Jeanne Rollin

Résumé

Jeanne Rollin Ce que j'ai vu de la guerre (1915)

LE BOMBARDEMENT DE REIMS
Qu'un incendie est beau lorsque la nuit est noire!
Erostrate lui-même eut envié ma gloire, D'un peuple à mes plaisirs qu'importent les douleurs ?
Il fuit ; de toutes parts le brasier l'environne
Otez de mon front ma couronne, Le feu qui brûle Romo en flétrirait les fleurs.' (Chant de fête de Néron.) APRÈS les souterrains la cave, après la mitraille le bombardement, après l'espoir la déception.
Source : Gallica

Jeanne Rollin Ce que j'ai vu de la guerre (1915)

L'horizon était bien noir, il est vrai, le canon tonnait, l'ennemi marchait sur Paris, on sentait le poids écrasant de l'humiliation, mais on retrouvait son home, son jardin, ses fleurs même, tout ce qu'on avait abandonné avec la certitude de voir tout pillé ou brûlé. Dans les grandes douleurs, il est bien facile de trouver un adoucissement ; il semble que le cœur humain soit fait pour goûter avec avidité la moindre joie, étincelle minuscule qui brille dans un nuage de fumée noire.
Source : Gallica

Jeanne Rollin Ce que j'ai vu de la guerre (1915)

Anges, saints, prophètes ont subi les plus affreux outrages ; leurs membres jonchent le sol. Le Christ d'un des portails n'a plus de tête ; les Juifs l'ont crucifié, eux le décapitent ; l'histoire qui accepte aussi les symboles, enregistrera ce fait, à dixneuf siècles de distance.
Chaque obus qui tombe sur Reims et sur sa cathédrale est un article que le Kaiser
et les siens ajoutent à leur jugement.
Source : Gallica

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