Résumé

Léon Homo Revue des Deux Mondes

En Afrique même, la résistance nationale ne revêt pas encore la forme d’une lutte religieuse. Les Romains n’ont pas trouvé devant eux le fanatisme musulman ; ils n’ont pas connu la guerre sainte, les héroïsmes qu’elle suscite, les rancunes implacables qu’elle laisse derrière elle. Le paganisme, qu’il fût berbère ou romain, n’était en rien exclusif. Rome a fait place dans son panthéon aux divinités africaines, les a assimilées aux siennes, confisquant ainsi au profit de sa domination le culte traditionnel et les croyances les plus intimes de ses sujets africains.
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Léon Homo Revue des Deux Mondes

Avant que l’armée eût eu le temps de se former ou de rassembler ses bagages, avant qu’elle eût pu recevoir aucun signal, aucun commandement, les cavaliers Maures et Gétules fondent sur les nôtres, non en ordre de bataille, ni suivant aucune règle de tactique, mais par pelotons formés au hasard. Déconcertés par cette attaque inopinée, les Romains n’oublient pas leur ancienne valeur ; les uns prennent les armes, les autres font un rempart à ceux qui sont encore à s’armer, d’autres montent à cheval et courent à l’ennemi. C’est une attaque de brigands plutôt qu’un véritable combat.
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Léon Homo Revue des Deux Mondes

II. — LE MAROC ROMAIN Relevons tout d’abord un fait essentiel : l’action romaine au Maroc s’est exercée sur un terrain beaucoup plus restreint que la noire. Le Maroc romain, la province de Maurétanie Tingitane, pour lui donner son titre officiel, ne correspondait que partiellement à l’empire de Moulaï-Hafid. Le Maroc actuel déborde les limites de l’ancienne Tingitane à la fois vers l’Est et vers le Sud ; vers l’Est où la frontière a toujours été dans l’antiquité le cours de la Moulouïa, la limite traditionnelle des royaumes de Maurétanie et de Numidie, de Bocchus et de Jugurtha.
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