Victor Du Bled

Résumé

Victor Du Bled Foyers de théâtre

Et les professeurs de danse ne donnent-ils pas leurs leçons avec la main ? Une véritable artiste ne doit-elle pas savoir marcher ses variations aussi bien avec ses mains qu’avec ses pieds ? Donc la danseuse a deux langages ; mais la langue des jambes ne s’adresse qu’aux initiés, langue mystérieuse et charmante qui parfois contredit l’autre, hiéroglyphes aimables sur lesquels les Champollion, les Maspéro de l’orchestre ont dû se tromper souvent : le pied dit oui, les lèvres disent non, les yeux ne disent ni oui ni non.
Mais on y flirte, dira-t-on, à ce foyer de la danse ?
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Victor Du Bled Foyers de théâtre

Est-ce là un effet à rebours de cette règle : là où la vertu règne, la bienséance est inutile ? Peut-être... Donc on flirte au foyer de la danse, on flirte dans les loges de ces dames, on flirte sur la scène même de l’Opéra, lorsque la toile tombe, dans ce brouhaha babélien, multicolore, qui donne la sensation du branle-bas sur un vaisseau de guerre, et fait de l’ordre avec un désordre apparent.
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Victor Du Bled Foyers de théâtre

On a surtout noté dans cette étude l’esprit de la scène, celui qui a pour objet le théâtre, qui a pour créateur et pour interprètes les auteurs, les comédiens. L’esprit en France, est un Protée, il revêt mille déguisemens, mille parures, il a les sources les plus diverses : souvent, pas toujours, serviteur de la raison et du courage, il est, souvent aussi, le paradoxe, la satire, quelquefois même la parure de la méchanceté et du vice. L’esprit de théâtre, l’esprit des gens de théâtre a-t-il une physionomie particulière ?
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