Georges Servières

Résumé

Georges Servières Cités d'Allemagne (1902)

Cette route suit une vallée charmante, le Kienthal. Au bout d'une heure de marche à peine, on arrive à Andechs dont les comtes furent princes de Tyrol.
Sur une hauteur assez escarpée s'élève un cloître de bénédictins dont l'église est un lieu de pèlerinage. A côté, une brasserie. A l'ombre de grands arbres plantés sur le terre-plein, des bancs en bois et des tables pour les buveurs, le long d'une balustrade, d'où l'on a une vue splendide sur la chaîne des Alpes, plus étendue encore, surtout vers l'est, que du niveau du lac.
Le soleil se couche, l'horizon des montagnes se ternit de brume.
Source : Gallica

Georges Servières Cités d'Allemagne (1902)

Sous l'Allemagne militaire dont le rude choc avait abattu la France de nos pères, notre curiosité intellectuelle retrouva l'Allemagne littéraire, artistique, philosophique, d'avant 1870, la patrie de Goethe et de Heine, de Dürer et de Wohlgemuth, de Nietzche et de Schopenhauer, de Schumann et de Weber, et cette Allemagne-là nous fit oublier l'autre.
Les jeunes gens de trente ans n'ont rien eu à oublier puisqu'ils n'ont pas eu le spectacle de la guerre qui terrifia nos yeux d'enfants.
Source : Gallica

Georges Servières Cités d'Allemagne (1902)

De ce lac minuscule, étroit tout d'abord dans la baie où se trouve l'embarcadère, s'élargit bientôt la coupe, dont les bords sont de tendres prairies et des collines boisées aux verdures rafraîchies par une pluie d'orage. Le crépuscule semble en accroître l'étendue par la brume qui estompe les lointains. La surface liquide se ternit sous le manteau noir d'un lourd nuage qui se lève à l'ouest, en lequel s'enchâsse, ainsi qu'un disque de fer rouge, l'orbe d'un soleil couchant, cerclé d'un anneau comme la planète Saturne. Le vent fraîchit, on le sent qui provient de la mer si proche.
Source : Gallica

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