“ Une brave femme venait faire mon ménage. Elle faisait également celui d’un vieux monsieur, juge d’instruction en retraite et président de la Société Roger-Ducos, vague magma scientifique, où des savants d’arrondissement s’appliquaient, avec une prodigieuse incompétence, à l’étude des questions les plus hétéroclites. ”
Roger Ducos
Définition et enjeux
Citations sur “Roger Ducos”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ Il est surtout bon coloriste. DUCOS (le comte roger) , né en 1754 à Dax (Landes) , était avocat dans son pays lorsqu’il fut nommé en 1792 par le dép. des Landes, député à la Convention. Il fut successivement secrétaire et président de l’assemblée : il la présidait dans la fameuse séance du 18 fructidor an v (4 sept. 1797) . Il passa dans la suite au Conseil des Anciens. En juin 1799 il fut nommé membre du Directoire. Au 18 brumaire, il se réunit à Bonaparte et à Sieyès, pour renverser ses collègues et fut proclamé 3o consul provisoire. Sous l’Empire, il devint sénateur et comte. ”
L' Arioste, Roland furieux (1516)
“ Il crie à chacun de se ranger de côté. Il presse son cheval, et lui fait sentir les éperons. Pendant ce temps, Roger a occis cent autres Nubiens et remis l’espoir dans le cœur des prisonniers. Quand il voit Dudon s’avancer seul à cheval, tandis que tous les autres sont à pied, il comprend qu’il est leur chef et leur maître, et, plein d’ardeur, il vient à sa rencontre. ”
L' Arioste, Roland furieux (1516)
“ Dudon a la masse d’armes en fer avec laquelle il s’est acquis une éternelle gloire dans mille entreprises. À la façon dont il s’en sert, il fait bien voir qu’il est de la race du Danois, célèbre par sa haute vaillance. Roger tirant l’épée à laquelle ne résistent ni casque ni cuirasse, et qui n’a pas sa supérieure au monde, montre au paladin Dudon qu’il l’égale en courage. ”
Souvenirs d'un bourreau de Paris (1877)
“ Quelques jours avant le terrible événement qui amena l'extermination de Guillaumette, de Marie et de Mme Lacroix, Ducos avait tenté d'empoisonner sa femme et le fiancé de Marie. Ducos, nature jalouse et passionnée, ne pouvait se faire à l'absence de sa belle-sœur. Il se disait qne si sa femme mourait, Marie serait bien forcée d'être à lui, et que si son fiancé avait le même sort, il n'aurait plus à lui donner une part du bien de la communauté. ”
Marcel Schwob,
Mœurs des Diurnales
“ C’est un morceau de la Sentinelle de Paris ! — Voyons, dit Montdore, non, Ducos : c’est l’ampoule qui empêche. — Et moi je vous dis, cria Ducos, que c’est le journal, le sacré journal. Ça ne s’allume pas — ça n’essuie pas — ça ne sert à rien, pas même à boucher les trous, et, parole d’honneur la plus sacrée, ça attire la m—e ! — Ça, c’est trop fort, dit Notre Maître. Ducos, expliquez-nous ça. — Eh bien, voilà, dit Ducos après avoir bourré sa pipe, qu’il alluma au briquet, en protégeant soigneusement l’amadou de son pouce. C’est toute une histoire. ”
M. Ducray-Duminil,
Victor, ou L'enfant de la forêt
“ Il leur remet la lettre, et s'éloigne sans affectation, comme un homme qui ne craint rien. Cependant, quand il est tout-à-fait hors de la vue des voleurs, il presse sa marche; son cœur bat plus violemment, et il remercie la providence d'avoir permis qu'il échappât à un péril si grand, si certain même; car quoique Roger aime les procédés, comment se fier aux procédés d'une troupe de scélérats sans ame, sans principes, comme sans délicatesse.... Victor fait cette réflexion, et il frémit. ”
Lodovico Ariosto, Roland Furieux, tome 4 (1880)
“ Mais sachant qu’aucune prière ne saurait faire renoncer Roger à son entreprise, elle regarde le combat, le visage triste, et le cœur tremblant. Roger et le païen se précipitent au-devant l’un de l’autre, le fer baissé ; au choc terrible, les lances semblent être de verre ; leurs éclats font l’effet d’oiseaux volant vers le ciel.La lance du païen, frappant l’écu de Roger au beau milieu, ne produit qu’un faible effet, tellement parfaite est la trempe de l’acier forgé par Vulcain pour le célèbre Hector. ”
Albert Villeneuve, Éloge de M. Florentin Ducos : lu en séance publique le 13 février 1876 (1876)
“ En outre, l'éducation de M. Ducos avait été un peu dérangée par des causes particulières. A l'âge de 13 ans, en 1802, il sortait prématurément de la pension Savy et Gary. La mort de son père le forçait alors à rentrer dans sa famille pour y prendre part à la vie commerciale. Il était ainsi détourné de bonne heure des études qui auraient façonné son goût et élevé son intelligence éminemment féconde. Nul effort ne remplacera plus tard la perte des précieuses années de travail à la première heure; le cerveau tendre encore reçoit à ce moment des impressions qu'il ne perdra jamais. ”
Alexandre Dumas,
Sylvandire. Tome 1
(1844)
“ Roger était l'homme des résolutions soudaines ; un instant étourdi — comme un mort qu'on tirerait de sa tombe, et qui en rouvrant tout à coup les yeux , reverrait le ciel et se reprendrait à la vie et au bonheur — il n'eut de force que pour ne pas tomber écrasé sous le poids de sa joie ; mais ce moment passé, il vit que l'occasion, tant cherchée par lui se présentait d'elle-même, unique, rapide, fugitive; aussi fut-il décidé — 271 — à l'instant même qu'il ne la laisserait pas échapper. En un instant, le chevalier fut prêt ; quand à Constance, elle l'avait écrit à son amant ”
Frédéric Humphry, Histoire de St-Louis des Français à Madrid (1854)
“ « L'air excite l'appétit, dit Brantôme, et le besoin aiguise l'intelligence. » Après avoir épuisé tous les calculs pour trouver des ressources, M. Ducos eut la singulière pensée de transformer en négociant le Recteur de Saint-Louis. Il ne craignit pas d'écrire au roi Ferdinand VU pour être autorisé à introduire sans droits, par les six ports de Santander, de Cadix, de Valence, de San-Lucar, de Malaga et de Séville, deux mille tonneaux de denrées coloniales, et, par les ports de la Catalogne, quarante mille fanègues de grains étrangers qu'il se chargeait de faire vendre au profit de l'hôpital. ”
Albert Villeneuve, Éloge de M. Florentin Ducos : lu en séance publique le 13 février 1876 (1876)
“ Chrysalide, qui fait l'éloge du travail et du recueillement, se termine par ces deux vers heureux : Le travail et la solitude Donnent des ailes au talent. Je dois en finir avec les fables et aborder les pièces diverses plus intimes, moins générales, et qui achèveront de vous donner une idée exacte de l'àme honnête et sensible de M. Ducos, en attendant que son poëme épique manifeste la vigueur hors ligne de son intelligence et couronne cette oraison funèbre. ”
Alexandre Dumas,
Sylvandire. Tome 1
(1844)
“ Au bout d'un instant il n'eut plus de doute, car il commença d'entrevoir la blanche robe de Constance, puis la jeune fille apparut tout entière : le miracle de la veille se renouvelait. — « Roger, dit-elle, tu n'as pas cru à ma parole, et Dieu permet que je vienne te la répéter. Roger, abandonne cette funeste résolution qui fait le désespoir de ta famille ; Roger, je n'accepte pas le sacrifice que tu veux me faire, tu es né pour le monde et non pour le cloître ; vis pour le monde et sois heureux. » ”
M. Ducray-Duminil,
Victor, ou L'enfant de la forêt
“ La fatalité de sa naissance a seule causé l'erreur du peuple qui vous l'a dénoncé; on a cru que le fils de Roger ne pouvait qu'être un affreux brigand: vain jugement des hommes! Cet enfant n'a rien de commun avec son père, pas même l'éducation, qu'il a reçue d'un autre, d'un autre bien différent de Roger, et qui a donné à Victor son ame et ses vertus. ”
M. Ducray-Duminil,
Victor, ou L'enfant de la forêt
“ Le soleil a déjà commencé sa course lumineuse, et Victor, ainsi que Fritz, croient être les seuls éveillés dans le camp; mais ils ignorent que le sommeil du crime est moins long que celui de la vertu, même dans les pleurs: tous les indépendans sont debout, un coup de canon les a tous arrachés au repos, et c'est Roger lui-même qui a présidé à ce bruyant appel. Roger entre bientôt dans la grotte de Victor, et veut embrasser son fils; celui-ci le repousse: Roger, lui dit-il, j'en ai vu assez, et je renonce à l'espoir de te rendre à la société dont tu veux être le persécuteur: Roger! ”
M. Ducray-Duminil,
Victor, ou L'enfant de la forêt
“ À peine habillées, il nous fait monter, sans dire un seul mot, dans une espèce de chaise à porteurs. Une troupe d'hommes à cheval, et armés jusqu'aux dents, nous entoure: Roger lui-même se met à leur tête, et, après plusieurs heures de marche, nous arrivons dans une forêt. Un souterrain devient notre asyle, et Roger nous annonce qu'il est nommé chef d'une troupe d'indépendans. Adèle, tremblante, a la naïveté de lui demander l'explication de ce mot; il la lui donne en riant, et le rideau qui voilait ses crimes tombe tout-à-fait devant nos yeux. ”
M. Ducray-Duminil,
Victor, ou L'enfant de la forêt
“ Dès ce moment, il perdit tout espoir, et sentit que la raison elle-même, si elle habitait la terre, ne pourrait changer le cœur dur, ambitieux et féroce de cet homme qui avait blanchi dans le crime. Que peut dire Victor? Roger a réponse à tout: il croit que son fils doit se trouver honoré de lui appartenir: il s'imagine valoir les plus grands potentats, les plus fameux guerriers! Impossible de lui prouver la bassesse de son état, le mépris qui le poursuit, la honte de l'échafaud qui l'attend. ”
“ C’est l’ancien logis de M. le comte de Pardaillan, du temps où il était maître Pol de Guezevern, page de M. le duc de Vendôme. Tout-à-coup le More me dit, sans relever les yeux sur moi : — Roger est un loyal enfant ; cela vous portera bonheur de l’aimer, ma fille. Je pense que je devins rouge comme un pavot. J’avais presque envie de le prier qu’il ne se mêlât point de mes affaires. Mais il y a des gens qui vous ferment la bouche : il est de ces gens-là. ”
François-Guillaume Ducray-Duminil, Victor, ou L'enfant de la forêt… (1814)
“ Roger se croyant suivi de ses amis , parcourait les longs corridors du premier corps de bâtiment, et poursuivait les gens du baron qui fuyaient devant lui. Qu'on juge de sa joie en voyant s'offrir à ses yeux justement j'ennemi qu'il cherche, Fritzierne presque seul, accompagné d'un jeune homme et de quelques vieux serviteurs! —Rends-toi, lui crie Roger , ou tu es mort, Roger ! s'écrie à son tour le "vieux baron.—Roger ! reprend Victor étonné ; tu es ce monstre? tu vas périr.. A l'instant commence le plus terrible combat ; les coups les plus violens se portent de part et d'autre. ”
André Léo,
Musée littéraire, choix de littérature
“ En entrant, grâce à une protection puissante, chez le grand avocat, n’avait-il pas accepté déjà le système, reconnu sans doute sa nécessité ? C’était l’œuvre de ses parents bien plus que la sienne ; cependant Roger comprenait parfaitement que pour qu’une capacité puisse, dans le milieu où nous sommes, se produire, il lui faut un milieu favorable ; il acceptait également la protection des Jacot ; mais, croyant sincèrement à leur amitié, ce n’étaient point pour lui des protecteurs dont sa fierté eût à souffrir. ”
M. Ducray-Duminil,
Victor, ou L'enfant de la forêt
“ Qui marche, s'écrie une voix plaintive? Est-ce l'auteur de tous mes maux? est-ce Roger, l'assassin de mes fils et de ma tendre épouse?....—Celui-là, dit Roger à Victor, avait exercé mille vexations sur ses malheureux vassaux; c'est le fameux Ferdinand, duc de Bohême: il y a dix ans que je l'ai saisi dans son château, et jeté dans ce cachot, où il expie le crime d'avoir été un des plus grands seigneurs de l'Allemagne.Plus loin, un malheureux agite ses chaînes pesantes en s'écriant: Barbare Roger! vil scélérat! quand le ciel vengeur te punira-t-il de tous tes forfaits! ”
M. Ducray-Duminil,
Victor, ou L'enfant de la forêt
“ Celui-ci, dit Roger, je l'appelle le beau chanteur; il ne fait que cela du matin au soir: il est vrai qu'il a moins de sujets que les autres de se désespérer; il n'est point enchaîné, son cachot est assez commode, et je lui ai même promis tôt ou tard sa liberté: il se nomme Henri; c'est un jeune artiste genevois que son malheur avait attaché à un grand seigneur qui voyageait en Allemagne; son maître est tombé sous mes coups, et je n'ai renfermé Henri, qui vivait ici parmi nous, que parce qu'il me menaçait à tout moment de m'assassiner.—Ô Roger! s'écria Victor, accorde-moi sa liberté! ”
M. Ducray-Duminil,
Victor, ou L'enfant de la forêt
“ Il ne m'aimait pas, Roger: les scélérats sont pénétrans, ils devinent d'un coup-d'œil les gens qui ne sont pas leurs dupes, et auxquels ils n'ont aucun moyen d'en imposer. D'ailleurs, d'après la nature des projets qu'il méditait, il lui était bien plus facile d'abuser de la crédulité d'un enfant, que de tromper l'expérience d'une femme raisonnable qui lui paraissait avoir quelqu'esprit, de la droiture et du jugement. Il ne voulait point épouser, Roger, il ne voulait que séduire. Je dois convenir cependant qu'il aimait Adèle, qu'il l'adorait même ”
L' Arioste, Roland furieux : poème héroïque (1879)
“ Roger ne perd pas de temps, il lui porte un grand coup à la poitrine et à la tête ; il le frappe comme avec un marteau, et le serre de si près, que de sa main il le jette encore à terre ; mais le païen fait tant qu'il se relève, qu'il s'attache à Roger et le serre dans ses bras. Chacun d'eux joignant une grande habileté à une force prodigieuse, ils s'étreignent l'un l'autre, s'ébranlent et s'étouffent. ”
L' Arioste, Roland furieux : poème héroïque (1879)
“ Tous les prisonniers étaient étendus sur le rivage, et les Nubiens vainqueurs et joyeux les entouraient et faisaient retentir le pays à l'entour du nom de Dudon. Stance 74. 73. Roger s'approcha, espérant que cette flotte qu'il voyait de loin était celle d'Agramant ; pour en avoir la certitude, il poussa son destrier ; mais lorsqu'il se fut approché, il reconnut le roi de Nasamone prisonnier, Bambirague, Agricalte, Farurant, Manilard, Balastre et Rimédont, qui pleuraient et tenaient la tête baissée. ”
Charles-Aimé Dauban, Les prisons de Paris sous la Révolution… (1870)
“ Vergniaud jeta du poison qu'il avait conservé et préféra de mourir avec ses collègues. Les deux frères Fonfrède et Ducos se détachaient de ce tableau sévère pour inspirer un intérêt plus tendre et plus vif encore. Leur jeunesse , leur amitié , la gaieté de Ducos inaltérable jusqu'au dernier moment, les grâces de son esprit et de sa figure, rendaient plus odieuse la rage de leurs ennemis. Ducos s'était sacrifié pour son frère et s'était rendu en prison pour partager son sort. Souvent ils s'embrassaient et puisaient dans ces embrassements des forces nouvelles. ”
Alexandre Dumas,
Sylvandire. Tome 1
(1844)
“ Roger était resté haletant, le front mouillé — 250 — de sueur, et les yeux hagards, tout le temps qu'avait duré la vision ; mais à peine eut-elle disparu que doutant de ses sens, il s'élança hors de son lit, afin de s'assurer, en le touchant, que le tableau était bien à sa place, rien n'était changé. Ses mains parcoururent le cadre, la toile, la boiserie, et il fut convaincu que personne n'avait pu ni entrer ni sortir de sa chambre, d'ailleurs fermée en dedans. C'était donc bien l'ombre de Conslance qui lui était apparue. ”
M. Ducray-Duminil,
Victor, ou L'enfant de la forêt
“ L'aurore avait à peine déchiré les voiles de la nuit pour tracer sa route du jour au père de la lumière, lorsque le baron de Fritzierne fit appeler Victor dans son appartement. Mon fils, lui dit-il, tu sais ce que je t'ai dit hier sur le caractère de Roger. Il est capable de tout, pour venir à bout d'enlever madame Wolf; il faut nous mettre sur la défensive, mon ami; il faut ne pas perdre un instant. Mon château est fortifié; j'ai des hommes, des armes et de la poudre ”
André Léo,
Musée littéraire, choix de littérature
“ Aucune carrière où l’on pût entrer la tête haute, sans autre passeport que celui de la capacité voulue. Dans son indignation, Roger songea au doux rêve de Régine : être fermiers ! Mais, pour cela même, il fallait une avance que son père, indigné d’un tel choix, ne lui eût pas concédée... Et puis, toute son éducation l’éloignait de ce travail : c’était enfin un parti extrême, et rien n’était après tout désespéré. Il refoula les révoltes de sa fierté, courba la tête, et se reprit à espérer en monsieur Jacot. Roger eût voulu accompagner à Bruneray sa mère et sa sœur, au moins pour quelques jours ”
Alexandre Dumas,
Sylvandire. Tome 1
(1844)
“ A cette vue, la figure de Roger exprima un tel désespoir, que si bien préparé que fût — 280 — le baron à réprimander sévèrement l'éternel fugitif, il n'en eut pas la force, et voyant déjà les souffrances d'un homme dans ce pauvre coeur d'enfant, il se contenta de lui tendre la main en lui disant ce seul mot : — Courage. Peut-être Roger eût-il réagi contre des reproches : il n'eut pas de force contre l'indulgence ; il se jeta dans les bras du baron, en demandant si on allait le séparer de Constance. ”
