Charles Deslys

Élements biographiques

Charles Deslys La loi de Dieu (1875)

Il y a un mois – oh ! mon Dieu, oui... rien qu'un mois !... – nos deux noms étaient affichés à la porte de la synagogue, notre maison nous attendait, toute souriante ; et sous le regard heureux d'Isaac, j'achevais la broderie de mon voile de mariée !...
Comment dans ce ciel si pur éclata-t-il un orage ? Comment nous fûmes réveillés de ce beau rêve ? Vous le savez. M. Boërmann a dit : « Je ne veux plus. » Tout est là ! S'il meurt sans m'avoir
rappelée vers lui, Isaac et moi nous ne chercherons même pas à nous revoir.
Source : Gallica

Charles Deslys L'honneur de la marquise (1882)

Un sourire d'une certaine amertume retroussa la lèvre de Vivonne. L'ombre d'un triste soupçon passa sur ses traits.
- Qu'avez-vous ? demanda vivement Henriette.
- Il s'était fait une loi de la franchise, il répondit : — Est-ce pour moi, madame, ou pour M. Cavaglia que vous tremblez ainsi ?
— C'est pour mon enfant, répliqua-t-elle. La plus terrible menace contenue dans la lettre est celle-ci : « Si je succombe, vous ne la reverrez jamais ! »
Vivonne, à son tour, lui tendit la main : — Pardonnez une mauvaise pensée, madame. Quoi qu'il arrive, je ne me battrai pas avec lui.
Source : Gallica

Charles Deslys Henriette : histoire d'une faute (1869)

Zug et Yambo échangèrent un joyeux regard.
C'était le soir. Un tiède et beau soir de mai. Le ciel, les montagnes, la vallée, le lac, la nature tout entière semblait en fête. Mystérieux frémissements de la terre, chansons des oiseaux, caressantes brises, parfums des fleurs, tout semblait dire : Aimez ! aimez !
Sans le comte d'Hospenthal, le repas fût-resté silencieux. Ils laissaient parler le vieillard; ils se regardaient, elle ne songeant qu'à lui, lui ne voyant plus qu'elle. Tout ce qui n'était pas eux n'existait pas. L'amour, pour chaque couple, renouvelle éternellement la fable de l'Eden.
Source : Gallica

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