Dominique Dorval

Définition et enjeux

Portrait de Léo Larguier Léo Larguier L’An mille…

Le grand orateur, le prodigieux visionnaire qu’était Dominique Dorval, se laissait aller aux évocations qu’il aimait, et l’on eût dit qu’il revoyait dans ce salon les êtres d’exception qui y avaient vécu.
Aubert, continua-t-il, nous avons beau être ce que nous sommes, le passé nous ensorcellera toujours. Il y a une magie merveilleuse dans le souvenir de ce qui n’est plus. Les grands hommes que nous admirons semblent élevés sur un pavois, en plein azur... La vieille altesse impériale qui habitait ici n’était sans doute qu’une vieille inquiète et ne comprenant rien à tout ce qui lui arrivait.
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Tous se taisaient ; on entendait vaguement au loin la voix inhumaine d’un haut-parleur qui devait donner, comme chaque soir, des nouvelles du monde et madame Duthiers-Boislin, son mari et M. Robert d’Elantes songeaient invinciblement au général Malglève dont le président du Conseil avait prononcé le nom.
On eût dit qu’il venait d’entrer dans le salon. Après Dominique Dorval, il était l’homme le plus illustre d’Europe, depuis la dernière guerre qu’il avait menée souverainement et terminée en quelques semaines.
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Je vais te faire un présent divin ; je t’apporte la sainte lumière. Regarde... Regarde... Et le nouveau venu tournant un commutateur, le lustre du plafond, les appliques, les lampes posées sur les meubles s’allumèrent ensemble. Ils s’étaient levés et madame Duthiers-Boislin alla au-devant de lui :
— Tu es un magicien, Dominique, la lumière elle-même t’obéit.
Dominique Dorval embrassa sa vieille amie et traversa le salon en la tenant par la taille.
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