Geneviève Legrand

Résumé

Geneviève Legrand Droits de l'homme (1963)

Quel est donc ce droit, sinon celui de la force, qui donne à un juge le pouvoir d'infliger une peine à un citoyen tandis qu'on a un doute sur sa culpabilité ou son innocence ? Le dilemme que voici n'est pas nouveau : ou le délit est certain, ou il est douteux ; s'il est certain, on ne doit infliger d'autre peine que celle fixée par les lois et les tortures sont inutiles, puisque le coupable n'a pas à confesser son crime ; s'il est douteux, on ne doit pas torturer un innocent, car tel est, selon les lois, celui dont on n'a pas prouvé qu'il ait commis un délit...
Source : Gallica

Geneviève Legrand Droits de l'homme (1963)

Le fouet est une partie intégrante du régime colonial ; le fouet en est l'agent principal ; le fouet en est l'âme ; le fouet est la cloche des habitations, il annonce le moment du réveil et celui de la retraite ; il marque l'heure de la tâche ; le fouet encore marque l'heure du repos ; et c'est au son du fouet qui punit les coupables, qu'on rassemble soir et matin le peuple d'une habitation pour la prière ; le jour de la mort est le seul où le nègre goûte l'oubli de la vie sans le réveil du fouet. Le fouet, en un mot, est l'expression du travail aux Antilles...
Source : Gallica

Geneviève Legrand Droits de l'homme (1963)

La tyrannie est une habitude douée d'extension, elle peut se développer, devenir à la longue une maladie. Je soutiens que le meilleur des hommes peut, grâce à l'habitude, s'endurcir jusqu'à devenir une bête féroce. Le sang et la
puissance enivrent, engendrent la brutalité et la perversion, si bien que l'âme et l'esprit deviennent accessibles aux jouissances les plus anormales. L'homme et le citoyen s'éclipsent pour toujours dans le tyran ; et le retour à la conscience humaine, au repentir, à la résurrection lui devient presque impossible.
Source : Gallica

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