Résumé

Jurien de La Gravière Les Découvertes maritimes de la grande Armada

Le 25 novembre 1578, après dix mois de lutte, dix mois de tempêtes et de misère, Drake, n’ayant plus de toute son escadre qu’un navire, la Biche d’or, venait jeter l’ancre sur la côte du Chili. Le 4 décembre, il faisait sa première prise. 60,000 piastres d’or, des joyaux précieux, des marchandises de toute sorte, déridèrent le front des corsaires et leur firent dès ce jour oublier leurs peines. Non contens de ce riche butin, ils se jettent sur l’église de Valparaiso, la dépouillent, mettent la ville au pillage et vont jusqu’au 19 janvier 1579 se refaire au port de Coquimbo.
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Jurien de La Gravière Les Découvertes maritimes de la grande Armada

La monarchie qui avait si longtemps fait trembler l’Europe ne pouvait s’attendre dans son malheur à de la justice ou à de la pitié. Il appartient aux marins d’être plus équitables envers des marins malheureux. Quelle escadre de nos jours, et à plus forte raison au temps de Louis XIV ou de Louis XV, eût mieux résisté aux épreuves de tout genre que la grande armada eut à subir ? Medina-Sidonia amena ses vaisseaux jusque devant Calais.
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Qu’elle passât au milieu ou à 21 degrés dans l’ouest des îles du Cap-Vert, la ligne de démarcation tracée par le pape Alexandre VI semblait toujours laisser aux Portugais le meilleur lot. L’Espagne avait la charge ingrate de faire mettre en valeur par une race indolente, pour laquelle tout travail était une nouveauté des plus dures, les vastes territoires qui lui étaient échus ; le Portugal trouvait au contraire un sol en plein rapport. Pour dériver les eaux de ce Pactole vers Lisbonne, un honnête négoce eût à la rigueur pu suffire.
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