Louis Bloch

Élements biographiques

Louis Bloch Paris qui dort (1887)

Quand l'heureux chiffonnier, possesseur d'une rue fertile, parle de son domaine, il dit : « Ma rue » ; quand il parle de votre hôtel, il dit : « Mon hôtel » ; quant à ceux qui l'habitent, il les appellent dédaigneusement : « Ses redevanciers. »
On sait d'ailleurs que les membres de cette corporation sont, pour le plus
grand nombre, des déclassés auxquels rien n'est étranger, ni le beau langage quoiqu'ils le dédaignent, ni une certaine érudition, ni même, disons-le tout bas, le côté le plus secret des mœurs aristocratiques.
Source : Gallica

Louis Bloch Paris qui dort (1887)

Je respirais à peine, quand une voix, partant du haut de l'escalier, fit retentir d'une façon terrible ces paroles : — A moi ! nous y sommes !
En même temps une lumière éclatante éclaira les ténèbres, et je ne fus pas peu surpris de me voir entouré par une masse d'hommes qui avaient envahi la maison, je ne sais par où ni comment, mais qui occupaient les
issues, les marches, les paliers jusqu'au toit, et s'étaient introduits dans les chambres, sans bruit, sans que le moindre frôlement ait pu déceler leur présence, comme s'ils avaient rampé à la manière des Thugs dans les jungles.
Source : Gallica

Louis Bloch Paris qui dort (1887)

Quatre hautes murailles, du sommet
desquelles le jour tombe à regret sans parvenir jusqu'au fond; contre ces murs un placage en planches disposées en cellules d'étage en étage, et auxquelles on parvient à l'aide d'un escalier découvert dont les marches, également en bois, crient et tremblent sous les pieds; devant ces cellules une galerie commune en sapin vermoulu desservant tout l'étage ; tel est l'hôtel servant de refuge chaque nuit à près de deux cent cinquante individus.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature