la Saxe que de pénétrer, suivant l'expression à la mode, l'état d'âme d'un prince dont la vie fut un moment si intimement mêlée aux aventures de Napoléon. Plus la personnalité de Frédéric-Auguste aura été mise en relief, plus on comprendra facilement les qualités et les défauts qui ont marqué sa politique au cours des vicissitudes traversées par la Saxe. N'est-il pas opportun d'exposer des faits qui, en même temps qu'ils révèlent le caractère d'une individualité, renferment une grande leçon morale ? ”
Jules Janin,
Revue des Deux Mondes
“ Le simple poète qui passa sa vie à l’ombre active et sérieuse de l’empereur Auguste, à ce moment solennel de l’histoire du monde où la république romaine n’existe plus, où la monarchie universelle n’est pas encore établie, cet homme-là, s’il est en effet un de ces rares esprits dont la postérité doit recevoir sa joie, son instruction et son plaisir, n’aura presque rien à dire de lui-même. ”
Claude-Joseph Drioux, Nouveau cours d'histoire et de géographie… (1880)
“ Auguste encouragea les arts et fit élever dans Rome une foule de monuments qui la transformèrent complétement. Son règne fut plus pacifique que guerrier. Cependant il voulut dompter les peuplades indépendantes qui se trouvaient dans l'intérieur de l'empire, et il chargea Drusus et Tibère de quelques expéditions sur le Rhin et sur le Danube. En général le succès couronna les efforts des armées romaines, mais la cruauté de Varus ayant excité les Germains à la révolte, Auguste apprit avec douleur que les légions avaient été taillées en pièces par ces barbares. ”
“ Mais, par le nom d’Auguste ! ce n’est pas moi qui suis dieu : l’apothéose est une gloire vaine des ombres. Je vis ! Mes os agitent harmonieusement encore les nombres de toutes leurs faces. C’est Auguste. Il est tout en bronze au bout de l’Épine du Plus-Grand-Cirque, et on le voile, lui, à chaque égorgement des jeux. ”
Charles Louis Alexandre Coriolis d'Espinouse, Le tyran, les alliés et le roi… (1814)
“ Chacun se croit bon juge de ses qualités ; on peut contester là-dessus. Mais sur une longue, suite d'aïeux sur le trône, il n'y a pas moyenne contester. C'est ce que rend très-sensible, à mon avis, l'acception moderne du mot auguste. Un Roi nouveau, quelque grand qu'il puisse être, ne sera jamais un Roi auguste. Il y a toujours je ne sais quoi de factieux sous les hommages qu'on rend à un usurpateur. ”
Gaston Boissier,
Revue des Deux Mondes
“ Ce n’était pas du reste la seule compensation qu’Auguste offrît aux Romains : il leur en donnait de plus nobles, par lesquelles il cherchait à légitimer son pouvoir. S’il demandait au peuple le sacrifice de sa liberté, il prenait soin de combler de toute sorte de satisfactions son orgueil national. Personne n’a mieux que lui fait respecter Rome au dehors ; personne ne lui a donné tant de sujets d’être fière de cet ascendant qu’elle exerçait autour d’elle. ”
Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
“ Quand on ne l’appelle qu’Auguste, on le désigne quelquefois sous le titre de : Auguste II (le premier est Auguste le Pieux, mort en 1258) . Frédéric-Auguste II est ainsi appelé Auguste III. Ces dénominations ont été causes de confusions. Voyez les chapitres iii, v et vii du Précis du Siècle de Louis XV. ↑ Il est mort en 1763. Ses successeurs sont : Frédéric-Christiern Léopold, né en 1722, électeur le 5 octobre 1763, mort le 17 décembre de la même année ;Frédéric-Auguste III, né en 1750, électeur le 17 décembre 1763, devenu roi de Saxe en 1807, mort en 1827. ”
Nicolas-Louis Achaintre, Cours de thèmes composé de traits d'histoire… (1867)
“ Rien ne contribue plus à la gloire d'un prince que son affabilité pour les savants et la protection dont il les honore. Ils s'empressent de faire passer à la postérité la mémoire de ses vertus et de ses belles actions. Lorsque Auguste se vit tranquille possesseur de l'empire, il se livra dans ses loisirs au doux commerce des Muses, et son palais devint le séjour des gens de lettres. Jamais ils n'eurent un protecteur plus zélé et plus magnifique ”
Voltaire,
Œuvres complètes de Voltaire
“ Ses rois étaient en guerre, et se réunissaient contre le roi de Suède. Auguste était depuis longtemps remonté sur le trône de Pologne avec l’aide du czar et du consentement de l’empereur d’Allemagne, d’Anne d’Angleterre, et des États-Généraux, qui, tous garants du traité d’Alt-Rantstadt quand Charles XII imposait les lois, se désistèrent de leur garantie quand il ne fut plus à craindre. ”
De Genrupt, Galerie historique des femmes les plus célèbres de tous les temps et de tous les pays… (1858)
“ Et c'est de ce roi mort que l'on entend parler ensuite comme père d'enfants qui naissent au hasard, comme ayant été sur le point d'être brûlé dans un bal masqué, où cet insensé figurait déguisé en sauvage. Ombre auguste, malheureuse et plaintive, autour de laquelle s'agitait, un monde réel de sang et de fêtes ! Spectre royal dont on empruntait la main glacée pour signer des ordres de destruction, et qui, innocent des actes revêtus de son nom à la lumière du soleil, revenait, la nuit, parmi les vivants pour gémir sur les maux de son peuple. ”
André Bonnefons, Un allié de Napoléon : Frédéric-Auguste… (1902)
“ Seul, ou presque seul, Frédéric-Auguste, malgré le sentiment de ses sujets, restera inébranlablement dévoué à l'empereur. Mais il n'est plus de bonheur pour lui : il va assister à l'invasion de son royaume, être témoin d'une horrible effusion de sang. Enveloppé dans le désastre de Napoléon, il entendra à son adresse les récriminations les plus dures, subira avec douleur les représailles des souverains coalisés et paiera de sa liberté son attachement au sort de nos armes. ”
