“ Ah ! dit-elle, je ne sais plus son nom. Avec M. Choulette, nous l’appelons Quentin Matsys, parce qu’il ressemble aux vieillards de ce peintre. Comme ils tournaient l’angle de l’église pour voir la façade qui regarde la vieille maison des Cardeurs de laine, portant sous son auvent de tuiles rouges l’agneau héraldique, elle se trouva devant la boîte aux lettres, si poudreuse et si rouillée, qu’il semblait que le facteur n’en approchât jamais. Elle y coula sa lettre, sous le regard ingénu de Saint Marc. ”
Quentin Matsys
Définition et enjeux
Citations sur “Quentin Matsys”
Alfred Michiels,
Rubens et l'école d'Anvers, par Alfred Michiels…
(1877)
“ Le forgeron s'était épris d'une jeune personne distinguée, à laquelle plaisait sa belle figure et qui rêvait d'affronter avec lui les caprices du sort. Mais son père était passionné pour la peinture, voulait marier sa fille avec un peintre et jugeait trop grossière la profession du batteur d'enclume. Inspiré par la tendresse, Quentin Metsys abandonna les tenailles et le marteau, entra dans l'atelier d'un coloriste et habitua sa main robuste au travail délicat des imagiers. Son talent se développa d'une manière si rapide qu'on ne tarda point à sonner pour lui le carillon des noces. ”
Léo Bachelin, Tableaux anciens de la galerie Charles Ier… (1898)
“ Rarement ils ont recouru à la mythologie, surtout dans les premiers temps; ils se sont plutôt ingéniés à extraire des récits bibliques les motifs qui prêtaient au réalisme. Si Quentin Metsys n'avait pas vécu au milieu de gens affairés, soucieux d'accroître leur fortune, fiers de leur richesse, il n'aurait probablement peint ni le Banquier et sa femme, ni ses Avares, ni ses Peseurs d'or. Semblable inspiration paraît animer la Vocation de saint Mathieu de Hemessen, qui fut d'ailleurs un de ses disciples. ”
Alfred Michiels,
L'Art flamand dans l'est et le midi de la France…
(1877)
“ Ainsi, la destinée de Quentin Metsys a été plus brillante qu'on ne le supposait. Il obtint tout jeune, par ses travaux de ferronnier, comme par ses œuvres peintes, un succès extraordinaire, qui le mit en rapport non-seulement avec la baute noblesse, avec les chefs de l'administration et du clergé, mais avec deux souverains de la Grande-Bretagne. Si l'on étudiait la collection d'Aix, on y trouverait, selon toute apparence, un bon nombre de portraits historiques. Et il ne perdit point la faveur de l'aristocratie anglaise, quand il eut terminé les cartons de Saint-Paul. ”
Adolphe Mathieu,
Saint-Quentin : sa vie, son culte…
(1878)
“ Vous qui, après avoir arrosé la Capitale du Vermandois de vos sueurs et de votre sang, l'avez honorée de votre glorieux nom, et enrichie de vos précieuses Reliques, que l'on y vénère encore aujourd'hui avec tant d'amour, SAINT QUENTIN, priez pour nous. Vous dont l'âme pure s'échappa de votre corps sous la forme d'une blanche colombe, tandis qu'une voix du Ciel disait : « Quentin, mon serviteur, viens et reçois la couronne que je t'ai préparée, » SAINT QUENTIN, priez pour nous. ”
Adolphe Mathieu,
Saint-Quentin : sa vie, son culte…
(1878)
“ Rictiovare n'en ordonna pas moins aux soldats de charger de lourdes chaînes le cou et les membres meurtris du Martyr. Puis il leur dit: « Allez, gardez-le avec soin et conduisez-le là où je vous suivrai. » Et ils se mirent en marche. Et saint Quentin chantait ces paroles des psaumes : Seigneur, faites-moi connaître vos voies, enseignez-moi vos sentiers (2) . Conduisez-moi, Seigneur, dans votre voie, et je marcherai dans votre vérité. Que mon cœur se rejouisse, ô mon Dieu, et qu'il craigne votre nom (3) , qui est béni dans tous les siècles ! ”
Antoine Jules Dumesnil, Histoire des Plus Célèbres Amateurs Étrangers
“ Je ne vous ennuierai point d'une longue recommandation, puisque c'est un artiste remarquable. S'il désire voir Quentin (Matzis) , vous pourrez lui indiquer sa maison. Ici (à Bâle) les arts meurent de froid (frigent) ”
Alexandre Dumas,
Excursions sur les bords du Rhin…
(1855)
“ Cependant, en sortant par la porte latérale, il faut jeter un coup d'œil sur un puits dont les ornemensbattus au marteau sont vierges de la lime; c'est l'ouvrage de Quentin Metsys, qui, obéissant aux ordres ou plutôt au défi de son beau-père, de forgeron se fit peintre pour obtenir la femme qu'il aimait : ici on admire l'ouvrier; au musée on jugera l'artiste. En effet, un des premiers tableaux à volets que l'on trouve en entrant est de lui : il représente au fond l'inhumation du Christ ”
Hippolyte Fierens-Gevaert,
La Peinture en Belgique
(1908)
“ Quentin reçut le nom du patron de l'une des cinq églises parois- siales de Louvain. Le milieu louvaniste était très favorable à l'éclosion du génie artis- tique. De nombreux artistes, et surtout des ouvriers d'art, vivaient et travaillaient dans la vieille cité. Le père de Metsys fut, semble-t-il, l'un des plus brillants. Son mérite artistique est reconnu officiellement dans les actes « overmidts synre cunsten willen » ; tout comme les Thierry Bouts et les Mathieu de Layens, il accompagnait les processions du Saint-Sacrement et de la Kermesse et recevait un pot de vin, la cérémonie terminée. ”
Adolphe Mathieu,
Saint-Quentin : sa vie, son culte…
(1878)
“ Saluons avec amour les peuples que Dieu distingue ainsi, et bénissons le Maître souverain de toutes choses de nous avoir distingués, nous, peuple français, et de nous avoir préparés pour accomplir, au milieu des autres peuples, les œuvres de sa bonté paternelle et miséricordieuse. L'homme, ce fut saint Quentin, auquel ont été adjoints quelques compagnons. Dieu daigne aussi le préparer. ”
Adolphe Mathieu,
Saint-Quentin : sa vie, son culte…
(1878)
“ Ne sont-ils pas père et mère pour cela, et n'ont-ils pas reçu de la Providence d'admirables ressources pour élever peu à peu les intelligences et former les cœurs qui leur sont confiés ? Combien les parents de saint Quentin s'appliquèrent avec zèle à cette double fonction, un des biographes de l'illustre Martyr nous le fait entrevoir, quand il dit que, « grand par sa naissance, le jeune Saint devint plus grand encore par la fermeté de sa foi et l'ardeur de son amour pour Dieu. » ”
Charles Hugo, Victor Hugo en Zélande (1868)
“ Quentin Metzis, outre l'Ensevelissement du Christ, qui illumine splendidement la grande galerie, a dans le musée cinq tableaux, dont deux, le Christ glorieux et la Sainte Face, se font, pour l'esprit, le plus étrange pendant qu'on puisse rêver. Comme vous le voyez, l'admiration n'a que l'embarras du choix. Aussi, quand on n'a qu'une heure, faut-il avoir le courage de fixer ses préférences. Victor Hugo, ce jour-là, avait choisi Quentin Metzis; et nous allâmes droit au triptyque. ”
Adolphe Mathieu,
Saint-Quentin : sa vie, son culte…
(1878)
“ Il n'en juge que selon les vues et les pensées de la foi ; il vit de la vie de la foi et se complaît là où se complaît la foi. Formé par la grâce divine et par les habitudes de sa vie à tous les grands devoirs et à toutes les grandes vertus qui font les chrétiens forts et généreux, guidé en tout par la foi, ne s'inspirant que des vues célestes, saint Quentin n'avait qu'un désir : aimer Dieu, le servir, et suivre fidèlement la voie que la divine Providence semblait lui avoir déjà tracée. ”
Adolphe Mathieu,
Saint-Quentin : sa vie, son culte…
(1878)
“ Nous savons que les temps et les faits sur lesquels nous écrivons sont mêlés de bien des obscurités; nous remontons, autant que possible, aux sources mêmes, et nous nous aidons des recherches et des études laborieuses des savants, pour donner, de certaines difficultés, une solution qui n'entrave pourtant pas la marche de nos récits. On sait d'ailleurs que, parmi les martyrs des premiers âges, saint Quentin est un de ceux sur lesquels les documents historiques sont les plus sérieux et les plus abondants. ”
Adolphe Mathieu,
Saint-Quentin : sa vie, son culte…
(1878)
“ Là où son œil divin découvre une nuit plus profonde, des croyances plus hésitantes, des séductions plus dangereuses, il fait arriver les ossements bénis de ses saints. Il leur ordonne d'y choisir une habitation nouvelle, et d'y répandre de nombreux bienfaits, en même temps qu'ils y recevront de nombreux hommages. C'est ainsi que les reliques de saint Quentin, transportées même momentanément à Laon, à Beauvais, à Cambrai, servirent à étendre le culte de notre saint Martyr dans chacune de ces trois cités. ”
Adolphe Mathieu,
Saint-Quentin : sa vie, son culte…
(1878)
“ Je te l'ai déjà dit plusieurs fois, répond saint Quentin, je ne sacrifie point aux dieux, qui ne sont pas pour moi le Dieu créateur du ciel et de la terre. Qu'ils périssent, eux et tous ceux qui les servent! ”
Adolphe Mathieu,
Saint-Quentin : sa vie, son culte…
(1878)
“ Qu'il était grand et beau le spectacle que présentaient tous ces hommes, appartenant pour la plupart aux classes supérieures de la société, quand, avant de conférer ensemble sur les besoins des classes inférieures et souffrantes, ils venaient, auprès du tombeau de saint Quentin, prier dévotement, et demander, par l'intercession du Martyr, qui fut lui-même un grand apôtre du Christ, la grâce de développer au sein des populations ouvrières l'esprit catholique, cet esprit que s'efforcent plus que jamais de détruire les ennemis de Dieu, de la religion et de l'ordre social ! ”
Hippolyte Fierens-Gevaert,
La Peinture en Belgique
(1908)
“ Quentin Metsyt, fils de Josse Metsys, ferronnier, et de Catherine van Kinckem, est né à Louvain en 1466. Guichardin l'appelle d'ailleurs Quiniin de Louvain. Le célèbre « patritio poren- tino », vivant à Anvers une vingtaine d'années seulement après la mort du maître, avait pu aisément se renseigner sur le lieu de naissance de Metsys « le grand maître en figures », duquel, dit-il, « entre autres ses ouvrages on voit le beau tableau de Nostre-Seigneur posé en l'église Nostre-Dame en cesle ville (1) ». Pierre Opmeer et Molanus partagent l'opinion de Guichardin. ”
Adolphe Mathieu,
Saint-Quentin : sa vie, son culte…
(1878)
“ Peut-être, comme tous les grands personnages de Rome, avait-il un ou plusieurs autres noms que le saint Martyr ne nous a pas fait connaître. Au moins nous savons que sa famille avait rang parmi les nobles familles romaines. Dieu voulait que, plus tard, embrassant l'apostolat pour venir évangéliser nos contrées, saint Quentin manifestât un plus haut et un plus complet détachement. Car la pauvreté volontaire est plus frappante et plus méritoire quand, pour l'embrasser, on laisse derrière soi une fortune et un rang tout acquis. ”
Adolphe Mathieu,
Saint-Quentin : sa vie, son culte…
(1878)
“ Toute intelligence créée et tout cœur humain, en s'épanouissant à leur vie propre, reçoivent l'éducation. Ceux qui développent en nous la connaissance de la vérité, et qui impriment une direction à notre conduite, nous sont comme une genèse, une origine nouvelle; ils sont nos ancêtres au point de vue moral et spirituel. De la genèse naturelle de saint Quentin, nous ne pouvons dire absolument que ce qui est consigné dans les Actes de son martyre, savoir : qu'il naquit à Rome, et que son père était sénateur. Il naquit à Rome, — vers la fin du Ille siècle ”
Adolphe Mathieu,
Saint-Quentin : sa vie, son culte…
(1878)
“ C'est aussi une croyance constante qu'aucun maréchal n'a pu depuis se fixer à Marteville sans péril pour ses jours; et les maréchaux qui viennent du dehors pour y travailler, se gardent bien d'y passer la nuit. A Vermand, que le saint martyr traversa avant de descendre à Marteville, on a conservé, par l'établissement d'une petite chapelle, naguère restaurée, la tradition de l'endroit où saint Quentin se reposa quelques instants sur la voie romaine. ”
Procès Bazaine (capitulation de Metz… (1873)
“ Je suis arrivé en face de Saint-Privat, dans un bois que je connaissais particulièrement, qui s'étend presque jusqu'à Metz, et se termine à Saulny. Sur la droite, il y a un bois qui se prolonge bien plus loin, tout près du fort Saint-Quentin, entre Amanvillers et le fort SaintQuentin. C'est celui-là que je voulais essayer de prendre. Le jour venait et, sans avoir bien faim, j'avais extrêmement soif; — dans mon jeune temps, les privations ne me faisaient rien; mais, quand on arrive à un certain âge, il n'en est plus de même ”
Jules Claretie,
Histoire de la révolution de 1870-1871
(1872-1875)
“ Son colossal fort Saint-Quentin veille de ce côté sur la frontière française comme un géant, et semble protéger le pays tout entier. On l'aperçoit de loin et de partout, menaçant et terrible. Les larges fossés remplis d'eau, les îles de la Moselle, les terrains d'inondation, rendent la place de Metz presque inaccessible, mais le véritable rempart de la ville, c'est cet assemblage de forts, le fort Saint-Julien, le fort de Queulen, le fort Saint-Quentin, etc., qui, autour de Metz, permettent à une armée considérable de s'établir comme dans un vaste camp retranché. ”
Adolphe Mathieu,
Saint-Quentin : sa vie, son culte…
(1878)
“ Oui, vraiment, c'est bien l'ami de nos frères et du peuple; c'est l'intercesseur puissant qui prie pour nous et pour notre cité; c'est notre Patron, notre défenseur, notre avocat auprès du trône de Dieu. Puisse la ville de Saint-Quentin n'oublier pas ce puissant et céleste patronage et se souvenir de la grande place que tiennent, dans son histoire locale, l'église de ce Martyr, son tombeau, ses fètes si nombreuses et toujours si magnifiquement solennisées ! ”
Adolphe Mathieu,
Saint-Quentin : sa vie, son culte…
(1878)
“ Péniblement et douloureusement affectés de cet état de choses qui se continuait, sans espoir fondé de changement, les pasteurs qui se succédaient à la Collégiale de Saint-Quentin ne pouvaient que former des vœux ardents et empressés, mais toutefois stériles. Voir ce qu'on aime et ce qu'on vénère méconnu et oublié, n'avoir que sa bonne volonté, que son cœur à offrir, au milieu de l'indifférence et du délaissement des autres ”
Adolphe Mathieu,
Saint-Quentin : sa vie, son culte…
(1878)
“ Entendant les dernières paroles du Martyr, si pleines de grande et digne fermeté, il ne peut plus se contenir. Plein de fureur, il ordonne qu'on l'étende immédiatement sur le chevalet, et qu'on lui fasse subir les horreurs de la flagellation. Quatre bourreaux, qui sont successivement relevés par quatre autres, accomplissent les ordres du préfet. Saint Quentin est placé sur cet affreux instrument de supplice dont les pièces diverses, tiraillant violemment ses membres, le tiennent horizontalement suspendu et livrent son corps aux fouets de ses persécuteurs. ”
Hippolyte Fierens-Gevaert,
La Peinture en Belgique
(1908)
“ Quentin devait ainsi i Erasme une part de son inspiration. Nous n'y contredirons point. Mais il paraît établi 'que la vulgarisation des amusants sujets traités par Metsys, Jean Prévost, Marinus de Roymer- svDael, Van Hemessen tels que : <' Un vieillard amoureux d'une jeune femme qui lui vole sa bourse », « Un jeune homme avec une vieille femme » etc., est due au maître graveur dit du Cabinet d'Amsterdam ou de 1480. En outre, pour certains critiques V^mour inégal de la collection Pourtalès est le seul tableau de genre que l'on puisse main- tenir au catalogue de Metsys. ”
Adolphe Mathieu,
Saint-Quentin : sa vie, son culte…
(1878)
“ Tel fut saint Quentin. Ce qu'a été son éducation sous des parents et sous des maîtres chrétiens, nous l'avons vu. Ce qu'opéra la grâce dans son âme, quand, se révélant à lui aux limites de l'enfance, ou dès le début de l'adolescence, elle lui fit entrevoir la vocation sainte et sublime dont Dieu le gratifiait, lui-même nous le dit et ses biographes nous le font connaître. ”
Adolphe Mathieu,
Saint-Quentin : sa vie, son culte…
(1878)
“ De la France, où il poussait des racines si profondes et développait de si puissants rameaux, le culte de saint Quentin s'est étendu bientôt dans les contrées voisines, et notamment en Belgique, où vingt-quatre paroisses sont encore aujourd'hui dédiées à l'illustre Martyr. ”
Adolphe Mathieu,
Saint-Quentin : sa vie, son culte…
(1878)
“ Il est bien difficile de parler du culte de saint Quentin sans parler de sainte Benoîte. N'est-ce pas pour invoquer le glorieux Martyr à son tombeau et répandre aux alentours la gloire de son nom avec l'amour du divin Sauveur Jésus, qu'elle quitta sa patrie, sa famille, ses espérances selon le monde, tout cet ensemble de félicités et de jouissances terrestres dont les âmes séculières ont tant de peine à se détacher ? ”
Adolphe Mathieu,
Saint-Quentin : sa vie, son culte…
(1878)
“ A partir du jour où le serviteur de Dieu, Eloi, fut consacré pontife et donné à l'Église comme pasteur, plusieurs tombeaux des saints furent retrouvés par lui et manifestés aux regards des peuples, entre autres et au premier rang , celui de l'illustre martyr saint Quentin. Quelque temps auparavant, un homme s'était rencontré dans la cité, qui paraissait juste et était chantre très-estimé dans le palais du roi ; on le nommait Maurin. Se confiant en lui-même et se laissant égarer par sa présomption, il s'était vanté de découvrir le corps du glorieux Martyr. ”
