Erckmann-Chatrian

Résumé

Erckmann-Chatrian,  Histoire d’un paysan (1868)

“ Maître Jean riait de son bon gros rire de brave homme ; et Chauvel, retourné de notre côté, sur sa chaise, dit :
« Je vous fiance l’un à l’autre ! Tu vas partir, Michel, et dans trois ans, quand tu reviendras, elle sera ta femme. Tu l’attendras, n’est-ce pas, Marguerite ?
— Toujours ! » dit-elle.
Et je sentis ses bras me serrer. Alors je ne pus m’empêcher de pleurer, et je dis :
« Je n’ai jamais aimé que toi... je n’en aimerai jamais d’autre... Je suis content d’aller me battre pour vous tous, car vous êtes ceux que j’aime ! »
”
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Erckmann-Chatrian,  Histoire d’un paysan (1868)

“ Derrière, Chauvel, Raphaël, Collin, tous les autres patiotes de la ville bavardaient ; et tout à coup, en approchant des glacis, comme malgré moi, je me mis à chanter une vieille chanson de paysan, qui me revenait de mon enfance ; ma voix s’étendait dans la nuit ; elle s’étendait dans le grand silence de l’hiver. Je ne sais plus ce que c’était, c’était de l’amour. La main de Marguerite se reposait avec plus de tendresse sur mon bras ; elle me disait tout bas :
« Oh ! que ta voix est belle et forte, Michel, que tu chantes bien ! »
”
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Erckmann-Chatrian,  Histoire d’un paysan (1868)

“ Il est inutile, je crois, maître Jean, de vous faire comprendre notre émotion : quand on représente un grand peuple, et qu’on voit ce peuple outragé dans sa propre personne ; quand on se rappelle ce que nos pères ont souffert de la part d’une classe d’étrangers qui, depuis des centaines d’années, vivent à nos dépens, et s’efforcent de nous retenir dans la servitude ; quand on vient encore de vous rappeler avec insolence, quelques jours avant, que c’est par grâce qu’on oublie un instant la supériorité « des descendants de nos fiers conquérants, sur l’humble postérité des vaincus ! » ”
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