Raoul de Navery,
Les voyages de Camoens
(1880)
“ Vous êtes un lâche, Pedro Baretto ; c'est moi qui vous crache cette insulte à la face ; moi, Luiz de Camoens, dont les ancêtres remontent plus loin que les vôtres ; moi, qui ai pour meilleure noblesse encore que celle du sang, celle d'une âme qu'aucun mauvais sentiment n'a jamais flétrie. Adieu ! vous avez annulé vos bienfaits par une insulte. Si je la dédaigne, d'autres s'en souviendront ! Le poète quitta le cabinet du commandant, traversa le couloir, et aperçut le Javanais à la place où il l'avait laissé. L'esclave lut sur le visage de son maître l'expression d'une douleur poignante. ”
