Louis Lumet

Résumé

Louis Lumet La Vie d’un

Des chevaux se cabrent ; les cuirasses flamboient, les états-majors cavalcadent avec élégance, les musiques hurlent la Marseillaise, et la gloire s’éploie au-dessus des cuivres et des lances. Le peuple qu’exalte la pompe du décor flatteur pousse de longs vivats de joie. —
Idéa. — Hélas ! ne sauront-ils jamais, pourquoi cette armée, et ces canons, et ces lances ! Ils s’enfleront d’orgueil, en lisant demain que l’active et la réserve sont merveilleuses d’endurance, et que la cavalerie française est la première du monde ; et le cœur bondissant, ils penseront aux provinces perdues.
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Louis Lumet La Vie d’un

« Ça y est », et ceux qui sont derrière se haussent au-dessus des épaules, le cou tendu, sur la pointe des pieds : une fausse alerte, une plaisanterie.
Rayant la nuit opaque une étincelle jaillit, entraîne un sillon lumineux qui serpente, se courbe en parabole, s’arrête, se balance, puis éclate avec un bruit mou, et d’un flocon de fumée blanchâtre projette une averse éblouissante d’étoiles multicolores. Une autre fusée, et d’autres, et d’autres surgissent comme des tiges vertigineuses à l’escalade de l’infini et secouent par l’éther obscur leurs floraisons d’astres.
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Louis Lumet La Vie d’un

L’eau frappe les arches comme une cloche de deuil. Les nuages l’étouffent. La vie est morte. Les berges, le fleuve, les peupliers, ont une attitude raide d’éternité de silence ; son sang ne bat plus qu’imperceptible, léthargique.
Ils s’en vont la tête basse, courbés sous des siècles. Ils suivent une route caillouteuse, déserte. Et dans la crispante blancheur de la route coupée de bandes nettes, noires ainsi qu’un voile mortuaire, il se rémémore.
— On l’avait entouré d’un drap jusqu’au menton.
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