“ On arrivera alors à la définition suivante : la psychasténie est une forme de la dépression mentale caractérisée par l’abaissement de la tension psychologique, par la diminution des fonctions qui permette d’agir sur la réalité et de percevoir le réel, par la substitution d’opérations inférieures et exagérées sous la forme, de doutes, d’agitations, d’angoisses et par des idées obsédantes qui expriment les troubles précédents et qui présentent elles-mêmes, les mêmes caractères. ”
Psychasténie
Définition et enjeux
Citations sur “psychasténie”
Charles-Albert Cordier, Les états psychasténiques frustes de la guerre (1916)
“ Les troubles de la personnalité qui déflnissent la psychasténie ne sont pas tels dans la plupart des cas qu’ils imposent une opinion d’emblée au médecin à qui yiennent se confier les malades. Bien plus parfois, et c’est particulièrement juste pour les états psychasté-niques frustes, c’est-à-dire ceux que nous avons en vue, on hésite à les prendre pour des anormaux. ”
Édouard Nicard, Le langage des éleveurs de chevaux de courses (1902)
“ Pourquoi nier l'influence de la ligne nulle et proclamer au contraire celle de la ligne féminine ? Il y a là plus que de la mauvaise foi, c'est de la maladresse. On rencontre dans ces manières de procéder une cause générale afférente à la constitution du cerveau humain. Il faut, pour expliquer ce genre d'erreurs dans la logique, s'être livré à l'étude des Obsessions et de la Psychasténie. Bruce Lowe est un obsédé de ses théories sur les lignes au point qu'il y rapporte des faits qui y sont totalement étrangers. ”
Paul Rebierre, Le timide délinquant : la question de responsabilité et l'expertise (1914)
“ Mais les troubles qui portent sur le cortex, — et qui, par ce fait même qu'ils portent sur le cortex, se manifestent par des insuffisances psychologiques — sont tout aussi bien des troubles physiologiques. Là vraie cause profonde de l'obsession, comme la vraie cause profonde de toute maladie mentale, réside donc en un trouble fonctionnel du cortex, trouble,qui a lui-même une cause physique. Pour en établir la nature, servons-nous d'abord de ce' guide précieux, et d'ailleurs indispensable, qu'est l'analyse psychologique : (I) Arnaud, in Traité de Pathologie mentale, de Gilbert Ballet. ”
Alfred Fouillée,
Revue des Deux Mondes
“ Les émotions intellectuelles, esthétiques, morales, ne renferment elles-mêmes, comme sentimens et émotions, que des ingrédiens corporels, qui, en somme, sont leurs élémens constitutifs. Figurez-vous, dit M. James, quelque forte émotion et essayez d’abstraire de votre conscience toutes les sensations de ce qu’on appelle ses symptômes corporels caractéristiques, vous trouverez qu’il n’y a rien derrière, aucune « étoffe mentale » avec laquelle vous puissiez former l’émotion : tout le résidu, au point de vue mental, sera un état froid et neutre de perception intellectuelle. ”
Emmanuel Régis, Précis de psychiatrie (5e édition… (1914)
“ C'est pourquoi nous estimons qu'il y a là bien moins une diminution de la conscience personnelle que la fragmentation des divers éléments de la conscience personnelle, c'est-à-dire de IR personnalité consciente. Le trouble psychique, dans l'obsession, est, si l'on pouvait parler ainsi, plus un trouble de la Personnalité consciente qu'un trouble de la conscience. ”
Paul Sollier,
Le mécanisme des émotions : leçons faites à l'Université nouvelle de Bruxelles…
(1905)
“ Comme je le disais plus haut, c'est, en effet, lorsque l'organe présente un trouble quelconque, ou, après un arrêt, reprend son fonctionnement, que l'on peut le mieux apprécier la conscience que nous avons de ce fonctionnement. Tous les malades atteints de mélancolie au début, de neurasthénie, d'obsessions, de phobies, de dépersonnalisation, de confusion mentale, décrivent de la même façon leurs sensations cérébrales: c'est tantôt une sensation de vide, ou de pesanteut, ou d'engourdissement, de torpeur invincible. ”
Emmanuel Régis, Précis de psychiatrie (5e édition… (1914)
“ Ainsi, un trouble général de l'activité, excitation ou dépression, dénote un état de manie ou de mélancolie, tandis que l'absence de ce. trouble général indique la folie systématisée ; de même la mobilité dans les idées, l'incohérence, les illusions sensorielles et mentales, l'excitation désordonnée des discours et des actes caractérisent la manie aiguë ; les idées de culpabilité, d'humilité, de ruine, de damnation, de perdition, les hallucinations, le refus de parler, de manger, de bouger, les idées de suicide sont le propre de la mélancolie ”
E. Caro, Revue des Deux Mondes
“ Dans le premier groupe, nous rangerons tous les phénomènes de la vie mentale, qui sont sensiblement subordonnés aux conditions de l’organisme, par exemple, les anomalies et les troubles divers de la perception externe, les instincts et spécialement ceux qui se rapportent à la vie physique, les habitudes et les passions, particulièrement celles qui se rapportent à la vie de sensation, enfin les nombreuses variétés de la psychologie morbide. ”
Emmanuel Régis, Précis de psychiatrie (5e édition… (1914)
“ La confusion mentale est pour nous, ainsi que nous l'avons dit, le type du trouble psychique acquis, de la véritable maladie psychique ; c'est elle qui exige le moins de prédisposition constitutionnelle et qui correspond le plus parfaitement, dans le domaine de la psychiatrie, aux maladies viscérales conçues d'après les théories modernes de la Pathologie générale. ”
Charles Fiessinger,
Les maladies des caractères : étude de physiologie morale
(1916)
“ Les psychasthéniques sont, comme les neurasthéniques, des intoxiqués, mais des intoxiqués affligés d'une habitude mentale — habitude motrice dans les tics, habitudes émotives dans le sens d'une idée angoissante qui se fixe. ”
Emmanuel Régis, Précis de psychiatrie (5e édition… (1914)
“ Les troubles de la personnalité consciente dans les psychoses, sont, de tous, les plus fréquents. Ils se traduisent soit par une modification de la personnalité propre pouvant aller jusqu'à la disparition du sentiment de son existence (manie, mélancolie dépressive et anxieuse) ; soit par la coexistence d'une personnalité propre et d'une personnalité délirante (psychoses mystiques avec dédoublement de la personnalité) ”
Emmanuel Régis, Précis de psychiatrie (5e édition… (1914)
“ La psychologie n'étant pas encore parvenue à définir avec précision la conscience et la personnalité, il est difficile, par cela même, de définir exactement les altérations morbides qu'elles peuvent subir. ”
Emmanuel Régis, Précis de psychiatrie (5e édition… (1885)
“ On n'a qu'à se reporter au tableau que nous avons tracé de ces deux formes mentales pour comprendre toute l'intelligence, toute l'astuce, et toute la fourberie que mettent ces malades au service de leurs instincts pervers. Avec des apparences de raison, ou tout au moins avec une apparente conservation des facultés intellectuelles qui fait qu'ils en imposent au public pour des individus sains d'esprit et trouvent moyen de présenter comme réelles leurs calomnies et leurs inventions machiavéliques, ce sont peut-être de tous les pires des aliénés. ”
Émile Garçon,
Éléments de médecine mentale appliqués à l'étude du droit…
(1906)
“ C'est là, Messieurs, que la psychiatrie va nous être d'un grand secours, car nous ferons une véritable dissection psychologique de l'aliéné délirant qui nous révélera, grâce à son état pathologique, le fonctionnement de son Moi intime et nous fournira des données infiniment précieuses. Comme je vous l'ai dit, c'est la pathologie qui éclaire la physiologie. Les artifices de laboratoire parviennent difficilement à disjoindre les éléments mêmes du mécanisme psychique si délicat, si compliqué chez l'homme normal. ”
Traité de pathologie mentale, publié sous la direction de M. Gilbert Ballet… (1903)
“ Il n'en est plus ainsi lorsque du fait d'un trouble acquis ou d'une constitution psychopathique congénitale il vient à se produire un état plus ou moins accentué de dissociation, de désagrégation psychique; D'une partie pouvoir de synthèse mentale s'affaiblit, et d'autre part, en raison même de cet affaiblissement certains faits psychiques se groupent en Synthèses partielles qui se détachent de plus en plus de la conscience personnelle, tendent à devenir autonomes et. finissent même par être, à un moment donné, prépondérants. ”
Paul Joire,
Traité de l'hypnotisme expérimental et thérapeutique…
(1908)
“ On peut, par ce moyen, plonger ses regards dans l'obscure domaine de l'inconscient et de l'automatisme psychologique. Les expériences de dissociation des phénomènes psychiques permettent d'analyser, d'une facon minutieuse, les éléments constitutifs de la personnalité. L'intelligence, la mémoire, la volonté, les sentiments, les émotions, les sensations, peuvent être, parla suggestion, surexcités,augmentés,diminués,abolis ou modifiés, combinés de mille façons, presque sans limites assignables. ”
Émile Léon Poincaré, Leçons sur la physiologie normale et pathologique du système nerveux… (1873-1874)
“ Quand l'action dépressive est moins prononcée, les troubles intellectuels consistent dans de l'apathie et dans la difficulté de la pensée. Toutes les opérations de l'intelligence, la formation des idées, le réveil des souvenirs, les raisonnements se font avec une extrême lenteur. ”
Emmanuel Régis, Précis de psychiatrie (5e édition… (1914)
“ L'obsession est à la fois un trouble mental et un trouble nerveux, c'est-à-dire un état mixte, neuro-psychopathique, intermédiaire pour ainsi dire entre la névrose et la psychose et représentant une sorte de transition entre les deux. Dans sa forme élémentaire, la phobie diffuse, l'obsession anxieuse est une pure névrose ; dans la phobie systématisée, mais surtout dans l'obsession idéative ou impulsive, c'est déjà un état mixte, neuro-psychopathique. ”
Traité de pathologie mentale, publié sous la direction de M. Gilbert Ballet… (1903)
“ L'intelligence et la volonté présentent dans leur fonctionnement des altérations correspondantes qui, toutes, se résument en des phénomènes d'inhibition la timidité; l'irrésolution, la perplexité, les scrupules, le besoin de vérifications incessantes et de l'affirmation d'autrui, la répugnance pour tout ce qui est nouveau ou inconnu, ces traits caractéristiques de l'état mental des douleurs sont l'équivalent psychologique de l'hésitation et de l'incertitude des mouvements. ”
Emmanuel Régis, Précis de psychiatrie (5e édition… (1914)
“ Pour se faire une idée à peu près nette de la confusion mentale, au point de vue psychique, il faut se la représenter, suivant la définition que nous en avons donnée, comme un état d'engourdissement toxique de l'activité intellectuelle supérieure, avec domination plus ou moins complète de l'activité onirique sous-consciente ou inconsciente. ”
Emmanuel Régis, Précis de psychiatrie (5e édition… (1914)
“ Le trouble dominant de l'idéation, dans la mélancolie, est la concentration pénible de l'esprit. Cette concentration pénible de l'esprit se traduit par la limitation et la fixité des idées, contrastant avec la mobilité et la diffusion que l'on trouve dans la manie. Ici, l'être tout entier se replie douloureusement sur une série de pensées et s'absorbe dans leur incessante méditation. ”
Joseph Grasset,
Traité pratique des maladies du système nerveux…
(1881)
“ Le plus souvent il y a eu une impression psychique : conscience d'être observée, désir d'attirer l'attention sur soi, vue de plusieurs personnes l'observant et l'interrogeant, émotions vives, peine ou joie, colère, etc. ”
Lucien Pron, Influence de l'estomac et du régime alimentaire sur l'état mental et les fonctions psychiques (1901)
“ Dans le domaine de l'âme intellectuelle et volontaire, on trouve les cauchemars, les terreurs nocturnes, l'inattention, l'obnubilation intellectuelle, l'amnésie, l'aboulie, l'aphasie, le vertige, les hallucinations, les idées fixes, le délire aigu, la folie. ”
Gaston-Henri Niewenglowski, Dictionnaire pratique de médecine et d'hygiène (1921)
“ Du côté de l'état mental dont les troubles sont constants, on observe des modifications de la sensibilité morale et du caractère — émotivité, irritabilité, indocilité, tristesse, mobilité — de l'affaiblissement de l'intelligence, de la perte de la mémoire, des hallucinations de la vue, quelquefois du délire aigu. ”
Emmanuel Régis, Précis de psychiatrie (5e édition… (1914)
“ Il en est de même chez qui l'impressionnabilité extrême de l'intelligence et de la sensibilité, résultat de la névrose, se traduit par des qualités supérieures d'esprit et de cœur, admirablement employées. ”
Witold Lemanski, Notions élémentaires de psychologie physiologique… (1916)
“ Mais si elle envahit trop violemment le champ de la conscience, si l'inhibition n'intervient pas, si elle s'accompagne d'un tonus affectif élevé, elle devient morbide et constitue l'obsession, avec l'anxiété ou la phobie. L'obsession est déterminée par une idée fixe émotive qui s'impose, dont on ne peut se débarrasser, qui crée un émoi intellectuel et des troubles organiques prolongés: La concentration empêche l'association des idées, diminue la vigueur de la phase associative, ralentit, diminue ou supprime les réactions, diminue consécutivement la volonté. ”
Emmanuel Régis, Précis de psychiatrie (5e édition… (1914)
“ Ce qui domine, dans les troubles asthéniques de la personnalité, c'est que le malade a la pleine conscience de ce relâchement, variable suivant les instants, des éléments composant son moi et que, témoin perspicace et trop attentif des phénomènes étranges que cette ptose psychique détermine en lui, il en éprouve, surtout aux heures de paroxysme, une inquiétude, une anxiété caractéristiques. ”
Congrès international de psychiatrie de neurologie de psychologie et de l assistance aux aliénés, Compte rendu des travaux du 1er Congrès international de psychiatrie… (1908)
“ L'état mental diffère par des caractères fondamentaux : chez le confus, on constate souvent de l'anxiété, du malaise, le sentiment intime de son incapacité psychique, de sa désorientation: chez le paralytique, ces états sont remplacés par de l'apathie, de l'indifférence ou du contentement, l'absence de toute recherche et de tout effort pour combler les lacunes de l'amnésie, se reconnaître dans le milieu, etc. ”
Gaston Rageot,
Revue des Deux Mondes
“ Il est donc probable que les modifications centrales provoquent pareillement des phénomènes de conscience : pourquoi les changemens profonds auraient-ils moins d’influence que les changemens superficiels ? Certains sentimens, tels que ceux de gêne, de fatigue, d’allégresse dans l’esprit, surtout les troubles mentaux, les angoisses hystériques, les insuffisances psychasthéniques, ne peuvent sans doute s’expliquer autrement : ils sont le retentissement psychologique de l’excitation ou de la dépression nerveuses qui est la loi la plus générale de la pathologie. ”
Emmanuel Régis, Précis de psychiatrie (5e édition… (1885)
“ Ceux-ci se font remarquer, dès leur jeune âge, par un manque absolu d'équilibre dans les facultés, par un défaut de pondération- et d'harmonie, l'absence de suite dans les idées et de logique dans la conduite, par une prédominance manifeste du tempérament nerveux, une impressionnabilité maladive, une tendance marquée à l'excitation ou à la dépression morale sous l'influence de la moindre cause, quelquefois à des alternatives d'excitation et de dépression. ”
Emmanuel Régis, Précis de psychiatrie (5e édition… (1914)
“ A vrai dire, il n'est peut-être pas une condition pathogène, héréditaire ou acquise, individuelle où collective, morale ou physique, externe ou interne, qui ne puisse devenir, dans des circonstances données, une cause de psychopathie. ”
Emmanuel Régis, Précis de psychiatrie (5e édition… (1914)
“ L'aspect général des sujets atteints de confusion mentale ressemble dans une certaine mesure à celui des mélancoliques. C'est la même torpeur, la même inertie dans l'état calme, la même agitation factice dans l'état de délire et d'excitation. Toutefois, dans la confusion mentale, l'expression, les traits; l'attitude, la mimique trahissent simplement la lenteur, l'indifférence, l'étonnement, l'hébétude, mais non la tristesse, la douleur ou l'anxiété (voy. fig. 29) . ”
Émile Garçon,
Éléments de médecine mentale appliqués à l'étude du droit…
(1906)
“ Dès que nous percions le contact avec notre monde intérieur, nous redevenons le jouet de nos sens, et tout se passe pour nous comme si tout était au dehors. Cette puissance de l'extériorisation normalement jugulée par un moi conscient, sera la clé de beaucoup de désordres cérébraux. 6. — En temps normal, les représentations mentales s'effectuent à notre insu. Ce qui n'empêche que beaucoup de gens ont l'aptitude à se représenter, quand ils le veulent, ce à quoi ils pensent. ”
Maurice Debove, Traité élémentaire de clinique médicale… (1905)
“ Psychoses polynévritiques. — Leurs traits principaux sont : l'amnésie des faits récents ou tout proches, les pseudo-réminiscences, la dépression intellectuelle, les obsessions hypocondriaques, sans parler des troubles sensitifs ou moteurs propres aux névrites. VI. Troubles psychiques liés à un arrêt du développement du cerveau. — Idiotie ou démence congénitale. — Chez ces malades, l'intelligence est nulle ; la parole est remplacée par des sons inarticulés ; les mouvements tantôt continuels (excitation) , tantôt rudimentaires (immobilité) sont tous réflexes. ”
Emmanuel Régis, Précis de psychiatrie (5e édition… (1885)
“ L'aliénation mentale existe-t-elle d'un seul côté, ou dans les deux lignées à la fois, paternelle et maternelle ? Y a-t-il déjà, dans la génération à laquelle appartient l'individu suspecté, quelques exemples d'excentricité, de névroses, de folie, de dégénérescence intellectuelle, ou, au contraire, des signes de constitution normale? ”
