Pierre Véron

Résumé

Pierre Véron Allons-y gaiment ! (1883)

Singulier métier que celui du décorateur. Y avez-vous songé? Passer toute une existence dans le monde des fictions gigantesques. Faire avec rien, au gré de sa fantaisie, des palais somptueux, des grottes fantastiques, des paysages resplendissants, des immensités qu'on peut rouler et emporter sous son bras.
L'œil du décorateur seul perçoit et devine par avance l'effet de ces coups de pinceau qui semblent patauger dans l'informe et dans l'incompréhensible. Il lui faut une intuition toute particulière de l'idéal. On peut dire de lui qu'il marche tout vivant dans son rêve barbouillé.
Source : Gallica

Pierre Véron Allons-y gaiment ! (1883)

Il est touchant, ce cri-là; carce n'est pas rare, dans le monde cabotinant, les pères jaloux de leur fils.
Auriol exagérait, du reste, son héritier présomptif; c'était un grand gaillard qui n'en finissait plus, incapable, par conséquent, d'avoir la gentillesse étrange du papa, semblable à une souris trotte-menu.
Il avait acquis — aux leçons paternelles — la souplesse de jarret, la vigueur des muscles. Il exécutait la plupart des tours que faisait papa.
Mais sans grâce, sans verve, sans originalité.
Source : Gallica

Pierre Véron Allons-y gaiment ! (1883)

Saffery par-ci !
Saffery par-là! Saffery, cinquante louis contre cinq cents de Serpolette!. Saffery, trois poneys de Lion !. Saffery ! Saffery ! ! Saffery !
Et en même temps que ces clameurs s'entrecroisent, des mains se tendent, tremblantes d'impatience, brandissant des poignées de billets de banque, harponnant les habits, les bras, les jambes du bookmaker ahuri.
Je n'exagère rien. A certains moments, on croirait qu'il distribue gratis des actions de la
Banque de France, tant l'acharnement à se pousser et à s'étouffer est endiablé.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature