Jean Niérat

Résumé

Jean Niérat Souvenirs de voyage (1906)

La mer est belle, le navire fend, de son étrave, les flots de la grande Bleue; le soleil, néanmoins, reste caché derrière un rideau de nuages.
Il est dix heures, l'estomac bat le rappel, tandis que la cloche du restaurant vient calmer ses angoisses. Mais déjà un de nos compagnons manque à l'appel : il n'a pas envie de manger, au contraire. On se met tout de même à table, mais, pendant le repas, un autre s'éclipse : on ne se demande pas où il va; il revient bientôt, se remet
à table et recommence.
Source : Gallica

Jean Niérat Souvenirs de voyage (1906)

Mais bientôt le vent devient plus violent et envoie des paquets d'eau contre les flancs du navire, les vagues qui viennent s'y briser font jaillir sur le pont une pluie de gouttelettes qui forment ruisseaux ; la vague, comme une curieuse indiscrète, vient contre les hublots, laissés entr'ouverts pour nous donner un peu de fraîcheur, pénètre jusque dans les couloirs et mouille nos couchettes. Force nous est de fermer vivement nos fenêtres, et bientôt un des garçons arrive pour les clore hermétiquement.
Source : Gallica

Jean Niérat Souvenirs de voyage (1906)

Le ciel est couvert, et il vente frais. Peu à peu, Marseille semble s'éloigner, les côtes deviennent confuses et finissent par disparaître. Nous sommes entre le ciel et l'eau.
Notre navire se comporte vaillamment, à peine un léger roulis, qui n'empêche ni la promenade sur le pont, ni le curieux spectacle des mouettes qui nous font escorte, des poissons qui jaillissent des flots, la vue d'un navire qui passe, suivant une route différente de la nôtre.
Il est six heures, la nuit commence, le vent fraîchit et augmente de force. Il faut songer à rentrer.
Source : Gallica

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