Raymond Aynard

Résumé

Raymond Aynard Revue des Deux Mondes

Qu’importe un peu moins de misère pour les indigènes, si le contact d’étrangers arrogans vient constamment leur rappeler leur sujétion ? Qu’importe que la part des Européens ne soit pas excessive, si elle est trop visible et si elle rappelle un passé de violence ? Qu’importe que le travail enrichisse et étende le sol, si cette richesse excite constamment l’envie et le regret de l’enfant du pays et accrédite chez lui l’idée que les Français lui ont pris toutes les bonnes terres ?
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Raymond Aynard Revue des Deux Mondes

Nombreuses sont les études dans lesquelles on s’est efforcé d’évaluer le profit que la main-d’œuvre indigène tire des entreprises de nos colons. On peut discuter ces comptes, mais ce qui est incontestable, c’est qu’une culture quelque peu perfectionnée exige plus de bras que la plus primitive et que, par conséquent, si l’on met à part la toute petite propriété qui n’est qu’une forme temporaire de l’exploitation européenne, chaque hectare colonisé apporte une possibilité nouvelle de travail et de vie pour l’enfant du pays.
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Raymond Aynard Revue des Deux Mondes

C’est par centaines de millions qu’il faudrait pouvoir venir en aide aux gens de bonne volonté, Européens ou indigènes, pour mettre en mouvement toutes les forces endormies de la terre algérienne et surtout pour empêcher l’éviction des agriculteurs laborieux et malchanceux. Le procédé actuel, tout en présentant l’avantage d’apprivoiser le monde agricole, de faire son éducation au point de vue du crédit, a le vice de l’accoutumer à des taux d’emprunt artificiellement abaissés.
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