Résumé

G. Charmes Revue des Deux Mondes

Il n’y a plus de gouvernement en France au sens vrai du mot : le pouvoir y est tellement abaissé qu’il n’existe plus qu’à la condition de demeurer dans l’immobilité absolue. Il a reçu la consigne de l’abstention, de l’effacement, de l’anéantissement ; il est réduit au nirvana bouddhique : il ne peut vivre qu’à la condition de faire le mort. Débile et exsangue, on ne lui permet qu’une politique débile et sans nerf. Qu’il se garde bien d’entendre les bruits qui résonnent autour de lui ! L’écroulement de l’œuvre séculaire de la France en Orient ne doit pas le réveiller de sa torpeur.
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G. Charmes Revue des Deux Mondes

L’aspect de l’Europe et du monde est loin d’éveiller dans les âmes les rêves pacifiques dont chacun de nous aimerait tant à se bercer. L’œuvre du congrès de Berlin est partout ébranlée. Nos rapports avec l’Angleterre, un instant intimes, n’ont jamais été plus tendus; la triple alliance, avec ses allures mystérieuses, suscite des appréhensions bien légitimes ; les réunions d’hommes d’état et les entrevues de souverains qui se multiplient semblent le prélude des plus graves événemens ; l’antagonisme entre la Russie et l’Autriche en Orient fait des progrès effrayans
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G. Charmes Revue des Deux Mondes

En créant de grandes industries, de vastes mouvement commerciaux dans les pays lointains, nous y créons des milliers d’intérêts qui sont si intimement unis aux nôtres que rien ne saurait les en détacher. Nous faisons par conséquent de bonne, d’excellente politique. Quelque mal qu’on ait dit de « la conquête économique, » l’avenir lui est réservé. Le peuple qui saura s’en servir avec le plus de hardiesse et d’habileté deviendra le premier peuple du monde. Mais il est clair que la condition première de cette conquête, c’est que la nation qui l’entreprend n’ait pas honte de son œuvre.
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