André Maurel

Résumé

André Maurel Les Récréations de bébé (1888)

Prenez garde, Eugène! Quand on joue avec un si âpre acharnement, une récréation devient une passion; et la passion du jeu est une passion misérable et terrible. Un joueur est un fou qui descend dans la nuit une côte rapide. D'abord insensible, la pente s'incline bientôt d'une manière effrayante. Le joueur ne marche plus, il court, le front en sueur, les joues pâles, les yeux rouges de fièvre. La pente s'incline encore. Le fou ne
court plus; il roule. Il roule jusqu'au bas de la côte, au bord d'un mur droit comme une falaise. Le vertige l'aveugle et il tombe à pic dans un trou sans fond.
Source : Gallica

André Maurel Les Récréations de bébé (1888)

La plupart sautent à la corde ou se renvoient de l'une à l'autre le volant.
Le volant qui, de loin, donne aux yeux l'illusion d'un bouquet qui voltige, voilà bien le jeu par excellence des petites filles. Aucune complication de règles aussi rigoureuses que fertiles en querelles, comme dans les jeux des petits garçons. Pas de ces vilaines formalités qui obligent SOllvent le joueur à rentrer à la maison, les habits fripés, le visage barbouillé, les mains noires et qui font que maman s'écrie, toute rouge d'une véritable colère : « Oh ! le misérable ! Il est fait comme un bandit ! »
Source : Gallica

André Maurel Les Récréations de bébé (1888)

Charles a beau tracer au-dessus de la bille menacée des croix magiques, accompagnées de paroles mystérieuses dont l'influence incompréhensible conjure les dangers, la partie est perdue. Eh bien, tant pis! Charles ne pousse pas la témérité jusqu'à s'entêter à soutenir jusqu'au bout une lutte inégale. Le guignon s'en mêle lui aussi; ce sera le guignon qui sera volé à son tour. Cette partie perdue, Charles dira : « Moi je ne joue plus, » et
LES BILLES
attendra le retour de la chance ou la rencontre d'un rival moins redoutable.
Source : Gallica

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