Joseph Méry

Joseph Méry

Résumé

Portrait de Joseph Méry Joseph Méry Les nuits espagnoles (1859)

Elle nous ôte nos illusions les plus chères. Sommes-nous en extase devant une garniture de diamants, la science nous dit que ces diamants ne sont que de vilains charbons déguisés; admirons-nous l'étoile de Vénus, la science nous dit d'abord que ce n'est pas une étoile ; elle destitue Vénus ; elle en fait une planète, et de chute en chute, cette déesse de la nuit n'est plus à la fin qu'une grosse pierre grise qui n'a pas une seule branche de myrte pour s'abriter du soleil. Décidément, je vais porter mes hommages à la planète d'un autre de vos compatriotes.
Source : Gallica

Portrait de Joseph Méry Joseph Méry Les nuits espagnoles (1859)

Les hommes, en général, sont... bons comme la lune en matière d'amour. Ils se contentent de ce qui leur est donné, beaucoup, peu ou rien, pourvu qu'un rival ne soit pas privilégié aux dépens des autres. Une femme qui sait distribuer à la fois à quatre hommes quatre sourires d'une égale dimension, fait, du même coup, quatre heureux. Cet état de choses innocent peut se prolonger à l'infini, pour l'éternel amusement d'une femme. Madame Desbuissons s'applaudissait de plus en plus d'avoir trouvé ce procédé ingénieux pour chasser les nuages d'ennui incrustés sous les lambris de son château.
Source : Gallica

Portrait de Joseph Méry Joseph Méry Les nuits espagnoles (1859)

Aussi, pour la soustraire aux dangers que fait courir à une jeune fille une première émotion amoureuse dans une nuit de bal et d'ivresse, ce stupide comte Ferretti a claquemuré sa fille dans quelque nid de vautour, sur les crêtes du val d'Arno. Or la pauvre fille ne s'accommode pas de cette réclusion ; elle s'irrite et s'enflamme de plus en plus, et, à coup sûr, aux heures qui lui rappellent son dernier instant de liberté, aux heures de rêverie nocturne, elle doit regarder au ciel la seule chose de ce bal que son père n'a pu lui enlever, l'étoile de Vénus.
Source : Gallica

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