Pierre Véron, Allons-y gaiment ! (1883)
“ Singulier métier que celui du décorateur. Y avez-vous songé? Passer toute une existence dans le monde des fictions gigantesques. Faire avec rien, au gré de sa fantaisie, des palais somptueux, des grottes fantastiques, des paysages resplendissants, des immensités qu'on peut rouler et emporter sous son bras. L'œil du décorateur seul perçoit et devine par avance l'effet de ces coups de pinceau qui semblent patauger dans l'informe et dans l'incompréhensible. Il lui faut une intuition toute particulière de l'idéal. On peut dire de lui qu'il marche tout vivant dans son rêve barbouillé. ”
