“ Mais Esterhazy et ses amis de l’État-Major qui, quelques jours après, allaient raconter sérieusement la fable ridicule de la Dame voilée, savaient qu’ils pouvaient tout se permettre. D’avance, les grands chefs couvraient tout ; d’avance, les journaux de l’État-Major acceptaient tout. Il vient pourtant une heure où les plus crédules se réveillent et où ils regardent ; que l’on veuille donc regarder le récit d’Esterhazy dans la Libre Parole. Il en résulte d’abord qu’Esterhazy ne conteste pas la ressemblance, l’identité de son écriture avec celle du bordereau. ”
Georges Esterhazy
Définition et enjeux
Georges Esterhazy, personnage central de l’affaire Dreyfus, est principalement connu pour son implication dans l’affaire du bordereau, un document falsifié qui a déterminé le sort de l’officier Alfred Dreyfus. Plusieurs auteurs, comme Jean Jaurès ou Joseph Reinach, ont examiné son rôle à travers des angles d’analyse divers : Jaurès met en évidence l’identité absolue de l’écriture entre le bordereau et Esterhazy, tandis que Reinach étudie ses liens avec les réseaux du Général-État-Major.
Louis Frank et Caroline Rémy, eux, soulignent ses contradictions morales et les enjeux de l’enquête qui l’a désigné comme coupable. Ces analyses, fondées sur des sources contemporaines, dévoilent une figure complexe, à la fois acteur de l’affaire et source de débats.
Citations sur “Georges Esterhazy”
comtesse de Louise-Eléonore-Charlotte-Adélaide d'Osmond Boigne, Récits d'une tante (Vol. 2 de 4…
“ On ne la voyait presque jamais sans lui: à pied, en voiture, à la ville, à la campagne, dans le monde, partout on les trouvait ensemble; et pourtant personne ne croyait à l'union sincère de ce ménage.Le prince Paul Esterhazy, grand seigneur, bon enfant, ne manque ni d'esprit, ni de capacité dans les affaires. Il est infiniment moins nul qu'un rire assez niais a autorisé ses détracteurs à le publier pendant longtemps. Il est difficile de se présenter dans le monde avec autant d'avantages de position sans y exciter des jalousies. ”
“ Mais ce qu’on ne peut expliquer ainsi, c’est la ressemblance absolue, l’identité complète. Quand il y a rencontre fortuite entre l’écriture de deux hommes, il y a toujours quelque trait où se trahit la différence de main. Or, entre l’écriture du bordereau et celle d’Esterhazy, la ressemblance est entière, trait pour trait, point pour point ; il n’y a pas un détail, si léger soit-il, qui diffère. Voilà pourquoi Esterhazy et l’État-Major ont dû renoncer au système moins dangereux, mais trop insuffisant dont parle encore, le 16 novembre, M. Pauffin. ”
